J)OUI
lusai
l)tJ tlANAbA. 4dS
r furent faites, n'aient été la cause des procédés aux qui s'en suivirent, que les dernières nouvelles \l.\]\a favorables, et qu'il y a lieu dCespérer que Vordre et la
vont bientôt se rétablir.'*,
3 2 septembre : " Vous avez reçu une dépêche ielle du 26 août, vous donnunt un détail des pro- ^ de la législature, depuis le commencement de la tVm^ jusqu'à sa clôture. Il est évident que le parti >ineau ne sera satisfait d'aucune concession qui ne ^ . nettra point dans une position plus favorable pour
ttre à exécution ses vues ultérieures, savoir: la ^"^' aratUm de ce pays davec l'Angleterre et l'établisse-
^ >nt d'un gouvernement républicain. M. Papineau
»té si loin, qu'il doit persévérer, ou se soumettre à 6 défaite qui détruirait toute son influence ; le plan yil suit montre qu'il est décidé à tout tenter pour i*iver à son but. Les attaques violentes et injustifiaes qui ont été faites par les ultra torys contre les madiens-français, en général, ont créé uneanimosité ont M. Papineau ne manque pas de se prévaloir, et attnbue à cette cause beaucoup de son influence sur in grand nombre des membres de la chambre. M. Papineau a des émissaires dans toutes les directions, ^^' et, quoique je ne sache pas qu'il y ait lieu de s'alarmer,
il est besoin de beaucoup de précautions et de vigilance, pour prévenir et arrêter les désordres qui pourraient avoir lieu, en conséquence des efforts qui sont faits pour exciter le mécontentement parmi le peuple,
* Pendant les hait jours que lord Gosford appela iine setsiorif M. Papineau avait ffa^né £1,000 pour le discours qui servit de canevas à l'adresse de la majorité de la chambre d'assemblée. Pendant les mêmes huits jours, le président du conseil législatif avait aussi ffaffné i;i,000, non pas à faire du mal, à la vérité, mais à ne faire rien. Il en avait été de môme dans les automnes de 1835 et 1836. Ces salaires ezhorbitans pour des sessions manquées, étaient, selon nous, un abus criant.
atta-
s les
,ient
)Jes
fait
nse
)ro-
ter
les
Jes
la •0
496 fiîsfotftt
par les plus abominables représentations. Le gouvernement a besoin d'être revêtu de plus amples })ouvoirs et d'après Topinion que j'ai mmntenant, vous pourries être dans la nécessité de suspendre la constitution. Ce n'est qu'avec le plus profond regret que j^énonce cette opinion ; mais mon devoir me force à le faire."
Plus tard, lord Oosford dit à lord Olenelg, <'qu'à moins que le gouvernement ne soit immédiatement armé de pouvoirs extraordinaires, tel que la suspension de Vhaheas corpus^ et la proclamation de la loi martiale, le flot de la sédition ne pourra être arrêté que par des opérations militaires actives ; il espère que la connaissance que le gouvernement possède de pareils poavolrs aura l'effet d'en imposer. Quant à recourir à la législature, il pense que ce serait se faire illusion, que d'attendre de la présente chambre d'assemblée, ou d'une nouvelle, aucun concours pour remédier aux sérieuses difficultés qui existent, et il conclut par émettre l'opinion que les " griefs qui ont été d'abord mis en avant par les chefe du parti mécontent paraîtraient n'avoir servi que de simples prétextes pour couvinr des desseins plus noirs."
Si des dépêches nous passons aux journaux, on lit dans VAmi du Peuple du 15 mai : << La publication et la circulation gratis dans les campagnes des Paroles cCun Croyant^ n'est sans doute que le prélude de la distribution d'ouvrages plus dangereux encore, en ce qu'ils seront plus à la portée des habitans, et plus capables d'agir sur leurs esprits. Les conséquences d'un pareil système de corruption et de démoralisation sont vraiment effrayantes, et le peuple qui doit en être la victime est bien à plaindre."
