PLANCHE III
Zinùtt des Br^etohs Àrmoricaint du V/* 6/-éeleJas^u d la. Pin dxi Vlff ^ .f Sixixite de la Bretagne sons Momiuoe . en 0$O .
limite dit Boyaiinte breton, sous le roi SaUonton. ,en.667\
Limites successives de la Bretagne du VI® au IX^ siècle et dernière campagne de Nominoë.
Après avoir ravagé une grande partie de l’Anjou, Lantbert et le roi breton lancent leurs troupes dans la vallée du Loir, et en remontant le cours de cette rivière ils arrivent bientôt à Vendôme, c’est-à-dire dans la Beauce, riche contrée comprenant les comtés de Chartres et de Châteaudun; après l’avoir dévastée, ils se préparent à aller attaquer la cité chartraine. Pourquoi l’attaque des Bretons
(1) « Landebertus cornes (adhærens Nominoio priucipi) invasit totam provinciam Ândegavam. Porro omnes amici regis dispersi sunt. Eo tempore crat quidam abbas nomine Gauslinus ex monasterio S. Mauri in territorio Andegavensi. Hic venit ad sanctum locum Rotonensem, suscepitque eum venerabilis abbas (Conwoion) cum summa diligentia; perraansit autem in sancto loco per quatuor ferme menses. » (Gesta SS. Roton. 111, 5, édit. Mabillon, p. 218; D. Morice, Preuves I, col. 258).
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MORT DE NOMINOE.
va-t-elle si délibérément dans cette direction ? Cest encore la vengeance de Lantbert : les comtés de Chartres et de Châteaudun sont en la possession de ce comte Eude ou Odon, qui n’a pas craint en 850 d’accepter la dépouille de Lantbert défectionnaire, c’est-à-dire le gouvernement de son comté d’Angers. Nominoë, pour châtier cette audace, veut lui enlever Chartres et Châteaudun et donner ces deux comtés à Lantbert qui, les joignant à l’Anjou et à la partie méridionale du Maine, reconstituera ainsi son duché d’entre Seine et Loire, et maître désormais de cette grande province, s’appuyant à l’Ouest sur la Bretagne, pourra braver toute la puissance du roi Charles.
La mort de Nominoë empêcha la réalisation de ce plan. Il mourut subitement, au moment où il montait à cheval pour marcher sur Chartres. Ses ennemis, qui avaient cru diminuer sa grandeur en ravalant sa naissance et le faisant fils d’un paysan, ne pouvaient manquer de compléter leur légende en bavant haineusement sur son cadavre. Les Franks se refusèrent à croire que cet homme qu’ils prenaient pour un barbare, et qui du fond de ses bois et de ses marais les tenait depuis dix ans haletants, effarés devant son glaive, pût être mort naturellement. Suivant les uns, un ange avait été tout exprès envoyé de Dieu pour mettre fin à ses jours ; suivant d’autres, saint Maurille évêque d’Angers était venu venger sur lui le désastre tout récent de sa ville épiscopale ; Réginon raconte : « Un jour que « Nominoë allait sauter à cheval pour mettre à fin quelque damnable entreprise, » tout à coup il vit devant lui saint Maurille lui jeter des regards terribles en » disant : — Va, cruel brigand, tu ne pilleras plus les églises ! — En même » temps, d’un coup de crosse il l’abattit. On n’eut que le temps de le porter dans » sa maison, et son règne finit avec sa vie (1). »
Ainsi ce grand prince n’eut pas la joie de périr l’épée à la main pour la Bretagne ; il mourut d’apoplexie. Il devait être assez âgé, car les évêques franks, dans leur factum de 850 (ci-dessus p. 62), entre autres aménités, lui disaient : « Comment feras-tu au jour du jugement quand il te faudra rendre compte de » toutes tes années, de toutes tes heures, de tous tes instants? Et ce ^compte, D attends-toi à le rendre bientôt ; car un jeune homme peut mourir promptej> ment, mais un vieillard ne saurait vivre longtemps (2). i»
D’après les chartes de Redon, la mort de Nominoë serait postérieure au 8 juillet 851 ; mais la suite des événements ne permet pas de l’éloigner beaucoup de cette date (3) ; on peut la mettre très vraisemblablement du 8 au 15 de ce mois. L’histoire de l’abbé de Glanfeuil (ci-dessus p. 64) montre d’autre part que, pour les amis du roi Charles, le péril causé par la guerre des Bretons en Anjou dura environ quatre mois, ce qui reporterait le début de cette campagne au mois d’avril 851 — saison très propice et fort usitée en tous les temps, surtout au IX® siècle, pour l’ouverture des hostilités.
(1) Regin. Chronic., édit, de Francfort 1566, f. 36 v®; Annal. Mettens. dans D. Bouquet Vll, p. 190. Cl. Annal. Berlin., Chron. Engolism. et Aquitan. anno 851, Ibid. p. 67, 222, 223 ; et Chron. Norman. «en Britann. dans D. Morice, Preuves 1, 150.
(2) D Morice, Preuves I, 292. r
(3) Voir aux Eclaircissements note sur la date de la mort de Nominoë.