‹ Histoire de BretagneChapitre 78 sur 192 · LIVRE SECOND. l8t · texte numérisé non relu

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été reprise par les Bretons ; Andulphe , grand- 786. maître de la maison de ce monarque , recouvra ce comté en une campagne (i). Il paraît que ce fut en 786; mais l'occupîition d'un pays difficile, défendu par une population belliqueuse , exigea plusieurs années. Aussi la conquête de la province ne fut-elle terminée qu'en 799, par le comte Guido, 799qui commandait sur la frontière de l'Anjou (2). Ce

(i) Misit exercitum suum rex partibus Britanniœ utià cum misso suo Andulfo siniscalloy et inihi multos Britones conquisierunty unà cum multis castellis et firmitatihus eorum in locis palustribus, et prœvaluerunt Franci, et cum victorid reversi sunt et capitaneos eorum ad synodum prœsentaverunt domino régi ad Farmatiam. ( Aiinales de saint Nazaire , Recueil des Historiens de France , t. 5, p. a i, et Annales de Loisel , ibid. ,

p. 44. ) (a) Il existe à la Bibliothèque du roi , sous le n*^ *;';% un

manuscrit in 4**, précédé de ce titre, dont l'écriture gothique est moins ancienne que celle du corps de l'ouvrage.

« Cy ensuit le discours d une conqueste du royaulme de Bretaigne armorique fête par le preux Charles Maigne, roy de France , avant son avènement à l'empire, environ dix ou douze ans, sur un roy Sarazin , nommé Aquin, qui havoit possédé ledit royaulme l'espace de xxx ans , sauf Dol , Rennes et Venues, duquel coroné à Nantes est mention en la chronique de Bretaigne, au 2* libre, chapistre de la sépulture des chevaliers occis à Roncevaulx. On pourra voir la suite des hystoires cronica cronicarum et autres , pour bien conjecturer les temps et entreprises du dict Charles , auquel furent envoyez ambassades de la part des Bretons, demandent secours, ainsy que ay

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gouverneur «e renditauprès de Chartes , à Worms, pour lui présenter les trophées de sa victoire, c est-à-dire les armes des princes vaincus ; et ces princes eux-mêmes allèrent, l'année suivante, lui

peu cognoistre par les pietzes du premier feuillet , auxquels ( conseils prins par ses princes ) dona responses onétes , offerit le dict Charles escrite en langaîge et rithme assez sentant son antiquité plus et prises que nouvelle réthorique, qu'on ny pourroit dresser. »

Plus bas on lit la note suivante :

« Je n'ai trouvé aucune marque du temps que ce romans a esté côposé, mais il y a plusieurs traits pareils à ceux des tomans deRegnaolt de Montauban , Doru etOamier de Nantiiel cdposez du temps de Philippe- Auguste , roy de France. Je n » point vende romans où la césure des versfust plus licentîeuse ; et si il ne parle point tant d'orient que les autres romans, ce ^ped mè ferait volontiers penser ffu'il lust pkts anciea que ces romans. »

Un roman en vers ne peut guère être cité comâie une auto- -rite historique; mais ce cpie je viens de transcrire prouve que, suivant la tradition d'alors, la conquête de la Bretagne avait été antérieure an couromiement de Charles comottie empereur, c'est-à-dire à l'an 800.

Ge manuscrit porte sur sa pr«siière page : Codex Colbert. 5^32, regius * J * V- Cette note démontre qu'il est le même que celui dont il est fait mention dans la Bibliothèque de laFrance par Lelcmg et Fontette , t. 3, p. 399. Mais il paraît, par la notice de ces savants bibliographes , que le premier feuillet de ce volume a été changé.

Après un titre qii'ils rapportent , et qui n'est pas tout-à-fait

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ofirir leurs hommages et des présents ( i ). Ces actes de soumission ne les empêchèrent pas de se révolter encore en 809 , et de chasser les Français de 809. toute la presqu'île. Ceux-ci y rentrèrent deux ans 8". après, sous la conduite de ce même comte Guido, et y exercèrent d'horribles ravages.

On voit , par ces faits , que la Bretagne n'était pas soumise à la France lorsque Charlemagne monta sur le trône ; que , sous Le règne même de ce prince , il y avait encore un comte spécialement préposé à la garde des frontières du royaume,

le même que celui que je viens de transcrire , on lit ce qui suit : « Ce manuscrit qui est unique, et qui ne se trouve ni à la Brbiiotlièque du roi , ni ailleurs , a été trouvé sous les ruines du monastère des récollets de Tîle de Césambre près le fort de la Conchée, à trois lieues de Saint^Malo , que les Anglais brûlèrent et démolirent lorsqu'ils descendirent dans le temps du bonbardement de Saint- Malo. Il y- a près de trois mille vers sans commencement ni fin. »

(i) Wido cornes qui in marcâ Britanniœ prœsidebat, unà cum sociis comitibus BritéOMoam ingressusy totam peHustranif in deditionem accepit ot régi de Saxarùd reverso arma fycwn^ qui se dediderant, inscriptis singulorum nominibus, .prcesen-: tavit; nam his se et terrant et popUlum unius cujusque iliomm tradidity et tota Britannorum provincia, quod numquam antea fueraty à Francis sttbjugata est. (Annales d^s Francs, manuscrit d'Ajitoine Loisel , recueil des Historiens de France, t. 5, f). 5tt. ) Voyez aussi les Annales d*£ginfaacd , ibid., .p. ai 4 ; elles sont presque dans les mêmes termes.

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du coté de la Bretagne; qu'enfin, cette province fut subjuguée, ce qui ne s^ était jamais vu auparavant; mais que pour l'assujettir il fallut la conquérir trois fois en vingt-trois ans. Cette longue résistance aux armes d'un prince si puissant, et les insurrections qui se renouvelèrent encore (i), donnent une assez haute idée du courage et de la force des Bretons.

Dès cette époque, ces peuples devaient avoir des relations commerciales avec les contrées lointaines, à en juger par leur navigation, qui s'étendait jusque dans la Méditerranée. Le moine de Saint-Gall, qui a écrit l'histoire de Charlemagne, raconte que, ce prince se trouvant dans un port voisin de Narbonne, on vit paraître inopinément au large une flotte, sans pouvoir deviner à quelle nation elle appartenait Les uns croyaient que c'étaient des vaisseaux de marchands jui£s; d'autres soupçonnaient qu'ils venaient de la côte d'Afrique; d'autres enfin disaient quUls pouvaient bien être montés par des Bretons; mais ce prince jugea à leur construction que ce devaient être des pirates, et non des bâtiments de

^i} Vidêhatar eapropùicia tmm ex toio subactOy fiusseique misi pcr/kUip gemtù imstaMàas cito id aiiormm more soiiio commmtasset. ^Annales d'Éçinhaurd, recueil des Historiens de France» t. 5, p^ aii4* ^

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