‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 14 sur 127 · ECONOMIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

ECONOMIE POLITIQUE

des défenseurs pour des crimes qui conduisaient à Técliafaud, tandis qu'on en accordait pour des affaires de quelques sous. Si , sur dix juges, six se prononçaient pour la peine de mort, elle était appliquée. On arrachait encore des aveux par la torture.

L'expérience nous montre partout que les tribunaux inclinent b la rigueur et à l'aggravation des peines au delà de Tintention du législateur, comme s'ils mettaient une sorte de point d^honneur à découvrir et à châtier les coupables. Le parlement de Paris s'obstina , pendant tout le règne de Charles V, à refuser un confesseur aux condamnés à mort , malgré im ordre du roi et une bulle du pape. Quand Louis XVI ordonna , en 1778 , qu'il y eût un intervalle entre la sentence et l'exécution capitale, le parlement résista à œt ordre, en y opposant des sophismes hypocrites. Le garde des sceaux d'Armenonville, trouvant exorbitante la peine de mort appliquée à toute espèce de vol ou lardo, recommanda d'écarter cette peine disproportionnée ; mais les magistrats s'autorisèrent de la loi , et continuèrent de rinfliger.

Quelles atteintes un bon code de lois, s'il eût existé, n'auraitil pas reçues des lettres de cachet, à l'aide desquelles le roi faisait emprisonner ou exiler qui lui plaisait? Les fermiers des finances ne voulaient-ils pas aussi avoir à leur disposition des sbires et des cachots, pour aider au recouvrement des impôts, chAtier les contrevenants ? Ils suspendaient la Justice, quand ils ne l'égaraient pas.

L'arbitraire découlait encore des lois religieuses, dont la rigueur choquait d'autant plus qu'elle contrastait avec l'immoralité de la cour. Il y avait en 1746 , dans les prisons ou aux galères, deux cents protestants condamnés par le parlement de Grenoble pour exercice de leur culte. En 1762, celui de Toulouse condamna un ministre à la peine de mort.

Des procès célèbres mnrent en évidence tous les vices des lois criminelles : ceux de Calas et de Fabre , dont nous avons déjà parlé; celui de la Barre, jeune étourdi qui fut roué vif, sur le soupçon d'avoir brisé un cruciOx ; celui de Lal^ , gouverneur (le riude. Les philosophes déclamèn^nt; les arts firent appel à la Vitié : drames, dessins, romans s'emparèrent de ces sujets pathé-

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