Au commencement de juin, VEcho du Pays disait : <' Sir John Colborne il est probable, descendra la
Dû CANADA. 4&'7
rivière Ohambly pour se rendre à SoreL Si c'est le cas, nous^KMirrons voir de nos yeux comment est fait un tyrcmJ^
La Minerve du 13 publie le décret suivant du.comité central et permanent: " On dénonce le journal publié à Québec sous le titre le Canadien^ et on fait appel à tous les réformistes de la province de retirer leur appui à son éditeur, qui a trahi et continue à trahir les intérêts du pays.'* (C'était M. Etienne Parent I)
Vers le même temps, " le comité invite les citoyens amis de la réforme à ne pas distribuer (es insignes du
deuil, et recommande aux conviés de les refuser,
afin de mieux accomplir le vœu du jour, de tarir la source du revenu qu'on nom pille»
Juin mensis die décima quartâ, hoc mentitur Vindicator : A sentry on the Champ de Mars, etc.
On lit dans La Minerve du 7 août : «* Vendredi dernier, la princesse Victoria a été proclamée reine
Le concours qui assjsta à la procession était assez mince La royauté est donc en baisse parmi nous"
On lit dans le No. du 14 : " Le Township Reformer, publié à Stanstead, dont les opinions n'harmonisent pas avec le parti tory, ou constitutionnel, a été l'objet d'une attaque nocturne, le 5 du courant. L'imprimerie a été ouverte avec effraction, tous les caractères amoncelés confusément, et la presse dégarnie."
Dans son No. du 18, la Minerve rapporte la santé suivante : " Le peuple, mmtre des rois ; il connaît ses droits, et les revendiquera, à quelque prix que ce soit y
Dans son No. du 21, elle publie, sous le titre de " Sympathies à Veoctérieur^" les principes et les résolutions adoptées unanimement par *' l'Association des Jeunes Gens," de Toronto, où l'on trouve que «* tous les hommes sont créés égaux ; qu'un peuple qui
498 HisTomfi
désire devenir libre, possède le droit légitime et inhérent de se gouverner Ini-même " et beaucoap d'antres " que " suivis de propositions si délirantes et d'injures si atroces, que tout le monde dut en exonérer les jeunes gens de Toronto, et les porter à la charge de qui il appartenait évidemment.
Deux lettres publiées dans le même numéro, en réponse à celles du secrétaire civil, rappelent à lord Gosford quelques-unes de ces fautes, ou fausses démarches, pour se concilier la majorité de l'assemblée. Le Dr. Oôte, interprétant les paroles du gouverneur, dit: '^ Son Excellence elle-même nous a dit qu'elle choisissait pour remplir les différentes charges de l'état tous ceux qui étaient plus particulièrement acceptables à la grande masse du peuple ; et M. M. Hotchkiss : " Les exposés du Vindicator, en autant qu'ils ont rapport à moi, sont parfaitement corrects, et comportent des principes auxquels j'adhère fermement, et dont son Excdlence devait avoir une pleine conHaissancCf lorsqu'elle inscrivait mon nom dans la commission de la paix ; et je ne puis supposer un instant, que c'était dans l'intention de circonvenir ces principes, que son Excellence m'invitait à accepter la commission de juge de paix,"
"La publication d'une lettre écrite par M. Mackenzie, dans un moment de mécontentement, au Dr. O'Callaghan," étonne et indigne le Vindicator et La Minerve (du 21 août). Cette dernière appelle cela délation, conduite odieuse, etc., et dit que " le délateur est un monstre que la société répudie."
