‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 22 sur 127 · PARTAGE DE LA POLOOME · texte numérisé non relu

PARTAGE DE LA POLOOME

Les souverains, dans la ruine des jésuites, avaient affecté du moins le respect des formes légales , en s'adressant à celui qui avait le droit de prononcer : nous allons les voir maintenant s'entendre pour consommer, au mépris de tout droit, t*un des faits les plus odieux dont Tbistoire fasse mention , un acte que désapprouvèrent ceux même qui y prirent part, et qui corrompit la morale publique, en accoutumant les gouvernements à des violences qui devaient plus tard trouver des imitateurs.

' La république polonaise fut l'Ktat le plus puissant du Nord, jusqu'au moment où l'agrandissement de la Suède, de la Turquie , de la Russie et de la Prusse lui enleva la suprématie, et lui fit perdre plusieurs de ses provinces ; mais elle eut plus à soaffrir encore de sa constitution intérieure. Une fois qu'ail fut permis aux étrangers de se metti^e sur les rangs pour l'élection au trône , le champ fut ouveit à leurs agents , aux ia-

PAATA6K ]>£ LA POLOCNB. 171

telIigeDces, aux niaoœavres secrètes. Chaque interrègne fut une réTolutioo et un état de guerre, où le sangoovia souvent, ou la étraDgen fiiisaieut assaut de oomiflions et de honteuses lirjgups, tant potir favoriser leur candidat que pour écarter «eUde leurs rivaux. Les princes étrangers appela à ce trône, et qui n'avaient ni les qualités ni les vices de la nation , se troufaieot en lutte avec ses représentants : ils entretenaient en contéfaenoe des intrigues continuelles avec les autres puissances^ pour des intérêts contraires à ceux du pays. Ce fat la perte de k souveraineté, qui ne saurait se soutenir quand une autre paissaiiee se méie des affaires du dedans.

Le pouvoir suprême de l'I^t était la diète; mais comme w décrets devaient être unanimes {nemine contradicente) , 3 nffisait, pour tout entraver, d'un seul noble disant : Siito ^etmUUmn^, Pour remédier à ce morcellement de la souve* niaelé, il se formait des confédérations de nobles pour un objet détefminé, et chaque confédération se donnait des lois et des Mits, comme si elle eût été un corps souveram : diverses atre elles , toutes étaient d'accord en ce point , que la majorité <ies soffirages décidait. Le remède était plus dangereux que le •al; car lorsque toute la noblesse d'un cercle, d'un palatinat^ 'W province se réunissait , elle prétendait avoir la prépondénsce dans la diète : l'État se trouvait partagé en autant de petits Ktats, et la giierre civile restait organisée.

Les grands ciierchaient à placer leurs créatures dans les tnbQ&attx ; ce qui était très-important dans un pays où les propriétés étant inaliénables , mais surchargées d'hypothèques , tendasaient des occasions fréquentes de procès.

Cétait l'époque où les institutions féodales succombaient pvtout en Europe sous le principe monarchique triomphant. Comment donc la Pologne, sans tiers état , sans finances , ni coiQiDerce, ni subordination, aurait-elle pu, à l'aide de la seule

' Cest le fameux lÀberum veto; il est encore en vigueur dans le téaat msée , espèce de cour suprême et non d'appel , oii le dtsseiitimeDt (FBoseid membre, dans une section, suffit pour (aire renvoyer Taffaire ^aal toutes les sections réunies.

Page 1