‹ Histoire de BretagneChapitre 87 sur 192 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

dans sa marche par les murmures des hommes de guerre, qui refusaient de le suivre. La route était pénible, il n'y avait point de butin à espérer : l'armée répugnait à cette expédition. Cette mutinerie des troupes n'était que le prélude d'une révolte bien plus sérieuse, à laquelle le malheureux empereur allait succomber. Ses trois fils se déclaraient contre lui , et se réunissaient pour le détrôner. Dans ce grand conflit, ni les uns ni les autres ne songèrent plus à réprimer l'agitation qui s'était manifestée en Bretagne, etNomenoé continua d'y exercer l'autorité du gouvernement.

Les Bretons , devenant de jour en jour plus au- 836. dacieux, firent, en 836, des excursions sur le territoire de France (i). Le faible Louis se borna à des menaces; et le gouverneur de la Bretagne,

convocaperunt illum, ut eum àfide, quam domino imperatori promissam habebant, alertèrent, Idebque omnis populus, qui in Brîtanniam ire debebat, ad Parisium se conjunxit, ( Annales de saint Berlin , recueil des Historiens de France , t. 6 , p. 19a. )

829. Placitum Aquisgrani paiatio tenuit, in quo consideratum est ut instantihiemali tempore in Brîtanniam hostiUiejr pèrgeretypro quibus Brittombus, quieodem tempore rebellabani, ( Annales de Metz, ibid.,.p. aia. )

(i) Hoc tempore Brittonum impetus emotus est, sed facile conquievii» ( Vie de Louis-le-Débonnaire , recueil des Historiens de France, t. 6, p. 1 19. )

aOO HISTOIRE D£ BRETAGN£.

à qui vraisemblablement ces troubles ne déplaisaient pas, évita, par des explications et des paroles de soumission, une rupture prématurée (i). Conduite Tel fîitson système de conduite, tant que cet Nomeiioé. ^oipcreur sans armée occupa le trône.

Pendant les guerres civiles qui précédèrent la 'déposition de Louis' et le partage de l'empire entre ses fils, Nomenoé s'appliqua à jeter les fondements de sa puissance. Son administration était sage, ses manières lui gagnaient Tafiection des peuples ; et, par sa politique, il se ménageait des appuis parmi les hommes qui pouvaient exercer quelque influence sur les esprits.

Un prêtre du diocèse de Vannes, nommé Convoion, et qui depuis a été canonisé, venait de fonder, sur les bords de la Vilaine, en 83a , un monastère, qui est devenu la riche abbaye de Redon. Le gouverneur Êivorisa beaucoup ce pieux établissement, malgré les seigneurs du voisinage, malgré l'évéque, malgré la cour impériale elle-

(i) In iempore igàur Ludoçià imperatoris, discordiafacta est ùUer Fhtncos et Brittones; nom Finanei Tfoiebani per vûn tatam Briianmam occupare, sieut anteà solebant focere, sed foTtissimus princeps Nomùtoe, qmantùm wdtbat, Uiis contradieebat. 'Dutc eodsm tempore tnmsmisà smprà dieHuNominoë legatas suos ad euMtdem imperaionm, qui ei dteeremi tOram ^xjmssùme iUùts hœe ùà esseMt,{ \ie de ^saint ConToion, recueil des Hisloriens de France, t 6, p. 3i5. )

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