Même No. " Agitation ! Agitation ! ! On nous informe que dimanche. . .il s'est tenu une assemblée de nos amis les réformistes irlandais du township de Sherrington. Le Dr. Côte, digne représentant du
DTT CANADA, 499
peuple s^iidressa à rassemblée, avec son éloquence ordinaire et chacun se retira bien déterminé d^obtenir justice pleine et entière des maux que fait souffrir à notre mxxlheureux pays un gouvernement tyrannique et corrompu.*^
Dans le même No. "elle publie un article ainsi conçu : "L'espoir db la patrib. Les jeunes gens de cette ville amis de la cause sacrée du pays. . ..sont priés de s'assembler ....pour affaires importantes."
Dans le No. du 24 août ; " De La Gazette du Bâton Bouge du 29 juillet. Troubles en Canada. Papineau rallie les canadiens-français dans toutes les directions, et des assemblées sont convoquées pour protester contre les mesures atroces de coercition que lord Bussell et Taristocratie anglaise préparent contre cette colonie démocratique"
" De VEvemng Spectator du Détroit. Révolution en Canada. Nous donnons ce titre à notre article pour des raisons évidentes. A la vérité, on n'en est pas encore à verser le sang j le Canada n'est pas encore entré en guerre avec le gouvernement métropolitain ; mais il a pris une attitude qui peut, d'un moment à Pautre, amener ce résultat. Le peuple du Canada a passée le Rubicon."
" De Vlowa News : Les affaires du Canada paraissent être dans un état tout-à-fait incertain Une
révolution sera probablement le résultat final."
** L. M. N Cet excellent correspondant du New
York Daily EoopresSy publie une autre lettre sur les affaires du Canada.
On lit dans le No. du 31 août ; " Le 20 juillet, le Te Deum ayant été entonné par monsieur le curé de St. Isidore^ les habitans sortirent en masse de l'église. . . Le notaire du lieu fit immédiatement, à la porte de
500 fiIfiTOlR£
régUsCf la lecture de la lettre de L. M. N. qui reçut des " tonnerres (T applaudissements»*'
Le même numéro décrit des scènes qui marquent que la démoralisation avait déjà fait assez de progrès pour porter l'esprit de sédition et de trouble jusque dans les églises.
On voit dans le même numéro, que " suivant Tannonce convoquant une réunion déjeunes gens patriotes, un grand nombre.se rendirent à l'invitation, et projetèrent do former une société politique, à l'exemple de celle formée dans le Haut^Canada."
Dans le No. du 4 septembre, après avoir afSrmée qu'à St. Eustache, à Ste. Scholastique, et particulièrement à St. Benoit, le curé était resté presque seul à chanter le Te Deum ordonné par un mandement de l'évêque de Montréal, " qui parlait de la diffusion de doctrines perverses, à propos du royaume tombé en quenouille," dit qu'il ne peut s'empêcher de chanter tout bas deux couplets extraits de ceux qui furent chantés à une petite fête de Saint Jean-Baptiste, en 1835, et dont il suffit de dfre que Tune était sur Tair : ** Le saint craignant de pécher."
Ce fàt vers le même temps qu'un grand-jury, ou sa majorité, décida virtuellement qu'il n'y avait pas de mal à déchirer publiquement, avec mépris, injures et imprécations, des proclamations royales,* et que des voies de faits étaient des choses innocentes," sinon " louables,*' pourvu apparemment, qu'on leur donnât le nom d* espiègleries,
* Trouvant que ce n'est pas assez de déclarer innocents ceux qui Pont fait, le " comité de vigilance" d'une paroisse de l'île de Montréal résout, que les poursuites dirigées contre eux leur font honneur, quHls ont bien mérité de leur pays; et le comité central publie cette résolution^ avec tous les gros mots dont elle est rempUe.
