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lique ou réfermé , le gouTemement fut toujours intolérant : toujours le 'droit <FafQeâseet tes substitutions furent chose sainte et légitime; toujours la multitude y fut asservie, et les propriétaires restèrent les seuls représentants de la nation.
En France , au contraire, la noblesse s'en allait ruinée par b corruption, tandis que la force populaire s'accroissait de toile l'énergie qu^on apporte à réclamer des drdts précieux. Les revers des dernières années de Louis XIV avaient diminué k prestige qui entourait la majesté royale. La Régence afficha la vanité du vice, comme en d'autres temps on aurait affecté Forgaeilée la vertu. Toute Ame honnête ne put révérer Louis XV . Sous son règne, éclatèrent les maux que celui de son prédécesseur avait préparés : la nationalité française fut entamée par des idées aa« glaises , genevoises , hollandaises ; les réfugiés se vengeaient par desdiatribes violentes ;les gentilshommes parlaient contre la monarchie; le clergé n'avait point de foi ; l'histoire nationale M tournée en ridicule ; la liberté consista à blâmer tout ce qui était ancien; on qualifia de niaiserie l'attachement aux couhBncs du pays , la noblesse de tyrannie, la religion de préjugé.
Cette noblesse n'en continuait pas moins à se regarder eomnN une institution, comme une foncUon sociale, voùre inémeeomne une race supérieure : mais cet orgueil ne provoquait plus que d« colères. Des enfants du peuple, tels que d'Alembwt et laHarpfi qui étaient bâtards , Rousseau et Beaumarchais, qui avaient éK horlogers, Diderot coutelier, Mârmontel tailleur de pierre, lé clamaient un ordre social où le mérite eût accès à tout
Le peuple, ce n'était plus un troupeau de serfs ou de pauvre communes cherchant humblement h gagner leur pain , et à ai défendre contre les barons ; c'était la majorité : c'étaient de artistes, des industriels, des gens de lettres, de petits propiîé taires. Désireux d'ordre et de repos , ils s'étaient longteap résignés à l'obéissance : les rots avaient cru qu'elle serait éttf nelle, et ils s'étaient endormis dans la gloire d'abord, puisai sein de la volupté. Mais pendant ce temps la bourgeoisie avai acquis du savoir, de la richesse : elle dominait par la parole dad les corporations d'arts et métiers ; elle s'appuyait dans Vxnti sur les sous-ofilciers , dans le clergé sur les prêtres des eau
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ppes, dans ie pays sur les prolétaires , dans l'opinion sur les
OriTIlBS.
La esprits sérieux, dégoûtés de Tétourderie faeétieuse et obnèoe de la première moitié du dix-huitième siède, des viees cl deroisiTeté de la vie parisienne, méditaient sur la cliose pu* KfM, et censuraient tous les actes du gou?ernement. Les son ôéiéi édaiiées ne retentissaient que d'abus; les parlements knvmaienti la prospérité de l'Angleterre faisait admirer aux aDi,eoiBfliieà Montesquieu, son.système représentatif, tandis Ise^Taotres subtilisaioit, avec Rousseau, sur le pacte social et isrlisoinreraineté du peuple. 11 ne surgissait pas une question ^ M devint d'intérêt gàiéral. Le problème de l'origine des ifaeoiidait à tirer tout de la sensation et à tout rapporter à la atitieo : le crime donc sera le résultat de conventions; la me- ■Rtesdenees sociale sera Tégoîsme ; le plaisir sera le but de h nxale. Une banque bouleverse l'économie du royaiime ; à* fnposda luxe on prend à partie la féodalité et les couvents. Estinsertion de la rivalité entre l'agriculture et l'industrie? on Centrer dans le débat le gouvernement, la religion, l'histoire, b légBbtioD. Traite- t'On du commerce ? le débat s'engage sur iadooaoes, les privilèges, les exemptions, les sinécures, l'ad- ■Dstration, la justice. Une satire contre la décadence des ■MtDrset la dépravation royale devient un libelle contre la so« ^\ et parce qu'on conteste la nécessité des armées perma- ■sMo, d'une gitwse dette publique, du faste de cour, on arrive î podamer que l'état naturel de l'homme est la vie sauvage.
Ui doctrines précbées par les philosophes étaient à l'usage ^b clase éclairée, et ne devaient point descendre jusqu'à ce la canaille * . Toutes leurs réformes étaient en
' Tottaire écrivait à Diderot : • Quelque parti que vous preniez , je ■n« lecommande Vknjdme, Il fout la détruire cliez les honnêtes ■ ma, et la laisser à la caoaiUe grande ou petite , pour laquelle elle est • ^ • (Euv., t. LX , p. 403 ; 25 septembre 1762. — A madame d'Éfuiy : • lia dière phlkMopbe • Je vous recommande IHnfdme : il Taut ' U fermer la porte des honnêtes gens, et la laisser dans la rue , où elle •alfcrtbien. » T. LIX , p. 23; 20 sept. 1760. «^ Nous ne noua sou- *ôoii pis que nos laquais et nos manœuvres soient éclairés. » T. LX}
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Fair et de pure tliéorie. Mais quand ceux qui dirigent ropiokR par leurs écrits dédaignent Texpérience des temps et la foix du genre humain ; quand ils veulent que tout date deieurépoqie, leur coup d'oeil se rétrécit, ils jugent mal h distance, ils sont éblouis par ee qui est près d'eux, et, ne sachant rien du piné, ils se fourvoient dans le cbemm de l'avenir.
