‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 50 sur 127 · R0YALI8TI8 ET BÉTUBLICAINB · texte numérisé non relu

R0YALI8TI8 ET BÉTUBLICAINB

eeUekfjîqcie terrible; la Harpe comprenait peu dechose à ce ^lepmait, déplorait la perte da goût, et les solécismes qui Aâat i Tordre da jour.

(1791) Les joumanx étaient tonte la littérature , et, comme à LbhIrs, bon nombre de joamalistes Êrieaient acheter leur sl- Inee on leurs éloges. Les aristocrates avaient recours h la Mqvoie , et , dans les Actes des Apôtres surtout, ils firent phiroir les ^ngrammes, les chansons sur leurs adversaires , qui tapotaient aux sarcasmes des- déclamations virulentes. Marat, opèeed^hydrophobe, exaltait jusqu'au délire les passions popQbÎKS. En un mot, Téloquence, qui devait régénérer le monde, àtt dopareltre devant la violence des Oalts et le débordement ^panons. Pendant ce temps les émigrés mettaient le roi dans hpiosfnisse position, le forçant d'irriter la nation , qu'il re^ ^imiit, contre une armée en qui il avait confiance; intriguant cf tnesportant à l'étranger les ambitions , les jalousies et les Ofiités de leur caste ; se vantant d'être la nation, et se flattant ^*ca qudques jours de marche ils auraient réduit Paris; M tiosî qu'avec ces menaces Imprudentes , sans force , ils ■ritiwnt leurs adversaires ; à leur instigation , les rois s'ar- ■liesl , et les agitations intérieures en reçurent une nouvelle inpslslon.

L'ceovfedela constitution (ut poussée en toute hâte, le côté MtiTétant refusé à voter. Louis XVI, rendu à la liberté, dé« dm quMI acceptait la constitution. La Fayette fit proclamer ■K amnistie, et le peuple, une fois de plus, se trouva réconcilié •vw le roi.

Latiehe de rassemblée se trouvait donc terminée; cette MemUée, à qui il aurait fallu tant de maturité et d'expérience, ksoe aa contraire, et dominée par les instincts phis.que par la iWMii tourmentée de ce vague besoin d'innover qui fut le canclère et la maladie du dix-huitième siècle, moins ambitieux d'amâiorer le monde que de le refiiire; elle souleva tous les pnUènies du droit public et naturel; ses actes et ses décrets ^déferait jusqu'à trois mille deux cent cinquante.

Dus ledioit naturel s'inspirent du Contrat social et de l'école ^Kvciopédique, elle proclama l'égalité de tous, la liberté des

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opinions religieuses ^ les droits de llioaime et du citoyen. FJie abolit les vœux monasticpiest les droits féodaux etiesjustipes seigneuriales, les châtiments corporels, les lettres de cachet, ki gabelle, les droits d*octroi , les ordres, les titres, les livrées, les classes non libres; elle fonda les ateliers de charité, rendit aax protestants les biens enlerés à leurs aïeux par la révocation de redit de Nantes, supprima Pimpôt sur les juifs, les chasses réservées, les droits.de pâtiàre; elle interdit comme un délit la violation des lettres , admit les hommes de couleur dans les assemblées paroissiales des colonies; enfin tout homme, quelle que fût sa condition, sa race, fiit déclaré capable d*exefoer tous les droits garantis par la constifution. I^ travail fut déclaré libre de toutes dîmes, de toute entrave; ses échanges ne furent plus gênées par des douane^ intérieures; il cessa d'être confisqué par les corvées, ou comprimé par les maîtrises; il devint la force future de l'État.

Dans Tordre politique, rassemblée s'empara du droit de faire les lois, sauf la sanction royale. La constitution établit un corps législatif composé d'une seule chambre, sans s'apercevoir qu'on retourne vite au despotisme quand ua seul pouvoir décide les questions législatives. La couronne fut indivisible et héréditaire, le roi inviolable ; son veto fut limité à deux législatures. Le droit de^paix et de guerre appartint à la nation, et non au roi. Les ministres furent responsables de la plusininime infraction. Le ministère fut interdit à tout membre de l'assemblée. Tout citoyen put siéger dans les municipalités , en payant un cens équivalent à une Journée do'traviiil.

Mais dans Tordre administratif la constitution nouvelle confondit TacUon avec la délibération. Le pouvoir judiciaire fut soumis comme les autres à l'élection ; les jury, les cours de cassation et d'appel, les justices de paix, les tribunaux consulaires et militaires furent institués; toutes les coutumes provinciales furent abolies ; un code rural fut préparé.