La Minerve du 14 publie qu'à Tarrivée de M. Papineau à Saint-Hyacinthe, les citoyens s'assemblèrent, en un instant, et se rendirent, musique en tête, auprès de V homme du peuple^ et le félicitèrent de la manière la plus cordiale et avec enthousiasme, et que (peu contents de cela,) ils se rendirent ensuite dans un autre quartier du village, oii se trouvait Sir John Colborne, et où la foule se mit à crier : " Vive Papineau I A bas Colborne, A bas Gosfordl" et que, le même soir, on fit au commandant des forces de sa Majesté un charivari affreux,'*
La joie que cette ovation et ce charivari causèrent à La Minerve fût un peu rabattue par l'affligeante nouvelle que " les torys avaient réussi à gagner Télection de Bath," et que Tagent de la chambre était hors du parlement. Le correspondant " qui annonçait le fait au Vindicator ajoutait, que la mise dehors de M. Roebuck serait vivement sentie, par le parti radical et par le peuple^ parce qu'il était le seul dans la chambre qui énonçâtes pnncipes."*
Dans son No. du 18, La Minerwe dit : " Le Herald publie une correspondance du lieutenantrcolonel de Hertel, commandant, (en vertu de la nomination de Vexécutif, et non du peuple^) le deuxième bataillon de la milice des Deux-Montagnes. M. Hertel à l'honneur d'apprendre à son Excellence, qu'ils sont, lui et ses gens, des loyaux enragés, et que, si sa Majesté, la reine Victoria, veut bien leur permettre de ramper à ses pieds, afin de prouver combien plus ils aiment une jeune fille que leur pays, ils s'estimeront les plus heureux des hommes."
Dans le même No. elle dit, à l'occasion d'une
* Il a dû paraître, en effet, par toat ce qu'on a yn de lai, que les principes qu'il énonçait n'appartenaient qu'à lui seul.
plaisanterie ou d'une nicbe, faite, par imitation, à Thon. P. D. Debartzch, que, " tôt ou tard, les traîtres reçoivent le châtiment qu'ils méritent," et dé plus, que " celui qui n*a pas le courage de se déclarer ouvertement l'ami de la réforme doit être considéi'é comme traître."
Cependant, le comité central et permanent était infatigable dans ses procédés, surtout, dans ses correspondances, et c'était le gouverneur, qui, on continuant à destituer, un à un, des juges de paix et des officiers de milice, lui donnait le plus de besogne ; cai* la plupart de ces officiers, à qui l'on demandait d'abord des explications, ne manquaient pas de répondre patriotiquement, et quelquefois très vertement, au secrétaire de son Excellence ; tandis que d'autres prenaient l'initiative, en renvc>yiint d'euxmêmes, ou "jetant avec mépris au visage de lord Gosford," comme s'exprime La Minerve^ des commissions qu'ils s'attendaient à se voir ôter au premier jour. Les uns et les autres avaient également bien mérité du pays, aux yeux du comité central et permanent, et recevaient ses éloges et ses remercîmons. Mais l'homme qui travailla le plus, dans ces circonstances, ce fût, sans contredit, le secrétaire civil. Il serait difficile de compter le nombre de lettres qu'il eût à écrire, par ordre du gouverneur, sans parler de la peine d'en lire un plus grand nombre, la plupart assez longues, et écrites dans un genre de style épistolaire nouveau et assez peu agréable à lire.
Au temps où nous en sommes, le Haut-Canada n'était guère moins agité que la province inférieure, avec cette différence que là, les attaques des mécontents étaient principalement dirigées contre la chambre d'assemblée, tandis que, dans le Bas-Canada,
Fesprit d'innovation et de révolution, cause de l'agitation, était sorti du sein de rassemblée même, pour se ruer désespérément contre toutes les autorités établies ; si bien que, dans presque toutes les assemblées ^itatrices, on vit des membres de la majorité de cette chambre agir très activement, et faire des discours très violents et très inflammatoires ; et loin de souffrir tacitement qu'on les en blâmât, le comité central et permanent avait résolu dès le 31 août.
" Que c'est le devoir des représentans du peuple d'assister aux assemblées de leurs constituans, toutes les fois qu'ils en sont priés, afin de se mettre au fait des opinions de leurs mandans, sur toutes les matières liées avec l'intérêt public, pour être prêts en temps et lieu, à défendre le» droits du peuple avec connaissance de cause.
