‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 78 sur 127 · LES JACOBINS A NAPLES ET EN PIEMONT. - SECONDE COALITION · texte numérisé non relu

LES JACOBINS A NAPLES ET EN PIEMONT. - SECONDE COALITION

Catherine II, qui depuis trente-quatre ans régnait despotkg» ment sur le ?]ord, avait terminé ses jours.( 16 novembre I79(X Son fils Paul Pétrowitch , son successeur, voulut que les Art railles de sa mère fussent une expiation ofiferte à la méaioiretl Pierre II! : il â« tirer ce malheureux prince du tombeaa, l> socia aux honneurs funèbres raidus à Timpératrice , et le dépoli près d'elle « réunissant après ieur mort ceux qui aoaieni^i séparés vivants* Orloff, l'un des meurtriers de Pieire, dot^j sister à la translation de ses restes. La contrainte où il avait véi| sous sa mère, dont il n'était pas aimé, avait rendu le jesÉ empereur d*autant plus jaloux de l'exercice d*un pouvoir sm bornes : aussi le poussa-t-il jusqu'à ('extravagance. L'omissilll des moindres formalités était un délit qu'il châtiait avec séift rite; il défendit les chapeaux ronds et les pantalons; le o^ magasin disparut sur les boutiques , pour être exdusiveoMift réservé aux approvisionnements impériaux. Le peuple n'ajfiA' pas besoin d'avertissement, disait41 , il prohiba les jiteriit' sements au peuple^ parle médedn Tissot. PuénUtésQui' seraient que ridicules, si elles n'avaient pas eu pour cortège !• bourreau, le knout, et la Sibérie.

Fort indisposé contre la France , son gouvernement et écrivains, il accueillit les émigrés, leur accorda dessecoofsi des pensions; mais il leur ordonna d'aller deux à deux à I messe, de communier à Pâques. Il ne châtia ni ne diâ point cependant ceux qui avaient pu lui déplaire; il aimait à i»l compenser. Il s'occupa de procurer l'abondance à la capitale, d

SKCONDE COALITION. lOd

l'ukase qui ordonnait la levée d'un homme sur cent. Il iHMiit la liberté à quatone mille Polonais «elégués par CathelÏM dans les provinces d'Asie, restitua à Tordre de Malte ses kicDs séquestrés , améliora l'armée, et supprima différents abus « eooime celui qui astreignait les soldats au service domestique faoffiders.

P»i suspendit l'exécution du traité par lequel Catherine s V ttgnit à fournir soixante mille hommes à T Autncbe , et, penént les négociations de cette puissance avec la France, il voulut gxder une position neutre. Mais l'Angleterre et la cour de Tmm parvinrent à le faire renoncer à cette neutralité. Élu inieeteur de Tordre de Malte , il songea à se faire le chef de la Biltae européenne, menacée dans son existence; il prit à sa Me le corps des émigrés de Condé, et se mit entête de réta-» Krai Europe l'ancien ordre de choses. Mats l'empire avait iip souffert -, et si ceux-là qui avaient été dépouillés désuraient .fcgiierre, elle était redoutée des autres, à qui TAutriche n'ina* finit plus de ccmfiance. Cette puissance était tentée de recom-

la grande lutte : elle espérait toutefois dans les aégo^

de Rastadt ; mais en même temps elle sondait les autres Bien que Berlin fût le centre de toutes ces intrigues, la

gnrdaît les plus grands ménagements, tout occupée Vcmpédier la contagion révolutionnaire de passer de la Holhadeet de la France au sein de ses Ëtats.

Us Français avaient fait dans les pays conquis force pro-

>Mises que les fiaits avaient été loin de réaliser; et les idées de

ftoté et d'égalité qu'ils y avaient proclamées, entendues par

Ik populations dans le sens le plus matériel, y rendaient le

gMireniement difficile. I^ désordre était grand en Italie, ou

tns se croyaient le droit de commander, et où personne ne

Miait accepter Tobéissance comme un devoir. Les peuples

Méat mécontents des administrations municipales, et cdies-ci,

p anaées et des ambassadeurs de la France. Les rois avaient

Mris courage en voyant que les républiques, en fait de finances.

Vêlaient ni plus habiles ni plus probes qu'eux-mêmes ; les ré*

lobticains dierchaient néanmoûm à soulever les pays enooro

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110 LES JACOBIHS A HAPIES ET EH PlÉMOirT.

