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commerce. En effet, c'étaient des Normands; on ne put Ifes atteindre, et Charles en versa des larmes, prévoyant, disait-il, tout le mal que ces barbares feraient un jour à ses sujets (i). Il fallait qu'on fût accoutumé à voir des Bretons dans ces parages, puisqu'on avait pu croire que cette flotte leur appartenait.
Lorsque les historiens bretons ou français ar- Conséquen-
, , , , "* ces de la
rivent à cette époque, dont les traditions sont conquête moms mcertaines que celles de la première race, politique et que les uns comme les autres sont forcés de raconter les longs démêlés que Charlemagne et ses successeurs eurent avec les Bretons, la vanité nationale se croit intéressée à dénaturer les faits. Nicolas Vigpier soutient avec entêtement que la victoire de l'empereur ne fut pas un moment douteuse. Il VjBut qu'elle ait été glorieuse , et cependant il n'accorde pas que les Bretons l'aient vaillamment disputée. Une fois subjugués, il considère comme des bienfaits tout ce que le vainqueur leur accorde, et il les traite d'inconstants, de perfides, de rebelles, lorsqu'ils renouvellent leurs efforts pour secouer le joug. D'Argentré,
(i) Monùchi San Gallensisde Rébus bellicLs Caroli Magniy lib. a, collection des Historiens de France, par André Duchesne, t. 3, p. i3o.
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au contraire, prétend que les Français ont toujours attaqué la Bretagne peu loyalement, qu'ils ont abusé des conjonctures favorables à leur usurpation , que jamais leur victoire n'a été entière , que les Bretons ont souvent recommencé le combat et repoussé plusieurs fois l'ennemi loin de leur territoire, qu'enfin toutes ces guerres n'ont été que les nobles efforts d'un peuple jaloux de sa liberté. C'est ainsi que les choses changent de nom , suivant la passion de celui qui les raconte; mais il Éaïut convenir que l'amiour-propre de l'historien breton est plus raisonnable que celui de l'historiographe français.
Les hommes réunis en -société ont de^ Uns, Nul ne peut fedre dériver son droit que de la loi qui les domine toas. Personne ne peut se Êiire justice : il y a des règles, des juges, une force publique, qui interdit tout emploi de la force individuelle. Voilà l'état de civiUsation. Les gouvernements, au contraire, n'ayant point de juges, somt dans l'état de nature. Les armes de Chariemagne soumirent la Bretagne, voilà ce qu'il suffisait de prouver; car <m ne comprend pas ce que Vertot veut dire lorsqu'il reproche aux historiens bretons de faire dériver la supériorité de la France de l'abus de la force, « sans dire un mot, ajoute-t-il, des droits si légitimes de la cou-^