LIVRE SBCOND. l
Français mirent à feu et à sang le comté de Vannes.
Mais la division de la France entre quatre rois compliquait infiniment les intérêts politiques. Chilpéric, roi de Soissons, avait le premier attaqué le comte Waroch. La reine Frédégonde eut l'art de les réconcilier, pour les réunir contre les rois d'Austrasie et de Paris. Ces deux derniers princes prétendaient au protectorat dé Rennes et de Nantes. Ces malheureuses villes ne savaient qui reconnaître entre tant de protecteurs. Un gé^ néral de Contran , roi d'Orléans et de Bourgogne , 586, se présenta devant Rennes. On lui en ferma les portes. Il y entra de vive force ; mais les habitants se soulevèrent aussitôt après- son départ , et mas» sacrèrent son fils, qu'il leur avait donné pour gouverneur. L'armée de Contran revint sur ses pas pour réduire le comte de Vannes. Il y eut une bataille si sanglante que , selon l'historiographe Velly, personne ne resta départ ni d^ autre. Quelque ridicule que soit une telle exagération , on peut en conclure que si la résistance fut si opiniâtre , la victoire ne dut pas être assez décisive pour que la soumission du pays en fût le résultat.
En effet , nous voyons bientôt après ce même prince breton , ce Waroch , qui retenait une partie de l'héritage qu'Alain avait été destiné à recueillir, se réconcilier avec son compétiteur et se ^7-
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liguer scvQC lui pour attaquer le comté <le Nantes. L'armée frai^çaise s'avaùce ; une so>uiiiûssion momentanée et peu sincère suspend les hostilités.
5SS. L'année. suivante , les intrigues de Fréd^;ondb ,
qui était TanDe de tous ces mouyements , raHament l'incendie. Wàroch , à qui elle avait envoyé quelques renforts, recommence ses cavagesî. L'armée de Gbntran reparait; mais les espéranoes que le roi d'Orléans avait pu .en concevoir sont tfompées par la mésinteUigence de ses généraux.
5g3. Us se séparent; l'un est défait et tué (i) en bataille rangée , l'autre se laisse abuser par une apparence de réconciliatiorn. Waroch traite avec lui, lui donne toutes les satis&ctions demandées , le comble de présents, le détermine à se retirer dans l'Anjou , le suit dans sa retraite et lui pré* pare une embuscade au passage de la Vilaine , où l'armée française , dont une moitié avait déjà passé la rivière , voit son arrière^gardé surprise et massacrée par les Bretons.
Il est à remarquer que dans cette guerre , qui