Dana la république cisalpine , le commandement milîtaiii éuît passé à Brune, après le départ de Berthier; et Taniiii secondait les exagérations des jacobins, qui dominaient ta les conseils ainsi que dans les légions lombardes, oomnuBdiM pai'Laboz.

Les officiers s'y conduisaient avec insolence , comme ea pqi conquis, y faisant des réquisitions, et le taxant «ans cndéénire de motife. Des traités honteux étaient eondus ane ta commissaires des gUerres; Ftet^najor recevait dote iDeiclé4fli ttunitioonaives une rétribution de quaire pour cent; on MbH figurer sur les cadres le double des soldats effeetift, et rÉM avait à payer ces malversations. La division en déparlennii multipliait les fonctionnaires et les dépenses; le nombre él représentants de la république était énorme^ et la onpiditéièi déprédateurs insatiable. La France avait fait alliance afie k république cisalpine, eu s'obligeant à y entretenir un eoiptél troupes pour sa défense , moyennant un subside annuel de dii huit miilioDS. Si l'on objectait quelque chose à ces exigeoeHi on répandait que la France avait créé cette république, 91'dk pouvait la détruire , et qu'on ne donnait pas la Hberté aux gflSI pour leurs beaux yeux. Les Cisalpins « chez qui avait gna| famouT de l'indépendance , se récriaient contre les torts de H république française , et repoussaient une alliance onéreuMl La France résolut alors de restreindre aristocratiquemeath constitution du pays, comptant pour cela sur le coneoun éd ambitieux et des esprits aigris.

Le directeur Barras touchait sa part dans les ooncnsiioDS Ad commissaires des guerres; il accueillait et encourait ^ exaltésftoais ses collègues étaient d'honnêtes gens. LareveHiM fit décider qu'un ambassadeur français irait résider àililaa,^ travaillerait à modifier la constitution. Le choix tankt stf Trouvé, jeune liomme plein d'esprit et d'ardeur. Mais les psi trietes, voyant que la réduction des emplois entraînerait lev «^ ohision , jetèrent les hauts cris , et s'appuyèrent sur les offieili| pour oontre-carrer l'ambassade, autour de laquelle se presai^l les modérés. Cependant Trouvé en vint à ses fins, en déptoyisi toute l'autoiité dont il était revêtu. Il donna une nouvelle eoo*

SKCÔNDB GOAIITIOH. 111

(80 aoAt) , qui rédaîsit le nombre des repvéflentants de ieraoent quarante à cent vingt, en désignant les membres à mtterver;etil régularisa TlmpAt. Peu après, Fouché, ancien JHsbin et complice de Barras , envoyé oomoM ambassadeur, koolevena tout de nouTeau ^en laissant foire Bnme et les baïon« •eNei Le Directoire ne tarda pas à le rappeler ; et Joubert, qui Isreaiplaça, létablit rorgamsation de Trouvé. Ces cbangements ttatioiMb montraient rasservissementdu pays; aussi se forma* Mon parti qui voulait l'affrancbissement, mais sans interven-* In étrangère; il prit le nom de Société des Rayons : Bologne H fit le centre.

UcoBSlîtotion de Rome ftit un peu mieux entendue : les laDMâs, le sénat , les tribuns, exerçaient sur les imaginations I Me la puissance des souvenirs. Le peuple ne savait pas oepeniMi>^£iiçomier; les employés demandaient des loisirs comme plk; on aimait les places, mais non les obligations qui y sont ttadiées. L'administration des flnances cependant savait mettre fRlqueofastneleaux déprédations; le militaire était refiréné par M eemmission dont Tautorlté déplaisait aux états^majors.

Lei méeontenle trouvaient un appui dans le Directoire lui- Mtae, dans Lucien Bonaparte surtout, qui voulait rendie son Hnoéeessaire; etilen i^feuttait des dissensions intérieures, Irtus i éclater aux premîen désastres.

