LIVRE SECOND
liii-méme qui , de son propre mouvement, vînt se mettre sous la protection d'un seigneur plus puissant que lui, et le reconnaître pour son suzerain, en échange de cette protection. L'histoire ne dit nulle part que l'un ou l'autre de ces contrats aient été faits entre la France et la Bretagne. La Bretagne fut envahie , conquise , révoltée , reconquise, subjuguée. La domination d'une part, la soumission de l'autre, s'établirent à certaines conditions. Cette domination se modifia ensuite selon les usages du temps ; et toutes les diflScultés de cette controverse sont venues de ce que les publicistes se sont fait , contre toute raison , un point d'honneur de prouver qu'au 8® siècle , et même au 6®, le droit de la force s'était exercé conformément à des règles qui n'ont été imaginées que plus tard.
Si donc il ne s'agissait ici que de décider cette question d'après les lois de la simple équité, il Êiudrait bien reconnaître que , dans ces premiers temps, la Bretagne n'a pu être un fief de la France, puisque alors il n'y en avait pas. Aucun historien ne dit ni ne peut dire à quelle époque , sous quel prince, par quel acte, dans quelles circonstances elle est devenue fief de la couronne; mais il n'en est pas moins vrai que le temps change la nature des choses ; que , même dans le droit privé, la possession , les faits successifs, les
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usages nMMlifient les droits ; et que , dans le droit public, la force et la nécessité imposent souvent des traités, qui, à la longue, deviennent respectables ; car on ne saurait soutenir, sans s'exposer à bouleverser le monde, qu'il n'y a de cessions valables que les cessions absolument libres et volontaires. Par le £aût , les princes bretons n'avaient pas reçu la Bretagne des rois de France ; ils ne s'étaient pas Êùts d'eux-mêmes les vassaux des rois de France; mais il est de Eût aussi que successivement quelques-uns de ces princes payèrent des tributs, firent divers actes de soumission, et que , par la suite des temps , la domination de ces rois prit le caractère de la suzeraineté féodale.
On ne peut guère vérifier quels furent les moyens que Charlemagne mit en usage pour s'assurer cette conquête ; on ne sait pas trop non plus quel genre de suprématie il se réserva. Les chroniques parient d'un tribut (i\ de l'occupation des principales places, de monnaies fi^ppées au nom du conquérant (ià^^ de gouverueurs
^i^ IspopmËÊU à rrgibiis Framconum smiactms ae triboiaruis factms, imposinum sîbi tyrt^ai, Ucet iittùms, sohert solebat. ( jitmaies Kgùdkardiy ad ammmm 786. ^
(«^ On cite une médaille on mcMinaîe firappée à Nantes, qm
portait : Cmrku Iki grmtiti /hmcomiM rrjr Ntauteiis Gnias.
Oite preuTC seule ne siulliraic pas; nne médaille pent avoir