‹ Histoire de BretagneChapitre 169 sur 192 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

lui en coûta que de sacrifier son alité. Il est vrai que luî-méine en avait été trahi; mais cette trahison ne pouvait être l'ouvrage d'un enfieuit : elle ne devait être hn^utée qu'aux seigneurs bretons^ et ce n'était pas de l'intérêt de la Bretagne, mais de l'intérêt d' Artur qu'il s'agissait dans ce moment.

née, et les évéques, fes abbés et les autres collateurs ne jouissent de leur droit, à cet égard, que pendant les autres quatre mois; mais, en 14^4» Innocent Vni fit quelques changements à ce concordat, et étabUt URe règle de chancellerie, par laquelle il consent que les évéques résidents confèrent alterna^ tivenieni avec lui, pendant six mois, les bénéfices qui viendront à vaquer en Bretagne. » ( Expili.y, Dictionnaire géographique, mot Bretagne. )

L'un des plus. grands inconvénients du droit que les papes s'étaient réservé de nonuner aux bénéfices pendant les deux tiers de l'année, était que les ecclésiastiques aspirant à des cures étaient obligés à faire le voyage de Rome, pour les solliciter ou les disputer au concours. Cet usage ne fut réfonné que vers le milieu du 18^ siècle, par une bulle qui permit que les concours fussent ouverts en Bretagne. Pour y être admis, il fallait être originaire de la province et avoir exercé les fonctions apostoliques, en qualité de vicaire, au moins pendant deux ans.

On peut voir un résumé assez bien fait de tout ce qui avait amené à ce point la discipline ecclésiastique de la Bretagne, dans un petit écrit intitulé : « Raisons des États du pays et duché de Bretagne pour justifier que l'induit du parlement de Paris et nomination des gradués ne doivent avoir lieu en ladite province. 16)8. »

4o6 HISTOIRE DE BRETAGNE.

Le traité conclu entre les deux rois le !2a mai de Fan i aoo ( i ) , portait que Jean resterait en possession de tous les états de son frère Richard. Ainsi Artur fut complètement déshérité. Il fallut reconnaître Jean pour roi d'Angleterre, pour duc de Normandie, lui faire hommage de la Bretagne en présence du roi de France , et se reconnaître son vassal, son homme, son justiciable (p).

(i) Recueil des Historiens de France, t scyii, p. 5i, et t. XVIII, p. 88. On y lit, art lo : Prœter ea nos dedimus domino régi Francorum viginti millia marcorum sterUngorum ad opus et legem in quo Juerunt y videUcet tredecim soiidos ^ quatuor denarios pro marcdy propter rachattan suum et propterfeoda Britanrdœ nobis dimisit. Nos vero recipiemus Arturum in hominem ita quod Arturus Britanniam tenebat de nobis.

Art !!• Jtem nos y sicut reclus hœres y tenebimusy à domino rege Fhinciœ, omrda feoda sicut pater noster et f rater nos ter y rex RicharduSy ea tenuerunt à domino rege Franciœ, ^t sicut feoda deèent.

Art i6. De Arturo sic erit quod nos non minuemus eum nec de feudo nec de dominio Britanniœ citrà mare, nisiper rectum judicium curiœ nostrœ,

(2} Eodem quoque die PhUippus rex Francorum Joanni régi Anglorum reddidit Arturum nepotem suum principem Britonum qui hondnium patruo suo régi Joanni fecit et Britanniœ armoricanœ ducatum 'ab eo accepà. ( Continuation de la Chronique de Sigebert, par Robert Dumont. )

Arturus fecit hommaguun régi Anglorum de Britannid et aliis terris suis ^ sed timens proditionem régis Joannis re-

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