Tant d'emplois à donner ou à promettre flattèrent la vanité de ces premiers fondateurs; ils perdirent de vue qu^uû gouvernement sans force ne peut rien pour le bien public, et qu'il lui eu reste bien peu si le choix de ses agents lui est ôté. Des pou-

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TQHS k vie semblaiflot incompatibles avec la sonveraiiieié populaire. Mais qu'allaient devenir les longues études et la pratique aéeesniics au jugé? L'eipérienee a prouvé , depuis « que Finaoiovibilité était ime garantie plus sûre que Télection. Mais alore U allait bien dire au peuple souverain qu'il était infaillible^ cooune on Tavait dit jadis aux rois.

L'oeuvre la plus solide de la constituante fot la séparation des pouvoirs Jodicîaires et administratifs, qioi se confondaient dbns fancien système. La division de la France en départe^ BWDls mettait on obstacle insurmontable au retour' des anciens privilèges provinciaux, et préparait à la France de vigoureux dénents cTttnion, de force et de prospérité; elle facilitait l'unité légidalive et la rapide expédition desafibires, assurait etagicandÎBait la prépondâranoe de Paris,

£a matière de finances, l'assemblée alla en tâtonnant, emr binassée par le déficit et les misères publiques; elle évalua l'imr pkf pennit la libre eirculatîondes grains» établît une banque na-

tiooale. Elle réussit mal dans sa plus importante mesure, la vente éaJucDs nationaux et la création dsa assignats; les assignats , loÉDd^obvierà la banqueroute, ne firent que larendre plus terrible^ L'ordre ecclésiastique fiit révolutionné comme le rester L'État o'admettaît avant 1789 que la religion catbdique; le dcf;gé faisait partie de l'État, etavaitdes terres, de gros revenus, des rigieflients à part. La constituante ue aeconnut plus de. kk ligioa nationale, abolit les dîmes, assigna un traitement au dcrgé; ses biens furent réunis au domaine de l'État; les vases et ornements sacrés restèrent comme dons patriotiques; le pouvoir dvil des évéques fut réduit à un vain nom; les revenus des bénéfices furent séquestrés, les vœux monastiques interdits ou anniidés; tout religiieux devint libre de sortis du doitre* Le département forma un diocèse,, pour que la cirqons^ptioa eeclésîastique concordât avee la cîreonscription civile; tous les foictioniiaires de l'Église furent soumis à l'élection.,, les ecdé-» ûast^nes exclus de tout office judiciaire ; la nation eut te pou« voir de supprimer une cure, un évéché, sans en réféver au saint* si^. On obligea les.curés de lire, en chaire, lea.lois et décrets de rassemblée. Toute buUe du pape (ut eufin déclarée nullci

klBABSAU ST BABHAYE.

si «elle n*arait été approuvée par le corps législatif et sa&ctîoBnée par le roi.

Des questions relativesan droit intematloiial forent diseotéto aussi, mais d*one manière inddente. Grégoire proposa pi» tard à la contention d'en publier un code formel, llsis dicter les lois à toute FEurope, par voie de scrutin, sembla sealneox, même dans un temps où Ton se piquait peu de prudenee.

Af ant de se séparer, la constituante dédda, sur la proporitioB de Robespierre , qu'aucun de ses membres ne pourrait Are réélu. Si, par ce dédntéreseement exagéré, les députés évitaiefll le reproche de vouloir se perpétuer, ils privaient la ncnnik législature des avantages que lui aurait procurés la conoaiama pratique des affttires qu'ils avaient acquise dans te eouis de es trois années ; ils y appelaient une génération uniquement prés» cupée de la possibnité défaire beaucoup plus , et qui, Itvréi encore aux théories , devait répudier les idées de monardôe I fongtalse encore en crédit dans rassemUée nationale, po» aller bien plus loin.

Rien de plus généreux que le premier serment, ries à$ plus magnifique que les débuts ; et rassemblée constituaoU restera, à coup sûr, élenieHemeiit mémorable. Composée de c< que la France avait de plus distingué , elle influa noo-fiesl^ ment sur revenir de ce royaume, mais sur celui du monde entier. Elle fit connaître à son pays des droits dont il n'avait qu^un sentiment vague. Mais bientôt rinexpérienee et les paisions la fourvoyèrent; elle avilit le trdne par ses soupçons, d 6la tout ressort au gouvernement en soumettant tous les emplois à réieetion. Au moment où elle se réunit , le roi pouvait tout* le peuple rien ; lorsqu'elle se sépara , c'était le peuple qui déd* dait et pouvait tout : le roi était réduit à exécuter. Magistrat héréditaire, Il conservait une liste civile de trente millions, la «e/o, le commandement de rarmée, la nomination aux haott .emplois judiciaires et administratif ; mais il n*y avait qu'une aeule chambre. Qu'allait devenir la monarchie, si on neiaiS' sait au pouvoir exécutif aucune Initiative dans le vote des lois, aucun droit de dissoudre la chambre et de faire appel au pays> ptttsqu*» n'avait ni la sanction des décrets relatifs à Timpôt, n«

