LIVRE TROISIÈME
jurisconsulte breton, soutenoit la négative; et yoici son raisonnement : Hetman ( Disputatione de Jeudis y cap. 24 ) distingue trois sortes d'hommages : Thommage de fief, ou Mge/eudale; Thommage de service, obs^quiale; Thommage de paix, d'alliance et de confédération, sociale. Les princes bretons ne dévoient pas le premier, puisque la Bretagne fbrmoit un état avant qu'il fût question de la France. Cette province n'avoit jamais été séparée de ce royaume, et ses ducs ou comtes n'avoient jamais reçu d'investiture : la Bretagne ne pouvoit donc être un fief de la France : et bien loin que ses princes dussent l'hommage lige , ils ne dévoient pas même l'hommage de service. C'est ce que les rois de France ont reconnu eux-mêmes par quatre lettres de non-préjudice, des années 1 3^8, 1 383, i386 et 141I9 dont les originaux sont aujourd'hui au nombre des titres des ducs , conservés au château de Nantes. On voit dans ces actes que lorsque les ducs de Bretagne ont conduit dès troupes au secours des rois de France , on est convenu que ce n'étpit que par gratitude et bienveillance, sans qu'on pût, à l'avenir, en induire aucun droit , coutume et servitude. L'hommage de paix et de confédération , qui , suivant le même publiciste , n'est qu'une soumission de respect envers un prince plus puissant, étoit donc le seul dont les princes bretons fussent tenus. Les termes des historiens, se dominationi subdit et confœderatur, n'en annoncent pas d'autre.
« n est évident que ces termes^ il se soumet à sa puissance et fait un traité^ ne peuvent signifier un as- 1. 28
sujfBttiflseBdent abioki, puisque les vois ou comtes de Bretagne oat conserrë leur soweeraineté ; mats on ne peut se dissimuler que cette expressioii, quelque vague qu'elle soit, annonce la spumission d'un prince înférieuc. Pour délerminer jusqu où dlie pouvoit » étendre, il fendrait avoir les traités de confédération, qui u e^stent plus.
« L'abbé de Yotoi, dans sabLevse eh boncUer coHtrg i$^ Bre^agn^ôy objecte rhemmage fait par Artur à Miilippe- Auguste en 1202 : suivaiU lacté- que les his^oviens en rapportent, le duc a £iit hommage lige , contre tous cettx qui pem^nt *uivre et mourir y ébes fif^s de Bretagne y A^ Anjou y du Maine et de lu Touraine.
n II est certain que les trois dernières provinces étoi^nt des fieis de la couroanne*^ dont lès possesseurs devoiettt l'huMomage lige; mais, sos^s^nt Hévin, la Bretagne h^'auroit pas dû étse du nomibre. £n effet, GuiUa;ume Le Breton^ ch^ekin cb Philippe-Auguste, dans $on histoire^ tle Gestis Philippi Amgustiy ne fait pas mention de cette province , dans le rapport qu'il fait die Thommage qW Artur remlit pour les tcois autres. On doit oba^rver que ce prince, étant né en 1x87, n avoit q^ue quinze <ftu seibi;e ans en rsaz. Comme il avoit tout à craiiadBre d«i rOi d'Angleteive son onele, qui, en effet ,. le fit mourir dans la suite, sa mère Constance ravoit recommandé à> Piiilippe«»Auguste, et ce jeune prince étok à sa cour lorsqu'on lui fit rendre un hommage qui, selon d'Argentré, étoit d'autant plusvnul, que sa mère Constance, pnopsiétaire du duché, vivoit encore.