‹ Histoire de BretagneChapitre 180 sur 192 · LIVRE TROISIÈME. 4^S · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. 4^S

cadette, séparée du tronc depuis deux cents ans. Dépouillés de leur importance, privés de leurs terres, déchus de leurs honneurs, les princes de Penthièvre avaient réclamé la protection des rois de France; et Philippe-Auguste jugeait que c'était une mesure utile à son royaume, comme à la Bretagne, d'unir l'héritière de la branche aînée à l'héritier de la branche cadette, et de placer cette couronne sur la tête d'un de ses protégés. On fit consentir Gui de Thouars, père de la princesse, à cette union. Le contrat en fut dressé à Paris, en présence du roi (i), et les seigneurs bretons furent convoqués à Lamballe, pour faire hommage au jeune comte, devant son père, qui leur garantit par serment la conservation de leurs privilèges.

Mais le jeune prince n'avait que quatre ans; la princesse en avait sept. A mesure qu'elle croissait, la disproportion d'âge devenait plus remarquable, et le roi sentait de plus en plus la nécessité d'assurer, par un mariage, les intérêts de la France et la tranquillité de la Bretagne.. Lorsque Alix eut atteint sa onzième année, on jugea qu'il était temps de disposer définitivement de sa main. Persister dans le projet de la donner au comte de

(i) Ce contrat se trouve parmi les manuscrits de la Bibliothèque du Roi , collection de Brienne , n°* 298-299. Voyez aussi Actes de Bretagne, t. i®*", p. 812.

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^"jf€« Penthicvre , c'était prolonger encore pendant sept héritière de OU huit EUS Tincertitude de son sort et de celui de

Bretagne,

avec Pierre son duché. Philippe se détermina à lui donner

de Dreux. * *

un autre mari , et le choisit dans une branche calaïa. dette de la maison de France, croyant assurer par-là l'union des deux pays.

Son choix tomba sur Pierre de Dreux, arrièrepetit*fils du roi Louis-le-Gros (i). Cette origine était illustre ; mais ce prince n'avait ni richesse ni puissance, parce que le roi son bisaïeul avait eu huit enfants , son aïeul sept fils et cinq filles , et son père quatre fils et sept filles. Dans une Ëunille si nombreuse, l'apanage d'un cadet ne

(i) Rex Franciœ Ludovicus Grossus quinque fiUos hqhmt etjiliam unam : primas Philippus quem pater coronarifecit,., Secundus Robertus JiUt purus idiota et regno totus inhabilis, et ideoper regem et proceres à régi solip refutatus et armis et sihi datas est comitatas Drocaram , ac pro armoram insigniis scatum aaro et lasaro distinctamy non cam liliis, sed permodam scutarii ambitam zona rubrd quasi ligatum in signant fatuitatis, Genuit iste Robertus filios et JUias, qui, cam suis

seqaacibus, posteà régi graves exstiterunt, Ab hoc Roberto

Drocaram comités descenderunt , semper sensu molles, arma prœdicta déférentes. Duces ctiam Britanniœ ab eo descendentesper médium cujusdam Pétri Malclerc eadem arma cani quadro Britanniœ longo tempore detulerunt, ( Chronique de Saint-Bertin, par Jean dlpres. Recueil des Historiens de France, t. xiii, p. 469. )

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