‹ Histoire de BretagneChapitre 156 sur 192 · LIVRE TROISIEME. 37I · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. 37I

ce fut à la cour de France qu'il alla demander des secours. Il y trouva un accueil plein de magnificence qui lui devint funeste. Renversé dans un tournoi qu'on lui donnait, il fut foulé sous les "S^»pieds des chevaux. On l'emporta presque sans vie du milieu de l'arène. Il mourait à vingt-huit ans (t).

Cette mort était un des événements sinistres que le fougueux archevêque de Cantorbéry avait prédits au roi d'Angleterre , en lançant contre lui les menaces et les anathèmes.

Telle fut la fin d'un règne déplorable , rempli par des guerres , dont nous avons évité d'entreprendre le récit , parce qu'elles n'appartiennent point à l'histoire de la Bretagne. Je me borne , par la même raison , à indiquer que cette époque des guerres intestines de la maison d'Anjou fut celle d'une nouvelle croisade, à laquelle im grand nombre de Bretons prirent part. Quelques changements apportés à cette époque dans la légîsla-

(i) Guillaame de Neubrige dit, à cette occasion, liv. 3, chap. 7 : Càmque ad irritandum patrem régi Francoriim sedulà militans grandia moliretur, divini judicii pondère obrutus moUtiones suas Parisiis cum vitâfinivit : ibiqiie septdtus, patri quidem , cui minus officiosus exstiterat ^ modicum^ Francis verdf quitus multum placuerat, ingentem luctum reliquit. ( Recueil des Historiens de France, t, xviii, p. 3. )

'in2, HISTOIRE DE BRETAGNE.

tion , sont la seule circonstance remarquable que le règne de Geoffroi présente à recueillir.

Les terres seigneuriales se partageaient au décès du possesseur entre tous les mâles de la famille. Cet usage devait amener le prompt affaiblissement des seigneurs par la division des propriétés. Le prince réunit en ii85 les barons dans une assemblée , dont la mémoire s'est conservée sous le nom d'assise du comte Geoffroi {i)\ et là il fut réglé qu'à l'avenir la totalité de l'héritage noble (2) serait recueillie par l'aîné , sous la con-

(i) Le texte de ce règlement est rapporté dans le Recueil des Historiens de France, t. xii, p. 567.

Geoffroi prenait quelquefois le titre de comte, quelquefois le titre de duc, et tous les deux dans le même acte; ce qui prouve que l'un de ces titres n était pas regardé connue inférieur à l'autre. Il y a un auteur qui en donne une raison. « Ils s'appelaient duces, dit-il, ducs, quand ils commandaient les armées; ils s'appelaient comités y comtes, quand ils rendaient la justice à leurs peuples. ^ ( Succession chronologique des ducs de Bretagne, p. 72. )

(a) Mézeray fait observer que, par héritages nobles, il ne faut entendre que ceux des barons et des chevaliers, et que, dans la suite, les simples gentilshommes, pour ne pas le céder aux barons, voulurent être compris dans cette disposition. Mais je crains qu'il n'y ait ici quelque confusion de termes, car la dignité de chevalier était une dignité militaire , et non un grade de noblesse. Ce n'est pas qu'il n'y ait des auteurs qui considèrent la qualité de chevalier comme inhérente à i'ortains fiefs, et qui prétendent que les possesseurs de ces fiefs

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