‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 121 sur 127 · LB LIBÉRALISUE ET LA SAINTE-ALLIANCE · texte numérisé non relu

LB LIBÉRALISUE ET LA SAINTE-ALLIANCE

Toutes les questiotis de liberté , pour qui regarde au fond des choses , se réduisent à des questions de propriété ; et la o(9Sti* tution de la propriété est ce qui détermine le caractère poU* tique d'une nation. Du jour où les hommes se furent attachés à la terre , ils cherchèrent à lui attribuer la suprématie sur le travail et sur les capitaux. La race victorieuse s'en empara , et contraignit les vaincus à subir le servage à son proflt. Les lois investirent de privilèges les propriétaires , qui seuls demeurèrent libres , quoique soumis à de certaines règles pour la transmis* sion de la propriété. Telle était la base des législations de Sparte et d'Athènes. Cest en vain que Carthage, avec sa richesse industrielle et commerciale , vint se ruer contre l'aristocratie territoriale de Rome : les prolétaires y revendiquent le droit de posséder des terres; Spartaeus demande aussi sa part des fruits que ses sueurs ont produits; Sylla se consolide en distribuant les terres des procrîts aux soldats; Auguste établit des colonies militaires dans les campagnes qu'il leur livre; enûn, lltalie est ruinée par l'étendue démesure des propriétés.

Les barbares qui envahissent l'empire édiOent leur domination sur la conquête du sol; ils oppriment le travail et le capital mobilier, le vilain et le juif. Mais, avec les croisades, le feudatoire sent diminuer la toute-puissance attribuée au sol : pour aller en terre sainte , il a besoin d'argent et de commerce ; alors il entre lui-même dans la cité. En même temps le travail re*

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cherche Tassociation , ap|iui des faibles ; et les maîtrises, ks corporations se forment. Dans quelques pays , les négociants prennent la prépoadétance ; ils s'élèvent au pouvoir, dans les républiques italiennes, avec les Médicis. Ailleurs , la lévolution procède moins ostensiblement | le éa^talîste se soustrait à la dépendance au moyen des lettres de change. Le prêt hypothécaire lui fait tuettre une main SUr la terre ; il s'insinue dan^ le gouvernement à l'aide des iiUpôts quMl prend à ferme, et plus encore <}uand la découverte de P Amérique donne une plus grande impulsion au système éolonial ^ à la suite duquel viennent les banques, les emprunts publics, le crédit ^ les commandites , enflu tout Tensemble du système commercial.

Il faut le reconnaître, U question dé la propriété se débat dans toutes les révolutions. La réforme religieuae dépooède le deifé, pDur enrichîlr ées princbs laïques. En An^etenre, b conquête des Normands atait été une ekpiropriatioa violente ea faveur des nouveaux venus; puis le sebisnie fit passer en d'autres mains Ite dépouilles des ihonastèrés, d*où il advint que la nouveaux possesseurs devinrent les défenseurs ikitéiesséÉ de rÉglise nationale ; ils sont encore aujourd'hui les boulevtirds de l'aristocratie et du système d'exclusion , contre les efforts des novateurs et contre les progrès de la tolérance. La Révolution proclama en France l'égale répartition des produits entre le propriétaire, le capitaliste et le travailleur; les privilèges et les corvées inhérentes au sol furent abolies; la propriété fut morcelée. I^s maîtrises, qui étaient devenues des chaines quand les l>es6îns de la défense eurent cessé d'exister» furent supprimées. Le gouvernement fut désarmé du droit d'attirer à lui arbitrilir^nieut iïette portion du reveau qu'en appelle l'impôt , et qui fut fixée avec le concours des producteurs.

Lorsqu'on fit observer à Napoléon t dans le conseil d'État, qu'il laissait beaucoup d'influence aux collèges électoraux , qui seraient composés des gros propriétaires ^ royalistes pour la plupart : Hit sont- attachés au sol > répondit-il , e< e^ lârs mtéressés à empêcher qu'il ne s^éàrarUe ; or c'est aussi mon intérêt. 11 sentait, en effet , combien la Révolution avait enlevé de stabilité aux gouvernemenu , en faisant disparaître ties traditions

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de dépendance d^une part, de patronage de l'autre , ^1 garantissaient la conservation 9 et en y substituant un va-et-vient continuel d'hommes et de choses, qui, n'ayant poiqtde passé, ne sauraient donner de garai|tie pour l'avenir.

Mais , bien qu'il représentât le triomphe d« la bourgeoisie sur l'aristocratie propriétaire, et qu'il coAtinu^t dans ses lois l'opavre de l'Assemblée ooqstitiiante , il levait peur de passer pour plébéien. Tout resplendissant de aon propre éclat, et héritier d'une révolution toute dén^ocratiqqe, il abdiqua sa mission ; il entoura son trône de grandeurs historiques, et constitua au>E/« du peuple ih^ maison oomme l'avaient les fils des rois. Alors il perdit l'intelligence du you public; il renia la paix et la liberté, qui sont nécessaires à la bourgeoisie. Qu'en arriva-l-il? Les industriels, les commerçants, qui souif raient de son duel avec la Grande- Qretagne , lui devinrent hostiles ; et les années soudoyées par les négociants anglais ne trouvèrent pas, parmi les négociants français , un bras pour défendre Paris. \a victoire une fois obtenue là où l'autorité pouvait tout , resta le despotisme. Ailleurs, où dominait la puissance territoriale, les aristocraties se raffermirent; les démocraties prévalurent dans les pays où l'emportaient les deux autres éléments, le travail et le capital. Les fondre ou les équilibrer, telle est l'étude des constitutionnels modernes.

Ainsi la Russie, qui représei|te la souveraineté agraire, convertit peu à peu les serfs ei) tray ailleurs, c'est-à-dire se fait inanufiicturière. La Prusse cherche dans les associations douapières les avantages de Tindustrie. En France, la Restauration chercha à rétablir l'influence territoriale; mais le progrès générai, ei^rayé par la Terreur, puis par l'Empire, reprit bientôt sa in^rclie. La France se consola d'abord de sa grandeur perdue, parce qu'elle recouvrait l'industrie et le commerce. Ce règne des intérêts mjitériels et de la concurrence fut celqi du libéra^ >isqrie, qui ne voulait pas détruire la monarchie, mais la régler à son proGt I^es banquiers , personnification de la richesse mobilière , ayant grandi d'importance , réunirent à faire une nouvelle révolution, qui ne fut pas la dernière. On vit bientôt renaître las sectes des niveleurs et des cbmmunistes, qui aspÎT

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