Ihn'étaitque trop facile, quand FÉtatétait sans 1ms, lessmit sans éclat, la eour sans dignité , les mœurs sans pudeur, de s'é« prendre de la philosophie railleuse de ces hommes qui , sonblables à des vieillards dépourvus d'illusions et voulant les dé> traire chez les autres , prêchaient l'impiété , et pariaientde Dtce comme ils parlaient des rois; les uns niant son existeBoe,lei autres la tolérant , mais le iaisant muet et sourd , admcttint des récompenses sans fin , mais non des peines étemelles. Une nation vive et intelligente entre toutes, généreuse à la fois et corrompue , ne pouvait plus vénérer ces rois qui ofiensaient le sentiment national par leurs faiblesses , la moralité publique pir leurs dérèglements, et ne voulaient pas se modifier, quaod le pouvoir absolu cessait d'être nécessaire pour l'unité natioDale. Elle méprisait les nobles , qui n'étaient plus grands que par leurs désordres; et la conscience publique, abandonnée à ellemême , aurait en vain recouru à l'Église mutilée , asservie , tôtrompue.
Enfin arrive un roi honnête, que toutes les espérances saloeak; mais le voilà qui se montre incapable ; et à côté de la nation k plus avancée s'ofire le plus amété de tous les gouvemements.
Après le coup d'État de 1771 , on ne parla plus de tous côtés que constitution , lois fondamentales. Le pouvoir aurait dû s*y rallier, et en tirer une nouvelle force. Au contraire, il s'avisa de restaurer les privilèges. Le gouvernement précédent avait abattu l'aristocratiede robe, il parut digne d'un gouvernement paternel de la relever : on restitua à la naissance ses prérogatives; à elle les magistratures, à elle les grades militaires. Ainsi l'on accrut
p. 855. Frédéric exhortait aossi à détraire l'infâme : « Je ne dis pas « chez la canaille , qoi n^est pas digne d'être éclairée , et à laquelle tous « les Jougi sont propres ; je dis chez... ceux qui veulent penser. « Lettre du 5 janvier 1767.
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ks prétentions d*iine classe, et on irrita la jalousie de l'autre en mettant les lois en opposition avec les mœurs.
La noblesse fut reprise de ces vertiges qui lui cachèrent tout i^lYàtime; les bourgeois regardèrent le trône comme une posunee hostile , et ils sentirent qu*il dépendait d'eux de le MrtcDir ou de le renverser.
La France, aatrefois militaire et conquérante , cherchait depois peu à s'assurer le premier rang dans la paix ; mais, contnriée par la marche des autres nations , elle restait hésitante. Eiopêcfaée ainsi de faire du commerce sa principale occupation , edoune rAngleterre^ qu'elle imitait en la haïssant, elle n'occupât more sous ce rapport qu'un rang secondaire, et compronettaitpar là n la fois les deux systèmes manufecturier et agrieole. La prospérité de la Hollande et de l'Angleterre était attribott à la liberté; on accusait la politique des pertes essuyées tes les colonies. Les négociants, élevés dans une probité sévère, égoïste, niveleuse, suivaient des yeux les écarts prodigicox du de^[K>tisme , et demandaient comment le chef d'une nîson sociale pouvait s'enrichir de l'appauvrissement des autres; poarqwH il se montrait prodigue envers les courtisans ; pourqnt-it exemptait des charges communes la noblesse et le clergé ; pourquoi il pouvait Caire souvent banqueroute, et s'endetter mjours. En Angleterre, les chambres demandaient des comptes revers à an ministère responsable, tandis qu'en France le roi mit dit : VÉfat, e'esimoi; la faute ne pouvait donc retomber ^sor le monarque. Ce fut dans l'union que Ton chercha cette farce de résistance que ne donnait pas la constitution >.
' Use aaeodole de 1770 lUt coaiiaUro à qiiel point les bourgeois ^cHcMlaieiit entre eux pour se loutealr contre les impertinences de
Cn nlr, au tliéAtre de Grenoble, les parents da célèbre Damave avaicui eccnpé la wnte loge qni Tût restée libre ; mais elle était réservée po«r «se créature do duc de Clermont-Tonnerre, gouverneur de la praviaee. Ea oouséqoenee, le directeur du tbéftlre, puis Tofllcter de , pim qnatre mousquetaires , viennent pour les fliire sortir. Ils , Jaqn'ao moment oii arrive un ontro exprès du gouverneur. Alin M. Bamave se tournant vers le parterre, dont ce démêlé avait