LIVRE TROISliVE
reçue. ) L'on rendoit ce serment debout, Tépée au côté , les mains sur les évangiles ^ et avec le baiser.
« Artus Vj duc de Bretagne, Pierre Mauderc et Jean Le Roux ayoîent Ëiit des serments liges. François 1*^ j Artus m prêtèrent ce serment debout. ( Lobineau , 1. 1 , p. 626 et 669. ) Le serment Uge tomboit aussi*bien sur la personne que sur le fief du vassal. Tel étoit le serment que les rois d'Angleterre dévoient autrefois à la couronne, pour le duché de Guienne, ainsi que le reconnut Edouard III , et comme on peut le voir dans Froissard. ( T. i, cbap. 2. )
« Ce mot de serment lige venoit, selon quelques auteurs, dun ancien usage de lier le pouce du vassal et de lui serrer les mains dans celles de son seigneur, pour msffquer que le vassal étoit lié par son serment. On le rendoit nu-téte, à genoux, les mains jointes, sans épée , sans éperons et sans ceinture.
« Ce serment renfermoit di£Férentes obligations, que Fulbert, évêque de Chartres, rapporte dans une de ses lettres à Guillaume, duc d'Aquitaine, et que ce prélat dit avoir prises lui-même des écrivains de son siède les plus autorisés, quœ ex librorum auctorUais notavL ( DncHBSirB, t. iv, p. 189, ep. Pulberti 45. )
« Le vassal, par son serment, s'engageoit au prince de lui conserver la vie et les membres , qu'il seroit en sûreté dans les forteresses qu'il lui confieroit; et il y avoit même de ces châteaux qu'on appeloit spéciale^ tnenl fiefs jurables f parce que le vassal, outre l'hommage et le seraient commun de fidélité, en fiû^oit un particulier d'ouvrir les portes de la forteresse en tout
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temps à son seigneur, soit qu*il lût en guerre ou en faix.jpacatus vel non pacatus, et soit qu'il s j pré^ sentât à la tête de son armée, ou avec sa maison et ses seuls domestiques , ad magneun ^uel adpoivant vim. Quelques-uns de ces vassaux en dévoient sortir quand le prince y entroit; d'autres pouyoient j rester. Quelquefois ils n'étoient tenus simplement que de souffrir, à chaque mutation de souTerain, qu'on arborât ses enseignes sur les tours et qu'on y fît trois fois son cri de guerre : toutes différences qui yarioient suivant la nature différente des inféodations.
k Le vassal qui prétoit le serment lige étoit obligé de servir le^ seigneur en personne, et envers tous et contre tous qui peuvent vivre et mourir, excepté son père, et tant en guerre qu'en jugement, c'est-à-dire, à servir d'assesseur pour juger les causes de ses égaux, conformément à l'institution de la justice des pairs. Il devoit se rendre utile à son seigneur. Fulbert explique cette utilité des secours qu'il devoit au prince quand il étoit en guerre, auxUium domino suo Jidelàer prctstet. On savoit le nombre des troupes que les grandsvassaux dévoient à la couronne, soit qu'ils fussent laïques , ou du premier ordre du -clergé. »
Après cette explication sur la différente nature des hommages, il faut voir comment les Bretons en faisaient l'application à leur duché. J'extrais cette dissertation de l'ouvrage intitulé Droit pubUc de la province de Bretagne, par M. Pèlerin, chap. i^.
« Cependant ces princes rendoient un hommage à la France; mais étoit-il lige ou non ? Hevin, célèbre