On voyait, en effet , tes armements se poursuivre au dehors ; Hli diplomatie anglaise parvenait, avec une habileté merveil- Imm, i former la coalition la plus extravagante entre FAngle* tfte , la Russie et Ilaples. Ferdinand , roi des Deux-Siciles, rui- M depuis quatre ans ses États, en tenant sur pied une armée kMiledesoixante mille hommes; il multipliait, pour y faire foce, kiexpédients les plus onéreux , émettant du papier-monnaie à ptfiiiion, enlevant hommes et chevaux à Tagriculture, pour les pKé périr de fatigue et d'épidémie. Il se récriait contre Foccu* iMiSB de Malte, contre celle de Rome , où il prétendait rétablir à lliisol les choses dans leur premier état. I^ marquis de Qallo, %antvu une longue liste de proscriptions qu'il méditait, lui dit: ^^tttoyet'Utfaireun voyage en France; et s'ils sont jacobins, Kl reviendront royalistes. Riais Ferdinand était poussé par Mel-

lis LBS JACOBINS A NAPI.BS ET KR PIÉMORT.

son, qde retenaient à Napies les séductions de lady HamilKtt; Après avoir trafiqué de ses charmes en Angleterre, etseni k modèle aux artistes, Emma Leona était devenue la femme k Tambassadeur Hamilton , qui se déshonorait par la plas abjecte complaisance. Ferdinand pressait le Piémont et la ToseaM k s'unir à lui contre la France; le prince Belmonte PigDatelli,iai général, écrivant à Priocca, ministre du roi de Sardaigae^luid^ mandait pourquoi son mettre tardait à s'afifranchir de traités f» la fdrœ lui avait imposés, et il ajoutait : « Est-ce dooe «dm» « sassinat que d'exterminer ses tyrans? Les Français 8*eo veil « sans défiance , et disséminés dans le pays. Excitez contre cv « la fureur du peuple; que tout Piémontais ait à coeur defri^ « per un ennemi de la patrie. Ces meurtres partiels vaadroil « mieux que des batailles gagnées; et la postérité n'appellen « pas assassinats les actes vigoureux d'un peuple qui , pour i» « couvrer sa liberté, foule aux pieds les cadavres de sesoppn» « seurs. »

Cette lettre (si pourtant elle ne fut pas supposée) fut iM ceptée par les Français et publiée : le Directoire s*en fit un pté^ texte pour mettre garnison dans la citadelle de Turin. Delefl côté, les patriotes multipliaient leurs efforts pour soulever k pays. L'Autriche devait mettre en marche soixante nûll hommes, que les Russes allaient suivre de près; Napies ei promettait quarante mille; et les Anglais se chargeaieotè fournir de l'argent, des armes, en même temps qu*ils iofeil» raient les côtes avec leur flotte. Napies leva en toute hâte lui hommes sur mille, et réunit ainsi soixante-quinze mille sokMH il lui fallut en confier le commandement à un étranger, leg^ néral Mack. Il divisa ses forces en trois corps : l'un destiné i couper la retraite de l'ennemi par Ancône, vers la Cisalpine; l'autre, à protéger la Toscane, où les Qottes anglaise et port» gaise devaient occuper Livourne; le troisième, à assurer ii triomphe de Ferdinand dana Rome. L'armée française k Rome avait à sa tête Championnat; mais elle se trouvait disa^ minée, pour assurer sa subsistance. Les Napolitains pouvaieal donc la surprendre dans ses positions, et faire sortir ains TAutriofae de son hésitation. En effet, si Mack était venu pal

SBCONDB OOÀl^lTIOIf. 113

narche rapide se poster entre Rome et Tranî , il aurait s^iréraile droite des Français de leur aile gauche, et, venant àboatd*eui séparément, il aurait soumis la moitié de Tltalie, Au lien d'opérer ainsi , il divisa ses corps en colonnes, d'après FaneieDiie méthode, et entra dans Rome (29 novembre). Le ni Ferdinand, dans la joie d'un triomphe pour lequel il ■'arsitrien f^it, se hâta de rappeler le pape. Mais les soldats •lia populace commirent de déplorables excès ; la ville fut 11* née an pillage; ils jetèrent les juifs dans le Tibre, dévastèrent ht dumibres du Vatican, et firent main basse sur ce qui avait^ pu édiapper de précieux à la rapacité du Directoire. Pî^telli disait dans une proclamation : « Les Napolitains

* ootSQoné les premiers Tbeure £itale des Français , et du haut

• da ûpiiole ils annoncent à l'Europe que les rois se sont ré* «HiUés.LeTez-voa8, Piémontais! brisez vos clialues, écrasez ■ «M oppresseurs. » En même temps on déclarait à la garnison da ebâteau Saint-Ange que chaque coup de canon qu'elle tire- Nît ferait livrer à la fureur du peuple un des Français blessés.

