‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 49 sur 127 · B0YALI8TS8 ET BÉPDBUCAIIIS · texte numérisé non relu

B0YALI8TS8 ET BÉPDBUCAIIIS

Ivsofllt plus pour Tarréter. On avait tout détruit , il fallait «eoostnnre, et é^k Mirabeau était moins fort que ses propres nirres. Il avait, comme le machiniste, comprimé la vapeur fcépisnirte ; mais cette compression même en avait centuplé la bee, et maintenant elle allait tout briser. Mirabeau mourut à tops : sa tête énorme était de trop sous le régime du despo* Ibk, et il abattit le despotisme; mais elle eût été de trop ■B soos la république, et la république l'aurait tranchée. Ldoîs XVI restait donc sans point d*appui , sans l'amour du ;n|le,et n'ayant pas même pour refàge la religion, qull tnrât avoir outragée^en consentant à ce serment qui suscitait Be penécution au cleiigé. Conflné dans son palais par la réiMm ombrageuse, dépouillé même du droit de grâce , il draa an puissances ^angères une lettre circulaire, dans N^Be il protestait de son dévouement à la constitution. Mais Bi iNiet il se préparait à fuir, d'aceord probablement avec les koigcfs. La Êimille royale sortit des Tuileries, protégée par ^^iknarité de la nuit, et se dirigea vers la (rentière du nord. UoiarqiDs de Bouille avait envoyé des troupes à sa rencontre ; ^ arrivé à Yarennes avec sa famille à travers mille obstacles, ^ XVI fut reconnu par le fils du maître de poste , arrêté , et ■BCfiéàParis.

Eq le bissant sortir du royaume , comme plusieurs le eon- Aieot, on aurait prononcé sa déchéance, et évité un procès ^ et orageux. Il en fut décidé autrement , et Tordre fut donné B le ramener. Bamave, que rassemblée désigna pour Tac- Mipagner, toudié de voir de si près cette famille toyale si ^B^Mreoae , devint^ avec Lameth , te soutien du trône ; non ,* >>ttie Mirabeau, par intérêt d'argent, mais par un sentiment NiVQx. Résolu et impétueux sous un air calme, voulant toupie bien et recherchant tous les moyens honnêtes d'y ar- ^y il forma dans la gauche un parti modéré , qui 8*attacha îQidre au roi l'autorité constitutionnelle. Déjà la mort de linbeau Tavait averti de s*arrêter sur la pente où le désir de la y^\é l'avait entraîné. Il n'avait plus pour l'aveugler une '^^ dangereuse ; il renonça aux applaudissements dès qu'ils i éemandèrent des crimes. Mais, en révolution , il faut expier

84S MIRABEAU ET BABNAVB.

ses fautes : il ne lui resta que des regrets et des terreurs, «l consolation de donner des conseils qu'il était trop tard suivre <•

(1791)L'asseiiiblée avait renduun décret portantque toutfoi tionnaire qui abandonnerait son poste encourrait la déchéane on prétendit que la fuite du roi Tavait mis dans ce cas. Sa cou absence avait détruit le prestige; on en conclut qu*il n^étaitp nécessaire , et rassemblée se considéra comme tout à fait m tresse. Condoroet etBrissot, qui étaient devenus Fâmedapi jacobin, demandèrent que le roi fût mis en accusation. Les ( iéanistes se livrèrent a toutes leurs espérances; le e6\éàn aigrit les esprits par une opposition imprudente ; et les émipi proclamant que Louis XVI était prisonnier, déférèrent bi gence à son frère le comte de Provence. Barnave tint tête à f) rage en soutenant Tinviolabilité du roi , en accusant uni^a ment Bouille (27 juillet); et il parvint à remporter. Mais peuple s'insurgea , et il fallut recourir à la force pour ea primer la révolte. Si Louis avait senti sa dignité davantage, aurait dû abdiquer franchement, plutôt que de s'envelopp dans ce rôle de victime où, chaque jour, il était forcé d*a| contre sa conscience. Si les girondins avaient été des boml d'une autre trempe, ils auraient à ce moment proclamé la répi blique, qui, venant avant l'explosion des excès sanguioaires avant le règne des lâchetés envieuses, aurait peut-être écbapi à la terreur *. Peu de temps après la mort de Mirabeau ( 17 ma

« ' Il disait à Malooet : J*at dû vous paraiire bien feune;maitm9

sûr qu'en peu de mois j'ai beaucoup vieilU, M. 1iénDfft,à»M»

édition des Œuvres de Barnave ( Paris, 1S43, 4 vol. }, a donné oosl

téressante notice sur cet orateur : il le présente « comme modèle àe^

qui, g'adonnant à une carrière publique, ne savent pas assez avec qsi

énergique résolution il faut affronter les écueils, et quelle abB^*l*

de soi-même leur impose la nécessité , souvent inévitable, de résislv

leurs propres passions, et de s'élever au-dessus des partis et ée 1e^

siècle. »

