‹ Histoire de BretagneChapitre 185 sur 192 · LI^R£ TROISIÈME · texte numérisé non relu

LI^R£ TROISIÈME

te On a «nssi objecté Thammage que Pierre âê Dreux , , surnommé Mauclerc, fit lovs du Iraké de paix qu'il conclut avec saint Louis, en laSi, à Angers; mais Hévin ne reste pas sans réponse. Piètre Maudierc, dit«il, étoît fik puîné de Robert II, comte de Dreux, et descendoit de Robert I^*^, fils de Louis-le-Gros : son patrimoine, ainsi que tous les bie&s de sa maison, étoient situés en France ; il épousa Alix , sœur utérine d'Aitur P', héritière de Bretagne. Il n'ayoit aucun droit de son chef dans le duché. Gomment le traité qu'il fit avec le roi son parent, dont il étoit Tassai et sujet, auroit-il pu tirer à conséquence pour k Bre« tagne, dont il netoit, suiTant l'expression de d'Argentré, que garde baUUstre au nom de son fils? Il ayoit d'autant moins qualité pour disposer des droits de ce duché, que sa femme Alix étoit déeédée d^mis plusieurs années, qu'il étoit même remarié en secondes noces , et que la garde dont il étoit chargé étoit sur le point de finir, puisqu'il ne s'en £alk>it que de deux ans qoe son fils n'eût l'âge pour gouTcrner.

« D'ailleurs Tbommage de Pierre de Dreux n'avdit pas poiur base des droits , ni même des prétentions sur k Bretagne : ce fot uniquement l'esprit remuant de ce prince qui y donna lieu. Il s'étoit ligué avec d'autres princes du royaume contre saint Louis , sur qui il ayoit des prétentions relativement à son patrimoine ; mais ayant succombé, il fut obligé de demander la paix. Par le traité qui fut fiaiit en conséquence , il renonça à toute prétention sur le roi, et promît dé lui rendre hommage pour la ftretagne, envers et contre tous,

sauf le pape et l'Eglise, consentant que Ton put ap* peler de son parlement au parlement de France , en cas de déni de justice et de faux jugement. Le roi s'o» bligea , de son côté , de Taider , de le conseiller , de prendre son parti envers et contre tous , et de lui conserver l'exercice et la possessipn de ses droits royaux^ supériorités , prérogatives et noblesses,

« Les termes ses droits royaux et supériorités signifient , dit Hévin, la «ouveraineté \ et les mots solwn et in solidum ab antiquis temporibus pertinentia, que porte le traité, la désignent encore plus formellement, puisqu'ils prouvent que ces droits royaux appartenoient au duc , ou plutôt à son fik exclusivement à tout autre.

« On s est encore prévalu de la promesse que le duc Jean-le-Roux fit à saint Louis , en i aSp, en ces termes : J'ai promis et Juré à mon seigneur Louis y roi de France,* comme h mon seigneur lige , que dans aucun temps je ne lui ferai la guerre , ni par moi ni par autre , et que je n'adhérerai a aucun de ses ennemis.

« Cet acte contient un cautionnement que le duc ^ donne pour sûreté de sa promesse. Les jurisconsultes bretons soutiennent, en conséquence, que ce n'est qu'un traité de paix , et que s'il étoit véritablement un hommage, ce ne seroit pas à la Bretagne, qui n'y est pas dénommée, qu'il faudrpit l'appliquer, mais aux terres que Jean-le-Roux possédoit en France, soit de son chef, soit comme mari de la fille de Thibaut, comte de Champagne et roi de Navarre.

« Quoi qu'il en soit, les officiers de la chancellerie de Bretagne firent usage de ces raisons lorsqu'on exi«

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