LE TIBBS ETAT
forme de la totalité des habitants du royaume; les états généraux sont les dépositaires de la volonté de tous. Sans eux, rien de légitime ni de solide. La loi ne peut exister sans leur sanction. La royauté est un ofQce, non un héritage. Les rois ont été, dans le principe, institués par le peuple souverain. Qui retient le pouvoir par la force, ou sans le consentement du peuple, usurpe le bien d*autrui. L'État est la chose de tous; ta souveraineté n'appartient pas au prince, qui n'existe que par le peuple. En cas de minorité du prince, l'autorité retourne à la nation , qui la reprend comme son propre bien. « Le peuple de cette époque comprenait peu ce langage ; mais le temps sui* vit son cours.
Les arts, le commerce et le luxe appauvrissaient les grands propriétaires, enrichissaient les industriels, rapprochaient les classes en égalisant les fortunes ; et le peuple échappait à cette vieille iniquité de la conquête , que le temps avait affermie sans la justifier. Si dans les campagnes le paysan était astreint aux corvées, à abandonner au maître le fruit de ses sueurs , en ne gardant que le strict nécessaire, le négoce répandait dans les villes plus de liberté, et des idées plus hardies.
Colbert avait protégé le commerce , mais en favorisant les compagnies, c'est-à-dire des privilèges ; et les maîtrises, dont les états généraux de 1614 avaient réclamé rabolition, furent, au contraire , étendues à tous les corps de marchands et d'artisans. Personne ne pouvait exercer un métier autre que celui pour lequel il avait payé son noviciat, et il devait travailler toute sa vie comme salarié , s'il ne pouvait acheter la maîtrise. Des règlements sévères prescrivaient les qualités, la façon, la couleur des objets fabriqués : c'étaient eu conséquence des visites continuelles, des confiscations , des pièces d'étoffes coupées et brdlées.
Ainsi cette institution, dont le principe avait été au moycQ âge la fraternité, était tombée dans l'égoïsme et l'oppression. Gs régime absorbait l'argent , le temps et le repos des corps , en disputes de compétence, de subordination entre les métiers qui se tiennent de près, tels que serruriers et forgerons, menuisiert et charpentiers, etc.
l'opinion publique. 9J>0
IlcUfiai que tous ces maux étaient d'andenne date, adoucis pv lliaiMliide el les correctifs que la pratique y introduit. {JÊÛgm les corporations fussent une entrave pesante pour Tindifidtt, elles représentaient Findépendance; c'était une gloire ^^êtn syndîe de sa compagnie, d'en porter la bannière. On fainiltareniootiaDces» on résistait aux mesures arbitraîresi avec. d'salaBt phis de .cbances de succès que le conunerce avait pris plBid*e0(«'.
La neiiifiwe avait cherché dans la Réforme un moyen de resflair MS prérogatives féodales. Mais le peuple donna la main ado^é pour Caire échouer oe dessein, et empêcher la noblesse dis'aDparerde tous les biens, de toute la puissance. Le calqua se répandit en France favorisait les idées démocraqui survécurent lors même qu'il eut été vaincu. Les le eoaiprireDt ; et, après s'être servis du peuple pour oom* les DobleB, ils s'appliquèrent à le contenir à son tour. , par des distinctions personnelles, les chefis de h Wuifeoisie; ils introduisirent une noblesse de robe , pour 4cueher du peuple les gens instruits ; ils défendirent les réuaioas, et morcelèreQt l'administration.
Le povfoir crut ainsi maintenir la bourgeoisie dans son néant ; ■au les rois avaient eux-mêmes diminué la distance qui existait entra les deux classes. Le savoir d'abord, puis le commerce , oftireat aux vaincus le moyen d'entrer dans la classe des vainbien que toujours par voie d'exception , et quoique la continuât de subsister, même lorsqu'elle ne signiiflt plos rien. La force de l'intelligence s'unit donc à celle des firtmiCB; l'opinion prit de l'énergie; les questions de finances, de religjwn, de juridiction, amenèrent les esprits à méditer sur la yteinement, et à prodamer l'égalité des hommes. La révolutîoD d'Angleterre , la première qui se fût faite en avait puissamment contribué à ce mouvement en On en fut lellemeot ébloui, que beaucoup d'esprits, en regard^ent comme un modèle la constitution qui en Mais l'Angleterre, même en renversant plusieurs fois ses rois, conserva son principe immuable, celui de l'aristohéréditaire, et n'eut point à changer sa politique. Catbo-