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MAISONS DE BOIS EN BRETAGNE AU IX^ SIÈCLE

Certains envieux y trouvèrent à redire, soutenant qu’il n’avait pas le droit d’aliéner un don du prince sans le consentement formel de celui-ci. Conwoion et Uinwelen se rendirent alors près du roi Erispoë, qu’ils trouvèrent à Vannes dans le palais épiscopal, et qui approuva immédiatement le transfert de Saint- Thoui à Redon (1). Les Normands en ce moment-là couraient la Bretagne; l’évêque de Vannes Courantgen et le prince Pascweten étaient captifs entre leurs mains. Uinweten, outre son petit monastère, avait apporté et donné à Redon un beau calice d’or du poids de 67 sols ; labbé Conwoion le donna aux Normands pour la rançon de Pascweten, qui plus tard les en dédommagea (2). Quant à l’évêque, on laissa à ses chanoines le soin de le racheter.

Notons encore un petit moutier existant au bord de la rivière d’Out, donné à Redon par son propriétaire Wrhasoui qui, pour symbole de tradition, déposa sur l’autel de Saint-Sauveur une croix qu’il portait pendue au col (3).

Outre les églises et les monastères, certains territoires investis du droit d’asile et appelés menehis ou minihis, avaient aussi un caractère religieux. Nos actes du IX® siècle prouvent qu’ils pouvaient être ou du moins étaient souvent possédés par des laïques, vendus, donnés, en un mot mis dans le commerce comme les biens purement civils (4).

§2. — Les maisons, les châteaux.

De l’architecture civile des Bretons au IX® siècle, de leurs maisons d’habitation on sait peu de chose ; à très peu d’exceptions près, elles étaient toutes, même celles des seigneurs, entièrement construites en bois. Dans les Gestes des Saints de Redon on lit :

€ Un homme puissant appelé Roswallon donna aux moines, pour le salut de son àme, sa maison fabriquée de pièces de bois; le moine Tethwiu fut chargé d’aller en prendre possession et de la transporter au monastère sur des chariots attelés de bœufs (5). S’étant acquitté de cette mission, il s’en revenait avec ses chariots chargés des diverses parties de l’édifice, déjà il était arrivé assez près de Redon, et tout ce convoi se mettait à descendre la montagne qui domine le monastère, quand une des charrettes roula sur la pente avec une telle impétuosité qu’elle

(1) Ibid. Append. n« 40, p. 309 : c Factum est hoc in VeneUs civitate, in solario episcopi, Normandis ipsum episcopum captivum tenentibus » {Ibid).

(2) c Dédit Conwoion abbas et omnes monachi Rotonenses calicem aureum et patenam anream pensantes lx. et vu. solidos (quem Uinweten monachus detulit secum quando venit in monasterio) ad Pascweten in ejus redempUone de Normandis » {Ibid., n« 26, p. 21). L’éditeur du Gart. de Redon a imprimé à tort Junuueten, au lieu de Uinuueten ou Vinweten qui est la bonne leçon — leçon donnée par D. Morice, Preuves I, 297.

(3) Cartul. de Redon, Append. n» 26, p. 363, acte de 841 à 849.

(4) En 833 : c Ego Cleroc... vendidi rem proprietatis nostrœ, id est, dimidium menehi Wokamoê, unde accepi pretium zlviii. solidos et viiii. denarios... in condita plebe Bain • {Ibid., n» 181, p. 140). — En 842 ou 848 : c Ego Maênhoiam... vendidi rem proprietatis meœ, hoc est, iiii. modios de menehi Crocon, sitos in condita plebe Rufiaco... unde accepi pretium, h. e. in argento sol. xx. et den. vu. • (Ibid., n® 141, p. 107.)

(5) c Dederat quidam potens vir nomine Roswallon domum suam, ex tabulis ligneis fabricatam, pro anima sua sanctis mouachis, et idcirco transmissus iüit supradictus monachus (Tethwiu) ut eam oolligeret et cum plaustris ac bobus ad monasterium deferret » (Gesta SS. Roton., lib. 11, cap. 8, dans D. Morice, Preuves 1, 249).

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