LIVRE TROISIÈME
pour la disposition des bénéfices , pendant quelques années , les règles établies par le concordat qui venait d'être fait entre ce prince et Léon X ; mais la cour de Rome revint sur ses prétentions, et le roi Henri II s'y soumit, malgré les représentations des états de la province (i).
(i) Voici ce que disaient les états :
« Le pape, au mépris des conventions, voulant envahir à la fois les droits de Votre Majesté et ceux de ses sujets, donne tous les jours aux étrangers, capables ou non capables, des réserves, des expectatives, et des induits sur les bénéfices de votre province de Bretagne, soit qu'ils vaquent en patronage laïque ou ecclésiastique, soit bénéfice épiscopal ou claustral, électif ou non électif, et par ce moyen et autres voies obliques , comme unions, réserves mentales, les ordinaires sont privés de tous leurs droits. Outre cela, le pape crée et érige des pensions, donne des regrès et coadjutoreries sur les évêchés et abbayes , etc. »
Voici ce que disait le parlement :
« Si ce que le roi accorde au pape était approuvé, les pourvus de bénéfices, presque tous Romains ou Italiens d'origine , ne verraient jamais leurs brebis. Ne sait-on pas avec quelle facilité la cour de Rome lance les excommunications? Il suffit d'être accusé pour être coupable à ses yeux. On exiX)mmunie , pour la querelle d'un bénéfice, tous les habitants d'un lieu. »
Je trouve dans les Recherches sur la Bretagne , par M. De* laporte, t. ii, p. 6a, qu'en 1740, le pape ayant envoyé une bulle, dans laquelle la Bretagne était qualifiée de pays d'obédience, le parlement déclara, en enregistrant cet acte, qu'on
4o4 HISTOIRE DS BRETAGNE.
Cette satisÊiction doimée au pape prépara ks voies à un acoommodement sur l'afiEGure du di« voroe, dans laquelle, au reste, Philippe-Auguste se Mumit à se séparer de la reine régnante, pour -repreiidre la femme qu'il avait quittée.
laoo. Pour faire la paix avec Jean*sans-Terre , U ne
ne pourrait induire de cette expression que les libertés de l'Église gallicane ne dussent pas avoir lieu en Bretagne. On en était encore là en 1740.
Tant que la Bretagne eut ses souveraios particuliers , le roi, quoique suzerain , n'y exerçait aucune autorité sur les choses ni sur les personnes ecclésiastiques. « Les évéques de la T^ormandie, de la Bretagne, de l'Aquitaine, du Languedoc, de la Provence , ne recoiuiaissaient de supérieur, pour le temporel, que les princes sous lesquels ils vivaient. Ils étaient) pour ainsi dire, indépendants du roi , qui ne recommandait pas même à tous ces évéçkés, lorsqu'ils vùiaieBt à vaquer, et n'en percevait pas les régales. » ( Recherches sur l'origine de la pairie en France et l'établissement des douze pairs, par M. Brial. Recueil des Historiens de France, t. xvii, p. xxviix. )
« CoQune la Bretagne n'était pas encore unie à la Fraouse lorsque le ccmcordat fut passé «itre le pape Léon X. et le roi FrançcMS P', cela est cause que nos rois ne nomment aux bénéfices consistoriaux de cette province qu'en vertu d'un induit. Celui du roi Louis XIV était du pape Urbain YDI , et de l'année i6S4« Quant aux autres bénéfices^, il a été £adt, pour leur collation, un concordat entre le pape Eugène IV et le clergé de Bretagne. En vertu de ce cooiqordat, le pape .confère les bénéfices qui vaquent pendapt huit mois de l'an-