Cbamplonnet se retira en concentrant ses forces; mais il ittint bientôt victorieux : 11 rentra dans Rome , d'où Ferdinand 'eninit travesti ( décembre ) , et songea à prpfiter de ses succès |Mr frapper le royaume de Naples. Cet État possédait une tteeUcnte frontière, qui s'appuyait à Terracine sur la Méditernaée, à deux marches de Rome. Cette frontière s'étendait au tBMre entre Rieti et Civita-Ducale , à cinq lieues de Terni , et Mprokmgeaità droite vers l'Adriatique, ce qui formait une %De de cinquante lieues, impossible à tourner, puisqu'elle ifcootissaitdes deux côtés à la mer. Si l'ennemi se dirigeait sur Terracine et Rome, les Napolitains pouvaient le prendre à Kven par Rieti et Terni , et occuper les routes qui conduisaient 4 Foligno. S'il forçait le centre ou la droite, il s'engageait dans fa montagnes et des gorges difficiles ; s'il négligeait le Tronto <t les bords de l'Adriatique, les Napolitains pouvaient être en fan jours à Ancône '. Comment se fait-il donc que de si belles positions aient toujours été inutiles ou emportées?

' Mémoires de Sainte' Hélène,

1 14 LBS JACOBINS A HAPLEt BT BN PUMONT.

ToojoQrs est-îf qae Mack ne sot pas en profiter. Tonnant honteuseflient le dos, il ne s'arrêta qu'à Gapoue et sur laligm du Vultume. Le peuple de Naples, saisi de fureur, deniaiHb des armes, qu'on lui donna; et il se rendit mattre de la liUe, en criant qn*on le trahissait. Alors le roi, la reine, le mioiMia Acton, s'embarquèrent sur la flotte de Melson, et firent voiis pour la Sicile, emportant vingt millions et les joyaux delaeoa* ronne ', sans donner d'ordres, abandonnant tout à la moâ d'une populace avide et de citoyens irrités. Ils firent mettre b feu aux vaisseaux et aux brûlots restés dans le port, cobon s'ils eussent craint que le peuple ne tentât une déifense mgB^ nime, dont ils se sentaient incapables!

Les paysans insurgés arrêtèrent Gbampionnetdanssa onrcfaii mais Mack, qui ne sut pas profiter de l'éta» populaire, condil avec lui un armistice (If janvier 1799) par lequel il liniit Capoues en payant une eontributîoB de huit millions. Le peiipls jura, par saint Janvier, de mourir ou de chasser les Ffastaiii Ceux que le roi venait d'abandonné, dans la criinte d'm être trahi , se firent ses uniques défenseurs. Le tmnalte H au comble dans I^aples et dans l'armée , à tel pinat qm Mack se réfugia dans le camp ennemi, et que Ghampionnstll marcher les jacobins sur la ville. L'assaut fiit eitiéoienieil meurtrier; le peuple continua de réôster, alors même qw la général français était déjà maître par trahison da châteaa Ssist- Elme. Mais les bons traitements dont il usa envers un des cbdk prisonniers, et le respect qu'il montra pour saint Janvier, é^ terminèrent le peuple h déposer les armes.

La république perthénopéenne fut proclamée au miliea 4e cris de joie, sous lesquels les gémissements, les protestations et les plaintes se perdirent. Ceux qui étsient persécutés piireatk dessus, et les troupes françaises se donnèrent jusqu'au oon d'armée napolitaine, « pour combattre avec les Napolitsiot « et pour eux ^ ne leur demandant d'autre prix de leor se-

■ Diaprés la correspondance de Nelson , les seote bijoux emâé^ f^ la reine à lady Hamilton étaient d'une valeur qui dépassait deux rnHix» ée (ivres sterling.

$BCONI>B COALITION. If S

« eoon que leur affection et leur eonfiance. » Ainsi s'expri* mit Qiampioonet, et partout ce n'étaient que fêtes , acclamatioDS, arbres de Hberté : saint Janvier ioi-méme , traité de cito^vB, fat coiffé d'un Imnnet rouge.

Mais la liberté était cliose inaccoutumée , et i^égattlé pHi» fiKore, dans ce pays de monarciiie alMSolue , de féodalité tenace, dlgnoraoœ fatigue, qui n'avait pas conquis laborieusement; son iodépéndanee , mais qui l'avait reçue en don. C'était fetre tidosser an peuple napolitain un vêtement taiHé pour tin autre* fK de hii imposer la constitution française.