' « Sans examiner à fond cette hypothèse hasardée, nous feivaia

marquer que les girondins n'étaient guère en mesure de procb»*

ce moment la république , attendu qu^ils n^existaient point eaeoas

BOTALISTBS ET BÉPDBLICAINS. 849

Dopoit disaît à rassemblée : « Le vrai danger, eneore caebé

iras le image de Topinion , mais déjà profond et étendu , c'est

rnagénlkm des idées publiques. Encore un pas, et le gouver*

BEDMot ne peut plus exister, on se concentre totalement dans le

ponoircz^tif d'un seul. Car je vois dans Téloignement le

fapolisine sourire à nos petits moyens, à nos petites vues, a

ios petites passions, et y placer sourdement le fondement de

fts espérances. Ce que Ton appelle la révolution est fait; les

hoosnesiie veulent plus obéir aux anciens despotes: mais si l'on

t*j prend garde , ils sont prêts à s'en fedre de nouveaux , et

Am la puissance, plus récente et plus populaire, serait mille

.fâiphis dangereuse. Tant que l'esprit public n'est pas formé,

fcpeoplene fait que changer de maîtres; mais ce changement

ienhit assurément pas la peine de taire une révolution.... Le

p|rèt immodéré et sans bornes de cette révolution a pour but

' A ieis replacer au point où nous étions, ou même dans une

ilK^lnen plus fâcheuse; c'est-à-dire qu'après avoir détruit

' tteeessÎTement tous tes ressorts du gouvernement, il peut

I tKoer à une dissolution générale , à une guerre intestine. Tout

BMOîement dans le monde moral , comme dans le monde phy«

%>ei est circulaire : lorsqu'il se continue, il reproduit les

>>^ combinaisons.... Il n'y a que trois états pour l'homme.,

indépendance , l'esclavage et la liberté : ces trois états sesui-

^^tooiours dans le même ordre. Nous sommes sortis de Tes-

divage et nous y retournerons, si, outre-passant la liberté, nous

irrifOD3 une fois à l'i^épendance. L'esclavage a même cette

^■Bttte propriété qu'il est l'image du repos, et qu'il s'allie natu-

ttttetnent avec les sentiments des peuples dégénérés; car il

feorise l'amour de la domination, et l'ambition des uns, la

|l*R8Be et la mollesse des autres. La liberté , au contraire , est

ftQQieu difficile à tenir, et qui exige une continuité d'efforts

cide vigueur bien autrement difllclle qu'une rapide et courte

^^ion de ses forces. »

^de parti. Les orateurs de la Gironde étalent encore pour la plaint àuK leurs provinces , ei ne panireot sur la scène politique qoc ^lud,lonqii*llB furent nommés à l^assemMée législative. (Au. B J)

360 MIKABEàU ET BAmElÂyB.

Taadîs que raatorîté de rassemblée dédiaait après criic du roi , le r6le de la nranicipalité de Paria grandissait Quand rassemblée se fut déclarée en permanenoe , la miuiidpaUté en fit autant, et chaenn des soixante distriets suivit cet exemple. L^assemblée avait des comités , la municipalité est aussi les siens , et les districts firent de même. La discorde en fîit le résultat : les districts ne s'entendirent pas entre eux , et prirent des résolutions contraires à celles de la commune. Il B*y eut plus de pouvoir judiciaire, plus de pouvoir exécutif, et le pouvoir législatif ne faisait quedenattie. Cétait la multitude qoî faisait la loi, qui jugeait et qui exécutait. Au milieu de tout cela s*élevait et se fortifiait le nouveau parti républicain, ayant pour che& Pédon , Buzot et Robespierre , terrible nié* diocrité, envieux de Bamave comme ceûii'Ci Favait été de Mirabeau.

La diviûon avait pénétré jusque dans les familles « où il se formait un cdté droit et un côté gauche; les femmes même prenaient parti dans ces débats. Les gens de lettres avaient perdu presque toute influence sur une révolution qu'ils avaient suscitée. Si Volney , offrant à rassemblée nationale sesittfîJies, soulevai les passions contre les tyrans s Eaynal , à son retour de Texil , protesta contre l'application exagérée qu*on avait tildes doctrines philosophiques; Delille déplorait les principes auxquels il avait dû sa fortune; Fontanes et Bernardin de Saint- Pierre gardaient un silence douloureux ; Vicq-d'Azir était en proie à des regrets qu'il n'osait exprimer. Si Condorcet servait la Révolution , Rulhière et Saint Lambert la maudissaient, sani renoncer au matérialisme; MarnK)ntel cherchait l'oubli, el s'appliquait à produire des ouvrages plus châtiés ; Morellet , qui avait proclamé la toute-puissance de la logique, s'effrayait de

. > a 0 scélérats, monarques ou ministres, qui vous jouez de la vîed « des biens du peuple ! Hé quoi I il ne s'élèvera pas sur la terre des « liommes qui vengent les peuples et punissent les tyrans? Un pelil «> nombre de brigands dévorent la muilitude, et la multitude se laine « dévorer. O peuples avilis , connaissez vos droits ! tovte aatariN « vient de tous, toute puissance est la vôtre. > les Ruines, diap. XIL Le citoyen Volney» devenu comte de Volney» est mort pair de Fianee 1

Page 1