LIVRE SECOND. IÇ
Le gouverneur de Vannes, nommé peu d'années auparavant, s'était montré fort zélé pour le succès des armes de l'empereur dans cette guerre , et y avait contribué puissamment. Louis récompensa sa fidélité par une nouvelle marque de confiance , en lui donnant le titre de son lieutenant-général en Bretagne.
Cet homme était destiné à rendre l'indépen- 8*4 dance à sa patrie. Son nom, obscur jusqu'alors, Nomenoé était Nomenoé (i). Il paraît qu'il était parvenu deu de fort loin aux 'premiers emplois militaires. Les historiens bretons se sont efforcés de prouver qu'il tenait à la famille de leurs anciens rois ; mais leurs raisonnements se réduisent à des inductions qu'on ne peut admettre comme des preuves. D'un autre côté , il est constant que ses contemporains mêmes lui reprochaient la bassesse de sa naissance, et que, dans une abbaye, qu'à dire vrai il avait brûlée (2), on chantait annuellement une prose où il était traité de tyran, qui avait quitté la charrue pour opprimer son pays (3). Je
cumque concUtiones imperator vellet denud servitura; nam et obsides qui et quanti j'ussi sunt dati atque suscepti, et omnis terra secundum siiam voluntatem disposita est, ( Ibid, )
(i) Néomènes, Nominoé.
(a) Extrait de l'Histoire de la destruction du monastère de Saint-Florent, recueil des Historiens de France, t. 7, p. 56.
(3) Voici quelques passages de cette prose, qui se trouve
ne saurais dire quelle était sa naissance; mais quant à sa conduite , il est certain que , loin d'être l'oppresseur de sa patrie , il en fut le libérateur, rai dit qu'il avait été établi gouverneur ou duc de Bretagne par Louis-le-Débonnaire. Tous les historiens sont d'accord sur ce fait(i). On rap-
dans l'Histoire de Bretagne de Dom Lobineau, preuves, t. 3,
Olim nUens clarisshna
SancH patris basilica
Florentu precipua
Sensitfera incfsndia
A geiUe crudelissimâ
Verè brutâ Britannica,
Tjrranmu omnis inf remit. ^
Quidam fuit hoc tempore,
Nomenoius nomine,
Pauper fuit progenie ,
Agrum colebatvomere,
Sed reperit largissinutm
Thesaurum terrœ condiium
Quo plurimorum diçitum
Junxit sibi solatium,
Dehinc per artem f aller e
Cœpit quœ mox succrescere
Donec super cunctas ope
Transcenderet potentiœ.
(i) Art de vérifier les dates , t. 2, p. 893 ; Dom Morice, Histoire de Bretagne , t. 1% p. a8. Murmannus rex Sritonum moritur et Nomenow, apud Ingksheim ducatus ipsius gentis traditur. ( Chronique saxonne, recueil des Historiens de "France, t. 6, p. 22a. )