LIVRE SECOND. aOI
même , et sut se préparer, dans un moine alors obscur, un instrument de sonélévationprochaine.
Lorsque la déposition de Louis eut été prononcée, Nomenoé affecta de donner plusieurs terres à la nouvelle abbaye, en déclarant que l'objet de ces libéralités était d'obtenir du ciel la conservation et la délivrance de l'empereur. C'était déjà un acte d'indépendance, sous les apparences du dévouement et de la fidélité.
Après la mort de ce prince, ses enfants. Char- 841. les , Louis et Lothaire, se disputaient l'empire. Le premier s'avança jusqu'au Mans, d'où il envoya demander au gouverneur de la Bretagne s'il était disposé à le reconnaître.
L'historien Nithard, qui était petit-fils naturel de Charlemagne (i), et par conséquent cousingermain de Charles-le-Chauve,. nous raconte que Nomenoé se décida à prêter serment à ce prince (a). Ce n'était pas un souverain dont il eût
(i) Il était fils d'Angilbert et de Sigeberte, fille naturelle de Charlemagne.
(2) Protinus ad Nomenoium ducem Britannorum mùtû, scire cupiens si suœ se cUtioni subdere vellet, qui, adquiescens consiliis plurimorum, Carolo munera mittit ac sacramento Ment deinceps servandam Ulifirmavit. ( Nitkardi HisLy lib, a, recueil des Historiens de France, t. 7, p. 18. )
Le résultat de cette négociation a été contesté ; mais le fait de lambassade ne parait pas douteux : car on lit dans un ca-
à redouter la vigueur : les intrigues des favoris remplissaient sa cour, révélaient son incapacité, augmentaient le nombre des mécontents , et préparaient des révolutions. L'empire s'affaiblissait en se divisant. La guerre civile entre Charles , Lothaire et Pépin II , leur neveu , éclatait dans toute sa fureur. Il y eut près d'Auxerre, en 84 1, une bataille dans laquelle il périt un si grand nombre de Français, que pas un des compétiteurs ne se trouva en état de repousser les étrangers qui , au nord et au midi , vinrent à cette époque assaillir la France , je veux dire les Normands et les Sarrasins (i).