LÉGENDE
K, K. Le chœur.
L, L, L. Crypte ou caveau voûté, en forme de croix à
I trois branches, construit I au-dessous de Vaire du I chœur, et au point central I duquel est déposé, depuis ^ 336, le sarcophage de saint É Philibert.
I S. Sarcophage de saint I Philibert.
I M. Fenêtre donnant vue ^ I sur le sarcophage.
N, N. Collatéraux conduisant au déambulatoire O, O, O, par lequel on accède à la fenêtre de la muraille M.
O, O, O. Déambulatoire ci-dessus mentionné.
P, Emplacement d'une abside centrale en arrière du déambulatoire abside remplacée au moyen-âge par un mur droit.
Si^eS conuenhonnels
.CorolmdioM de Vakbê Anuilf.anWtituteS à tan Sia . Con^trtuhoixS de Vabbè H ilhod , en 836 . .Comtritjctioni ffoileiicutvà «iii tJi-siècie . Voûtes et fircades
l’œuvre de l’abbé arnulf (avant 819) ; la nef et le chœur.
original. Ermenther — témoin oculaire, ne l’oublions pas, — en conte une foule d’autres plus utiles, plus agréables aux intéressés, surtout force cures de maladies mortelles, désespérées, incurables, force guérisons d’infirmités affreuses, chroniques, inguérissables, et bien que çà et ià on rencontre dans ces récits de curieux traits de mœurs, le défilé en serait ici un peu monotone, il faut le voir dans Ermenther iui-même. Mais ce dont on ne peut se dispenser de parler avant de quitter ce sujet, c’est l’église de Déas.
Comprenez bien que cette église, la basilique de l’abbé Arnulf antérieure à l’an 819, avec les adjonctions et modifications de 836 de l’abbé Hilbod, cette église presque entière subsiste encore, et c’est à peu près ia seuie égiise caroiingienne authentique qui existe en France. Tant qu’eiie resta affectée au service de ia paroisse de Saint-Philbert de Grandiieu, ie crépi ou badigeon d’un blanc sale dont toutes ses parois et ses arcades étaient affligées ne permettait guère d’y voir autre chose qu’une église romane du XI° siècle, très simple, très nue, assez lourdement construite. Mais voici que ia commune de Saint- Phiibert a i’idée de se bâtir sur un autre emplacement une nouvelle église, gardant toutefois l’ancienne pour en faire une halle. Alors, pour approprier celle-ci à sa nouvelle destination, pour vérifier la solidité de ses mors, il faut écailler le badigeon. Quand cette ignoble chemise tomba — comme le vil manteau de Peau-d’Ane qui cachait la rohe dorée de la princesse, — ce fut un vrai coup de théâtre, on vit apparaître, sortant de cette gangue informe, une construction absolument originale dont nul jusque-là ne soupçonnait le caractère, l’antiquité, la physionomie accentuée et pittoresque.
C’était — c’est encore — la nef de l’abbé Arnulf, séparée des bas-côtés nord et sud par deux rangées d’arcades (1) aux cintres surélevés et rentrés en fer à cheval , soutenues par de robustes piliers formés de huit contreforts s’appuyant sur un noyau carré, montant en s’amincissant jusqu’à l’imposte des arcades, de façon à présenter une forme quasi-pyramidale. Mais ce qui donne à cette * architecture sa couleur et sa physionomie propre, c’est la disposition, la couleur des matériaux. Partout, dans les claveaux des arcades, dans les assises des piliers, sont employées alternativement avec une grande régularité la brique d’un rouge vif et la pierre d’un blanc pâle. « Ce mélange de la brique et du » moellon blanc de calcaire a été pratiqué invariablement dans toutes les parties » de l’édifice , depuis le bas de la nef jusqu’au chevet, dans les grands et petits » cintres, dans les jambages de presque toutes les ouvertures, jusque dans le B réduit (la crypte) bâti en sous-sol, et presque toujours avec la même répé- B tition : deux briques, un moellon; deux briques, un moëllon (2). b Rien de plaisant, de piquant, d’agréable à l’œil comme l’opposition tranchée de ces deux couleurs. Puis il y a là un caractère architectonique, un indice chronologique que nul ne peut méconnaître. Impossible de rien trouver de pareil au moyen-âge à partir du XP siècle. Impossible, à cause des désastres subis au X« dans toute la région, de rapporter cette construction à cette dernière
(1) Quatre de chaque côté.
(2) Léon Maître, Rapport tur Vétahlitsement de Déas, etc., dans Bull, de la Soc. archéol. de Nantes, XXXV, p. 88.
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l’œuvre de l’abbé hilbod (en 836) :