" Que- tout acte de la part de V exécutif 'powc empêcher les représentans du peuple d'assister à de telles assemblées, ou pour en aucune manière les punir* ensuite, pour avoir été présents à ces assemblées, est une infraction des droits du peuple du Canada et une tentative inconstitutionnelle d'anéantir toute indépendance chez nos représentons.**
Nous croyons avoir assez considéré l'état du pays, pour résoudrCy ou conclure avec un publicîste français, que '< du moment que la démocratie (ou la manie démocratique) cesse d'être contenue, elle déborde et renverse tout," (ou s'efforce de tout renverser;) et pour prévoir avec lord Gosford, "que bientôt vu le progrès des idées et des démonstrations révolutionnaires, le flot de la sédition ne pourrait malheureusement être arrêté que par des opérations militaires actives." L'extrait suivant d'une lettre de Sir John Colborne à loi*d Gosford, datée du 6 octobre, ne tend pas peu à justifier' cette conclusion.
" Il n'y a pas à douter que le système d'agitation pratiqué par les factieux, quoiqa'ayant principalement en vue d'intimider le gouvernement d'Angleterre, en lui faisant ôroire que le pays est sur le point de se révolter, ne tende à avancer le but avoué de M. Papineau. Les officiers de milice destitués ont été réélus
parle peuple Le pavillon tricolore est déployé
depuis plusieurs jours, à Saint-Hyacinthe. Deux familles ont laissé la ville, en conséquence des avanies qu'elles essuyaient de la part des patriotes. W. N. a averti les patriotes, à une assemblée publique, de se tenir prêts à prendre les armes. On voit le pavillon tricolore à deux auberges, entre Saint-Denis et Saint- Charles. Plusieurs aubergistes ont remplacé leurs enseignes par une aigle. Les billets de la banque d'Yamaska portent le même emblème. M. Papineau a été escorté d'Yamaska à Saint-Denis par une suite nombreuse, on dit qu'entre 200 et 300 voitures l'ont accompagné sur sa route. Il s'est trouvé dernièrement à cinq assemblées publiques : à l'une d'elles, tenue à Lavaltrie, un prêtre a été insulté en sa présence. Ce qui s'est passé à Saint-Denis était certainement une affaire politique; une famille de Saint- Antoine, opposée aux procédés de W. N., ayant été maltraitée par la même populace qui a abattu la maison de madame
S J On ne saurait se faire illusion sur le jeu
que joue M. Papineau, et l'on doit s'attendre que s'il est permis à 400 ou 500 individus de parader de nuit, dans les rues de Montréal, en chantant des chansons révolutionnaires, les partis exaltés en viendront à quelque conflit."
Les sept années que nous venons de parcourir forment indubitablement une des périodes les plus tristes de l'Histoire du Canada et des canadiens sous la dû-
mi nation anglaise, sans on excepter ceux du " règne militaire/' et des deux guerres américaines ; car si la guerre fait appréhender des périls et cause des terreurs, elle offre aussi, pour récréer Tesprit, des actes héroïques, souvent des triomphes et de la gloire, mais les contentions des factions, les discordes civiles, l'anarchie ne produisent qu'aigreurs, haines, animosités, méfiances réciproques, anxiétés et afflictions d'esprit. Dans l'état de trouble et d'agitation qu'elles enfantent, les mœurs perdent de leur douceur, les manières, de leur aménité, le langage, de sa politesse, la civilisation rétrograde, et la société semble se dissoudre, ou retomber dans la barbarie. A l'heure où nous terminons, le radicalisme, ou plutôt le nivelisme, c'est-à-dire des idées incongrues d'une égalité parfaite entre tous les hommes et toutes les conditions, des manières brusques, un langage grossier, étaient chez un nombre d'individus, l'ordre du jour, et déjà dans quelques localités, le mot liberté signifiait insubordination, impunité du désordre et de la violence, terrorisme, intimidation physique et morale, proflcription, despotisme jusque sur la pensée.
