‹ Histoire de BretagneChapitre 84 sur 192 · LIVRE SECOND.. IqS · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND.. IqS

fut portée à l'empereur, qui . lui fit rendre les honneurs funèbres, et qui, en partant pour la France, confia la garde de la fix>ntière au comte Guido, le gouvernement de Nantes au comte Lambert , et celui de Vannes à un autre chef que nous allons voir bientôt jouer un grand rôle dans cette histoire.

Les insurrections , quand elles sont véritable- *"* ment populaires , ne s'éteignent pas par la mort ^^j^^^' de leur chef. Après Morvan, Viomarch (i),, qui CornouaiUe. était de la branche des comtes de Cornouaille, s^ mit, en 8a !i, à la tête des Bretons, rendit le courage à ceux que la mort de Morvan avait dispersés, se confédéra avec les principaux seigneurs du pays ; et tel était l'empressement des peuples à chercher un libérateur, qu'ils le proclamèrent leur roi. Les circonstances favorisaient cette nouvelle insurrection. La famine et une maladie pestillentielle qui désolaient alors la France, ne permirent pas à Louis de rassembler son armée assez à temps pour arrêter la révolte dans ses premiers progrès. Les Bretons soutinrent la guerre , pendant près de deux ans , avec des succès divers ; mais aussitôt que les fléaux qui retenaient les troupes impériales eurent cessé, Louis reparut

(i) Les historiens rappellent aussi Fragiial , Judiial , Indual, Guindual, Findeleoc, Vidimacle.

sur la frontière de la Bretagne, à la tête de trois corps d'armée, dont deux commandés par ses fils , et le troisième sous ses ordres immédiats. La province, traversée dans tous les sens, et ravagée par le fer et par le feu, se vit réduite, au bout de quarante jours, à faire des soumissions queViomarch en personne alla appuyer de ses serments à la cour d'Aix-la-Chapelle. Rentré en grâce auprès de l'empereur, il revint dans son pays avec des présents; mais ce fut pour le soulever encore. Enfin, après avoir été battu, il fut surpris dans un château , par le gouverneur de Nantes , Lambert, et mis à mort (i).

On dit que Louis-le-Débonnaire , dans la vue de prévenir de nouvelles insurrections dans cette province tant de fois conquise, réunit à Vannes les principaux personnages du pays (a), soit qu'il voulût les engager par de nouveaux serments, soit qu'il voulût les consulter sur les intérêts de leur patrie. L'histoire ne rapporte pas ce qui se passa dans cette assemblée; mais la province, subjuguée par la force, fiit traitée fort militairement (3).

(i) Annales Eginhardi, anno 8a5.

(2) Habitoque Venetis generali conventu. ( Vie de Louis-le- Débonnaire, recueil des Historiens de France, t. 6, p. 102. )

(3) Britannia victa succubuit et manus dédit, ad quas-

Page 1