Les Sdéîcommis et les biens féodanx, source de contestationa avec les communes , furent immédiatement abofis. Les juri*tfeUois baroniales avec tout leur cortège furent supprimées,, ainsi que les corvées , les dtmet, les chasses réservées , les titrek» de noblesse. On corrigea les abus ded banques , où Ton abolît ine gravide quantité de papier-monnaie; les droits sur le pkma , les fiirines et la capitatlon furent supprimés. Mai$> b précipitation gâtait le bien; les finances se trouvaient bouke- ^tnéa par la suppression des taxes, que rien ne venait venifhcer. Les vingt-quatre membres dont se composait le gouftrnement, parmi lesquels figurait le philosophe Mario Pagano, paraissaient pusillanimes , parce qu'ils ne pouvaient suivre dan» ^ élans un peuple en révolution.

Cependant la France imposait à la nouvelle république une tetribution de dix-huit millions de ducats; il fàlhit les lever itr force et d'une feçon arbitraire; à ceux qui réclamaient ^ répondait : Nous (axons topinion. On fit main basse sur '^■^terie et les ornements des églises ; le peuple murmura, SChampionnet le fit désarmer. La disette, cortég? ordinaire fa désordres politiques, se faisait sentir; et les déclamations impenses, les allusions à Claude et à Messaline , dont on eiW '^Kteoait les lazzaroni , en leur parlant des droits de l'hemme, fa destinées de l'Italie , n'y remédiaient guère. Les démoera* ^teursy comme on les appelait, étaient bais dans les pro* ^ces , où ils plantaient des arbres de liberté et levaient de ^>n^t. Le ministre de la g^ierre avait déclaré « que qui** * eoRQue avait servi le tyran n'avait rien à espérer d'un gou-

lia LES JACOBINS A NAPLES ET EN PIEMONT.

a vernenieiit républicain. » En conséquence, toute Taiieiaiae armée et les bomroes d'armes des barons , qui auraient procon une milice exercée , restèrent sans pain , obligés de se £ûri mendiants ou bandits : aussi regrettaient-ils Fancien got* vernement.

Le Directoire vit de mauvais oeil Championnet se donner ds airs de législateur, et il envoya Faypoult pour administrer 11 partie économique. Mais le général , qui croyait avoir acquis le ' droit de tout faire dans un pays conquis par ses armes, cas* manda aux commissaires de se retirer. Cet acte d'autorità amena sa destitution. Macdonald , assisté de Faypoult, le remplaça , et déclara dévolus à la France les domaines de la ooik ronne , les biens des ordres de chevalerie, ceux des moDastérei^ «t les antiquités. Mais ces propriétés , enlevées au roi et corporations, ne devaient-elles pas revenir à la nation?

Les Français, se donnant carrière, envahissaient les E de Lucques avec Serrurier , puis avec Miollis. Les dém^ crates, encouragés, demandèrent une oi^anisation populaire^ et elle leur fut donnée à la française. Pie VI paraissait tn^ rapproché des États qu'on lui avait enlevés. La Toscane cit donc à rendre compte de Tasile qu*elle lui avait accordé, aiaa que de rentrée des forces napolitaines dans le port de livouroe: en conséquence, le pays fut occupé. Le grand*duc partit pou Vienne; Gautliier entra en Toscane, Miollis à Livourae;la émigrés français furent chassés; Pie VI se réfugia à Parme, H de là à Valence en Dauphiné, plus dignement escorté dans 9 noble infortune par les marques de la sympathie populairei(p* par les démonstrations de cour dont il avait été Tobjet lors <ic son fiistueux et humiliant voyage à Vienne.

Le Piémont était tour à tour agité par les novateurs etptf les fugitiÊ, qui ne faisaient toutefois que multiplier les vidùntt Mais les rois coalisés stimulaient en vain Charles-EmmaDod • fidèle an traités, ce prince était résolu à rester l'allié deb France, bien qu'il fût loin de Paimer. Près de lui résid»ti comme ambassadeur, le littérateur Ginguené, chaud etsiortsc républicain, dissertateur élégant, à qui les belles promesses d« coûtaient rien. H savait que le Directoire voulait p^re le roi;