Dans un tel état de choses, il n'était pas beaucoup possible que l'industrie, le commerce, les arts et les sciences fissent de grands progrès. Ce fût néanmoins durant la période dont nous venons de donner l'histoire que furent établies, mais à peu près sans résultat utile, des écoles normales, à Québec et à Montréal, et que furent fondés les collèges de Sainte-Thérèse et de l'Assomption, et si l'on passe en revue les ouvrages publiés dans cet espace de temps, on verra que notre bibliographie, au moins, y fit des progrès assez considérables.
En 1831, notre estimable et savant compatriote,
50Ç msTOiRB
Joseph Bouchette, écuyer, publiait, à Londres, The British Damimon in North America, or a TopograpUcal and Statistical description of Upper and Lower Canada, accompagné d'une carte générale des possessions anglaises de TAmérique du Nord et de cartes particulières.
On publia à Québec, la même année, la " Eeview of the proceedings of the législature of Lower Canada" par Andrew Stuart, écuyer, L'Observateur, publié cette année, fût remplacé, Tannée suivante, par le Àta^asin du Bas-Canada.
Cette même année 1832 vît paraître '^ Commentaire ou Observations sur l'acte de la 31ème année de Geo. m,'* par H. Henry, écuyer.
On vît paraître, en 1833, ** Cours abrégé de Leçons de Chimie, par J. B. Meilleur, docteur en médecine."
L'année 1834 nous donna ^' Les afiTaires du pays, depuis 1828 jusqu'à 1834." " Le Clergé catholique vengé par ses ennemis ; une carte de l'Ile de Montréal publiée par A. Jobin, écuyer, et Picture of Québec with Historical Recollections, par M. Alfred Hawkins."
Les ** Notes diverses sur le Bas-Canada," publiées en 1835, par Amury Girod, étaient moins faites " pour éclairer les canadiens sur leurs droits," que pour leur inspirer le radicalisme pur et le jacobinisme. '< Le Traité de la politique coloniale et de la Licence de la presse," publié la même année, en f(it comme l'antidote. Cette même année, M. Wm. £vans publia au moyen d'un octroi de la législature, " A Treatise on the Theory and practice of Agriculture." M. Perrault donna, en 1836, la " cinquième partie de son Abrégé de l'Histoire du Canada."
Nous dûmes à l'année 1837, ^' L'Influence d'un Livre," par M. A. de Gaspé ; " Histoire du Canada
BOUS la domination française/' par M. Bibaud, et " Catalogue d'ouvrages sur THistoire dé l'Amérique, et en particulier sur celle du Canada/' rédigé par G. B. Faeibault, avocat. Cette même année, le Glaneur, journal mensuel, remplaça VEcho du Pays.
Si nous voulions parler des livres d'écoles et de collèges, nous aurions à mentionner le ^' Nouvel Abrégé de Géographie moderne," publié en 1832 et 1833 ; ** l'Arithmétique à l'usage des Ecoles Elémentaires du Bas-Canada," par M. Bibaud, <' Nouvelle Grammaire Française," par M. J. Ph. Bouoeer-Bëlle ville ; " Nouvelle Grammaire Anglaise," par J. B. Meilleur, M.D,, " Nouvelle Arithmétique raîsonnée," par Casimir Ladrbyt ; " un Abrégé de l'Histoire Eomaine, une Bhétorique, des Cours abrégés d'Histoire et de Littérature, une Grammaire Grecque," etc., (par Messire Larkin, senior.)
La Société Littéraire et Historique de Québec continuait à publier ses Transactions; mais presque tous les morceaux étaient en langue anglaise. Ce ne fiit que l'année suivante, 1838, qu'elle fit imprimer les " Mémoires sur le Canada, depuis 1749, jusqu'à 1760," avec cartes et plans lithographiques, par C. S. de C, ou, croyons-nous le Sieur Poulin de Conrad, directeur des forges du St. Maurice.