10YAUST88 ST BVPUBUGAINS. 8dâ

h Domination aux emplois publies et aux grades militaires , à reueptioB «fuo tièt-pelit nombre, ni le pouvoir de révoquer ■ fooclioniiaire séditieux, prévaricateur ou trattre? Treize «H niHe agmls préposés à rexécnti<m des lois, mandauires iveen do peuple , se troavaieiit indépendants du pouvoir acatif : ergsiûation anarehique, qui devait, par réaction, ■mer la eoneoitration ^muMnqae du comité de salut public ^dircaipire. L'a8aemblée,ai eonisquant les biens de TÉglise tl en nobles émigrés, blean le droit de propriété ; avec les Migists, die ruina le crédit ; avec le divorce et tout ce qui patait atteinte à Tautorîté paternelle , elle attaqua la famille, ili eoaitîtnante, après avoir détrait Fanden ordre de choses il JBlé In bases do nouveau , avait compris qu'il ne safilsaît pas k pradamer des droits abrtrailB ni même de donner des Mnvéeb, mais qu'il fallait trouver les moyens d'en assurer la Nmcc et de fortifier le pouvoir social , elle n'aurait cessé fte bénie. Elle débuta, au contraire, par une absurdité, et itabootitàranarehie'.

inave et ses amis recommandèrent au roi de demeurer Wià la constitution, et a y paraissait déterminé. L'assemblée i iépaa (10 septembre) en déolarant la Révolution finie , ^à an contraire le seul corps quiçAt encore la centenir

' Yaid u pavage de la Càrrespondanee secrète (fe hltrabeau qui ■Ue éaBBcr le fbod de sa pensée sur roeovre de la eonsUtuante *. ■ Jtwisqae les légishteuindc la coasUtutîon , consultant les craJntea ^ usaKat pMet qoe revenir, bésitant entre le 'pouvoir royal dont ^■dniluit llttfluenoe, et les formes républicaines dont ito prévoient le' ^» craignant même que le roi ne déserte sa luMite magistrature, Ile rcaille reconquérir U plénitude de son autorité ; je sais qu'au mi- ^ ^ cette perplexité , les législateurs n'ont formé en quelque sorte "'fce de la constitution qu^avec des pierres d^atteote , n'ont mis nulle *lb def de voOte , et ont eu pour but secret d'organiser le royaume ^^tnière qu^Us pussent opter entre la république et la monar- ^<f fw ië rofauté fût conservée ouinutile, selon les événements, *i kl réalHés ou la irasseté des périls dent ils se croiraient menacés. ^t^jevmudedàreest ie $M â'ttiw çrmnte éM^me,

356 A8SSHBLBB L^ISLATIVE. '

ASSEMBLÉE LÉGISLAnVB. ^ LA GONTENTIOH.

L'assemblée oonstituaote 8*était laissée guider par la mél pliysiqae de Sieyes; rassemblée l^slative, qai lui sumli se dirigea d'après celle de Coudoroet. Aucun noble ne siégv plus au c6té droit , non plus que les hommes courageux et di tingués de la représentation précédente ; on y voyait seoleoMi quelques partisans des principes qu*elie avait proclamés, i qu'on appelait les constitutionnels. Les membres de la gaoehi exaltés par Tesprit d'opposition, animés de désira queTeip rience n'avait point éclairés, allaient répétant que ronan opéré peu, et h regret. Comme les députés de la Gironde i faisaient principalement remarquer parmi eux, on leur dom le nom de girondins, ils avaient pour chefs le républMsin philosophe Gondorcet, et Brissot, à la fois disciple de Roih seau et d'Helvétius, qui prêchait le Contrat MockU et riadiii dualisme. La loi , selon lui , s'éloignait moins du droit qiua elle était soumise au vote de tous : d'où il concluait qo'Uùl lait détruire la centralisation du pouvoir. C'était en cela <]i consistait la théorie des girondins. Madame Rolland, eell femme éloquente et belle, élevée à Tantique, inflexible dss ses idées , était Tâme de ce parti nouveau , et maintenait aoM d'elle, avec l'égalité républicaine , une politesse qu'on ne res contrait plus ailleurs.

Les girondins , disciples de Rousseau, hommes de lettret métaphysiciens, après avoir voulu abaisser la moDaRèi alors qu'ils formaient le câté gauclie de l'assemblée législatif' voulurent abattre la Montagne, lorsque plus tard ils se trauvd rent devenus la droite de la convention. Us n'acc^taieatpa •les dures nécessités de la justice sociale, ni les grands atttf* tats que d'autres jugeaient indispensables au salut de la sodété; ils n'osaient tenter les mesures violentes, et ils protestaiesl contre les outrages ûiits à rhumanité. Mais , essentieUemest classiques, ils ne comprenaient pas même le sentiment religieia- Ils pelaient de vertu, tout en niant Dieu, sans qui le mot vertt n'a pasrde sens. Ils parlaient de iaN»1ë, et ils niaient la jusIiM

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