‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 364 sur 392 · SUR LES CROIX CAROLINGIENNES · texte numérisé non relu

SUR LES CROIX CAROLINGIENNES

N mot seulement sur les croix mérovingiennes et carolingiennes de Bretagne, dont nous avons parlé ci-dessus p. 297. Le caractère le plus saillant de ces croix c’est leur physionomie solide, massive et en même temps leur peu d’épaisseur eu égard à leurs autres dimensions. Granit ou schiste, ce caractère est le même, elles semblent taillées dans une lame de pierre ; aussi quelques archéologues les appellent avec raison les croix plates. La plupart du temps leurs bras ou croisillons tendent à s’élargir un peu vers leurs extrémités.

Les croix de Questembert fournissent de bons types de ces croix carolingiennes, entre autres la croix de l’Isle, la croix Tuin et celle du Pont de la Poêle (ci-dessus p. 495, 354, 346) : cette dernière surtout est fort belle et très caractérisée. Seulement les croix de Questembert sont toutes ornées de sculptures, et au contraire, en dehors d’elles, rien n’est plus rare en Bretagne que des ornements quelconques sur les croix carolingiennes, dont le style solide, sobre et les proportions bien combinées constituent le caractère essentiel.

Cette différence n’a rien d’étonnant : les croix de Questembert sont le symbole et le mémorial d’une grande victoire , il est tout naturel qu’on leur ait donné un air de fête. L’ornementation de trois d’entre elles, avec leurs lances à crochets, est essentiellement guerrière (1). Quant aux autres (2), bien qu’elles n’aient point de lance, elles sont toutes placées sur le terrain où , d’après les recherches de M. de Keranflec’h , dut se livrer la bataille, et la tradition populaire les considère toutes comme plantées là pour rappeler la merveilleuse défaite des Normands.

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