ET DESCRIPTION DE CETTE FORTERESSE
sur les quatre côtés défendus par l’escarpement du rocher. » Ce rempart est un mur de 1® 20® d’épaisseur (sur ces quatre côtés), mur construit grossièrement, au mortier d’argile, en mauvais moêllon de schiste extrait du fossé, sans trace de chaux ni de taille. Sur les trois faces regardant TOuest, le Nord et le Nord-Est, il a encore une hauteur moyenne de 2®, supposant au moins le double avant sa ruine, à en juger par la quantité de matériaux écroulés alentour. Le quatrième côté regardant le Sud-Est, aujourd’hui rasé presque à fleur de terre , était pareil , comme le montrent quelques fragments conservés.
c Le cinquième côté, au Sud de l’enceinte, bordant le fossé, seul exposé à être battu par les engins des assiégeants et en butte à leurs plus fortes attaques, a 2™ d’épaisseur et conserve une hauteur de 4®, supposant 6 ou 7® à l’état complet, ce qui sufflsait pour abriter l’intérieur de la place contre les projectiles lancés des coteaux voisins. Extérieurement, un revêtement en terre battue et gazonnée d’environ 1®50® d’épaisseur montait jusqu’à 4® de hauteur devant cette muraille (1) , afin d’amortir les coups de bélier ou le choc des projectiles, auxquels sa structure rudimentaire eût peut-être opposé une résistance insuffisante. (2) »
Sur la face occidentale de l’enceinte s’ouvrait la porte de la forteresse (P sur le plan ci-contre), percée dans une tour carrée en saillie, à murs très épais, où l’on reconnaît encore le couloir d’entrée avec rainures (p*p*) pratiquées dans les parois pour y faire jouer une herse.
c L’angle Sud-Ouest de l’enceinte, point culminant de la forteresse (dit M. de Keranflec’h), est occupé par le donjon (D sur le plan), b Mais ce donjon ne fait point saillie hors de l’enceinte, il suit la ligne des murailles Sud et Ouest ; sa saillie, portée à l’intérieur, figure un quadrilatère irrégulier, sorte de trapèze de 12® environ de longueur sur 8 ou 9® de large, murs de 2® d’épaisseur : forte tour dominant le reste de la place. Le rez-de-chaussée, qui subsiste encore à une hauteur de 4®, n’avait aucun jour, c’était une sorte de cave où l’on devait pénétrer par une ouverture percée dans le plafond qui donnait passage à une échelle et se fermait par une trappe. L’entrée du donjon était au premier étage, l’on y parvenait aussi par une échelle que l’on retirait, une fois monté, après soi.
Il existait dans l’intérieur de la forteresse une autre construction en maçonnerie de 8® de longueur sur 3®50® de largeur, adossée à la courtine Nord-Est de l’enceinte (X sur le plan), peut-être le logement du capitaine, mur épais de 50® seulement. Le long de la face Ouest de l’enceinte il y avait eu aussi des bâtiments, non en maçonnerie mais en bois, en planches et madriers, ou peut-être seulement en clayonnage ; on en a reconnu l’existence par la présence de divers objets mobiliers trouvés à cette place, et surtout de plusieurs petites aires circulaires d’un mètre de diamètre, en terre glaise battue presque transformée en brique par l’action du feu, et qui étaient des foyers (n®* 1 et 2 sur le plan).
La forteresse — c’est constaté — a péri par le feu, et comme dans les cendres ni dans les autres débris on ne trouve nulle trace de tuiles ni d’ardoises, on en a conclu avec raison que la toiture devait être couverte de chaume ou de genêt.
Les cendres , la couche des détritus herbacés et ligneux couvrant le sol , le sol
(1) De K à K dans le plan ci-contre, que nous empruntons au travail de M. de Keranflec’h.
(2) Keranflec’b, C<utel-Cran, dans Congrès de Saint-Servan de 1S91, p. 117-118.