LIVRE PREMIKR
Il y eut, et par là même cause, une seconde 364. émigration en 364 î ^i^s vingt ans après celle-ci , a« émigra-
11 ^ tion.»
l'Armorique en vit une autre dont le caractère ^^^ était tout différent. Cette fois l'irruption fut faite — . à main armée , sans pourtant être hostile pour le tion. pays. Les enseignes des Bretons insulaires ne faisaient que suivre les aigles romaines. Cette armée fit une conquête, et le résultat de cette conquête fut la destruction de la puissance romaine dans le pays. L'Armorique changea de maîtres, et en recevant un roi étranger, les Armoricaiqs devinrent une nation indépendante. C'est par cette révolution, qui amena un ordre de choses tout-à-fait 'imprévu, que commence l'histoire de la Bretagne.
Un général romain, nommé Maxime, £spa- 383.
gnol de nation , à ce qu'on croit , était , vers la Maxime , fin du 4* siècle , gouverneur de l'île de la Grande- romain de la
1» ^ ^. Grande-Bre-
Bretagne pour 1 empereur Gratien. tagne^se fait
Quelques historiens ( i ) le représentent comme Jmpeî^! un homme capable de concevoir et d'exécuter de grands projets, et d'une ambition égale à son
conservé le nom d'Armorique long-temps après l'arrivée des Bretons, et il en tire cette conséquence : « qu'ils ne s'étaient établis dans ces lieux que comme amis, ou comme sujets et membres de la république, et non comme ennemis. »
(i)Sulpice-Sévère, liv. a. Saint Ambi^oise.
4^2 HISTOIRE D£^BRBTAGNE.
courage. Profitant de la faiblesse de Tempire , alors divise entre Gratîen , Valentinien et Théodose , il voulut entrer dans le partage du monde , et se fit proclamer empereur par ses soldats (i).
Mais les troupes romaines placées sous ses t>r-dres. étaient peu considérables, puisqu'il n'avait que deu^ légions (a). Il ne sufi&sait pas de se déclarer souverain indépendant de la province qu'il gouvernait; il s'agissait de passer sur le conti* nent ^ de détrôner au moins un des trois empereurs, et déseÊdre reconnaître en cette qualité. Il fit des levées dans son gouvernement, et, volontaires ou non , elles fiirent si nombrçuses que quelques historiens attribuent à cette émigration l'impuissance où le pays se trouva de repousser les insultes des barbares qui vinrent bientôt après en dévaster les ' côtes. Un auteur fort judicieux porte la force de cette armée à cent mille hommes (3).
conan, sur- H fallait quc l'ambition de Maxime eût quelnommé Mé- * , ^
rudec. prin- quc chose d'entraînstnt et de contagieux , car un
v« d'Albanie. ^ ^ '
lui fournit ■
^«f ««cours. ^jj -po^i Orose dit, liv. 7, que Maxime fut proclamé empereur presque malgré lui , invitas propèmodum ab exercitu imperator creàtus. Cela n'est point croyable : la conduite de Maxime après son élévation prouve assez qu'il s'y était prêté.
(2) A cette époque, k légion était de six mille huit cent trente hommes.
(3) L'Abbé Gallet, ch. i , §. i.