‹ Histoire de BretagneChapitre 186 sur 192 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

gea rhommage lige de Jean IV , dit le vaillant. Sur le refus- de ce prince de le rendre tel, on prit le tempérament de le recevoir en termes généraux. Les hommages de Jean IV aux rois Charles V et Charles VI sont, ainsi que ceux des ducs Jean V, François I*', Pierre II , Artur II et François II , en cette forme : Tel que rftes prédéces&eurs ducs de Bretagne F ont /ait a vos prédécesseurs rois de France y je vous le fais en ce moment; et le roi disoit, Je le recois , sauf mon droit et F autrui. Le duc donnoit ensuite au roi. ce que Ton appeloit alors le baiser d*honneur , et le tout se passoit sans serment de fidélité , sans quitter Fépée , debout, et même sans s'incliner.

« Les ducs Artur II et François II ayant été interpellés d'expliquer ce qu'ils avoient voulu dire par les termes dont ils s'étoient servis , répondirent qu'ils n'avoient pa^ eu l'intention de faire l'hommage lige.

'< Les Bretons faisoient à leur duc un hommage bien différent. Il se rendoit en ces termes : Plus proche au duc qu^a nul autre y contre tous ceux qui peuvent vivre et mourir : ce qu'ils n'auroient certainement pas fait, s'ils eussent regardé les rois de France comme suzerains (i). »

(i) « Cette observation ne seroit pas juste pour les temps antérieurs au 14^ siècle; l'anarchie féodale n'a voit pas été moins funeste à la royauté qu'au peuple. Ducange prouve , dans ses dissertations 1 3 et 14, qu'il étoit défendu, par la loi des fiefs, aux arrière-vassaux de rendre ni serment ni hommage au seigneur dominant, ne devant reconnoître que leur

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seigneur immédiat. Saint Louis crut devoir déférer à cette loi aatîmonarchique, par un article des établissements qu'il pul>lia lors de son dernier voyage en Afrique : il y est dit que le va3sal est obligé, sous peine de confiscation de son fief, de suivre son seigneur à la guerre, contre le roi même, en cas de déni de justice. ( Voyez l'Abrégé chronologique du président Hénaut. )

« Comme les ducs de Bretagne prouvoient que leur état existoît avant la monarchie françoise, qu'il avoit eu presque toujours ses souverains héréditaires , et qu'il ne leur avoit point été donné in benèficium, comme tant d'autres, démembrés de ka cauronne sur la fin de la seconde race, ils se croyoîeni fondés à soutenir qu'ils ne dévoient pas HioOimage lige ou de fief. Ils nioient surtout que ce dudié fût devenu arrière-fief de la couronne , par la cession que les rois de France en avoient faite aux Normands. »

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