L'EUROPE
refit TEurope sur des idées abstraites , introduites d^abord au profit des princes, mais dont les écrivains devaient s'emparer à leur tour, pour les faire servir plus tard au profit des peuples. Le traité d*Utrecbt n'introduisait cepeudant dans le droit public aucun principe nouveau ; il fut comme le complément de ce système européen iqui, tout chancelant qu'il est, a duré jusqu'à présent ; et tous les traités qui suivirent se référèrent à celui-là. Son maintien intéressait ceux au profit desquels il avait été conclu : il importait surtout à l'Angleterre, dont il avait consolidé la grandeur, comme le traité de Westphalie avait consolidé celle de la France. La dynastie protestante , reconnue alors , regardait le traité dlJtrecht comme sa sauvegarde, et donnait pour base à réquilibre européen son alliance avec l'Autriclie. L'Angleterre, que les clauses de ce traité rendaient maltresse de la mer, put donner carrière à cette ambition qui est pour elle une nécessité, contrainte qu'elle est de se faire despote sur rOcéan, pour n'être pas attaquée ebez elle. Gouvernée par des hommes d'État illustres avec toute l'énergie de l'égoîsme na-
« prince de Galles...., s'éUnt retirée de.80ii propre nKMivement hors de « France ponr demeurer ailleum, il prendrait soin que cette personne « ne retoumAt plus en France... » L'Angleterre obtint, en outre, la destruction des ports de Diinkerqoe, de Gibraltar, de Mahon, puis de grands avantages coloniaux et commerciaux ; entre autres Timmoral traité de YAssieniOf par lequel TEspagpe lui cédait le privilé^se d^approvisionner do nègres ses propres colonies. Les traitée d'Utrecht reconnurent le duc de Savoie comme roi de Sicile , et comme appelé à la succession d'Espagne en cas d*extinction de la famille de Philippe V. Le titre de roi de Prusse fut confirmé à Télecteur de Brandebourg , avec les principautés de NeuMiAtei et de Valengin. Le duc de Bavière fut remis en possession de ses États conquis par r Autriche, et les Hollandais recouvrèrent plusleura places fortes qui étaient au pouvoir de la France. Enfin , la maison d'Autriche , qui s'était entêtée à continuer la guerre après la retraite de ses alliés , signa de son côté le traité de Rastadt , qni reconnut sa sonveraineté sur les Pays-Bas espagnols , le Milanais , le royaume de Raples, la Sardaigne, pays qui avaient fait partie de la monarchie de Cliarles II. Cette prise de possession de Tltalie par l'Autricbe est ce qui explique le mienx le jugement sévère et légitime d'ailleurs de l'historien italien à Tégard des traités d'Utrecht. ( An. K. )