LIVRE TROISIÈME
pcmvait être considérable. On assigna à celui-ci les seigneuries de Fère en Tardenois, de Ppntarsi, de B^ie-Oimte-Robert, de Cbailly et de Longjumeaù.
On a dit que ce fut Pierre de Dreux qui apporta les hermines en Bretagne ; ce qu'on explique en ajoutant que , pour se distinguer de son frère aîné, il avait brisé les armes de sa maison d'un quailier d'hermines. Dans la suite , le duc Jean III mipprima les armes de Dreux , ne retenant que les hermines , qui dès-lors formèrent seules l'écu de Bretagne. Mais l'usage de cet emblème parait plus ancien d'au moins deux cents ans; car on lit dans un extrait de la chronique de Saint- Brieux, lequel fait suite à l'Histoire de Bretagne ' de Le Baud : « Lors y avoit luie monnoye en Bretagne en laquelle, d'un costé, y avoit deux hermines et une croix, et de l'autre costé trois hermines, et en l'inscription , Moneta AUani Dei gratiâ Britonuni ducis. »
Ces événements remplirent l'intervalle de i ao6 à 1212. Cette dernière époque fut celle du mariage dont nous venons de parler. Une des conditions stipulées dans le contrat avait été que le nouveau duc ferait hommage-lige à la couronne de France, c'est-à-dire, dans les formules du temps , un serment qui obligeait la personne comme le fief, qui soumettait le vassal à la peine
du crime de félonie , et qui l'engageait à servir spn seigneur contre toute créature qui pût vivre et mourir. Cette cérémonie eut lieuse 27 janvier iai3; et lorsque Pierre reçut, à son tour, le serment des seigneurs bretons, ils y ajoutèrent cette restriction, « sauf la fidélité due au roi de France, notre sire. »
Les prétentions de la France sur la Bretagne se trouvaient réglées, et il ne resta plus d'incertitude que sur les droits de la princesse Alix ellemême, droits toujours litigieux tant que sa sœur aînée existait : mais Éléonore vécut renfermée dans le monastère de Bristol, où elle était même, dit-on , gardée à vue par des gens d'armes , et elle • ne mourut que long- temps après, en 1241 , sans avoir troublé la paix de la Bretagne.
Ainsi les droits de la maison de Bretagne passèrent, par le mariage d'Alix, à une branche cadette de la dynastie des Capétiens. C'était déjà, non pas pour la France, mais pour la famille régnante, un commencement de prise de possession.
Gui de Thouars mourut dans l'année du mariage de sa fille. Immédiatement après cette cérémonie, il avait remis à son gendre ce qui lui restait d'autorité, et s'était retiré dans ses terres en Anjou. C'était, dit un historien , un homme peu ambitieux, inconstant, qui savait la guerre, mais meilleur