SECOIIDE COAUTiaif. 117

i le traitait-il avec la plus dure exigeanoe. Une fête fut

doDDée à la cour, et il y envoya sa femme en simple pet^n-rair^

n perfeetionDait Fart des petites persécutions , et tenait les no-

Tatonrs en haleine. Les soulèvements ne tardèrent pas : Gènes

ks leeonda sur le littoral , la Cisalpine sur le lac Majeur. Un

eombat fat livré près d'Omavasso ; niais les troupes royalea

tarait le dessus , et la loi martiale frappa beaucoup de gens

à Domodossola. Le ministre Priocca fit des remontrances sur

tm provocations ; mais la France prit le ton de l'offensée ,

pria de stylets, d'émigrés, de barbets, de conjuration pour

les Français. Elle intima au roi Tordre de cesser les

contre les patriotes , et les expéditions contre les

ianrgés de la Ligorie. Les exigences s'accroissaient chaque

fnr; il £adlait avilir le roi avant de l'écraser. On réclama enfin

h Im qu'il laissât occuper la citadelle de Turin, et il fut obligé

ij consentir (3 juillet) : il se trouva ainsi sous le canon français,

H eontraint de désarmer. Les patriotes reprirent de Taudace,

H vinrait mettre le siège devant la ville; mais ils furent re-

iMsiés avec perte de six cents des leurs. Leur nombre s'accrut

Hpeiidant de tous côtés, et les insultes dirigées contre le roi

lièrent toujours croissant.

AuasitAt que le Directoire eut connaissance de la nouvelle Miition formée contre la France, il pensa que Charles-Emmand aurait à coeur de se venger : en conséquence, Talieyrand àat^ Joubert , qui commandait dans la citadelle , de ren« ittier ce gouvernement. Le général, ne pouvant obtenir l'abieatioQ du roi, formula une série d'accusations contre lui : il il venir de la république cisalpine des troupes qui passèrent le îttn par précaution; et le gouvernement ayant exhorté les citoyens à demeurer tranquilles , elles occupèrent toutes les fciteresses, et firent les garnisons prisonnières.

Charles-Emmanuel protesta et abdiqua (9 décembre). Il fut ottgé de livrer aux Français son ministre Priocca , le seul opable de le conseiller utilement. Arrivé en Sardaigne, il re- Mvela ses protestations contre la violence exercée à son ^rd. U goovememrat populaire fut institué en Piémont, ou, pour tife mieux , le gouvernement militaire. Les chefis de âtmillcL

1)8 LBS JAGOBIIIS A NÀPLEt ET KN PIÉHONT.

nobles furent envoyés en otage à Grenoble; lés objets pvéeieiii et les joyaux de la couronne « que le roi avait laissés intacts, furent enlevés; on brûla sur la plaee du palais les titres de oo* blesse, et Ton demanda la réunion du Piémont à la Fnnee.

Mais la France n'avait plus sous sa main le général en qui die avait mis son espoir, et Torage menaçait de tout côtés; la Russes étaient entrés en Moravie , et les principes de Ubeilé et d*auiorité allaienjt de nouveau entrer en lutte.

La loi de la conscription , votée sur le rapport de Joantat astreignait au service militaire tous les Français de vingt à vingt-cinq ans, sans exception, au ûir et à mesure des besoiii^ en prenant d*abord les plus jeunes, mais sans distinctiaQ d^lgi en temps de guerre. Le plus difficile était de trouver de raorpil pour les entretenir : on recourut aux expédients ordlnsiresi fâ eurent les mêmes résultats, c'est-à*dire d'enrichir les balte, et d'appauvrir le plus grand nombre.

La France se trouvait dans une position difficile : sa meflleosa armée et ses meilleurs généraux étaient en Egypte, et il ne M. restait pas plus de cent cinquante mille hommes effectif. Lss finances étaient épuisées , par suite de Tabolition des dnits indirects; la perception des contributions directes, confiée ami communes , avait aussi diminué notablement les revenoa. Il y ' avait peu de subordination; la lutte continuait ttitre les difi6-^ rents partis; l'administration était livrée à des mains infidèle^ ' et les dilapidateurs faisaient seuls leurs afûiires dans ks pays protégés, c'est-à^ire asservis.

Les grands généraux étaient éloignés ou morts ; Moreau énft suspect. Jottbert et Bemadotte refosèrent le commandemeaty parce qu'où voulait mettre des bornes à l'autorité diacrétionoaiiV des états-majors. On jeta alors les yeux sur Schérer, nrinisim de la guerre, qui s'était signalé en Belgique et dans les pt^ mières campagnes d'Italie, pour commander l'armée dltdie; mais il était âgé et peu goûté, parce qu'il réprimait la rapadt6 militaire. L'armée de Naples fut confiée à Macdonald, eelleéa Suisse à Masséna. Jourdan alla commander sur le Danobe, Bemadotte sur le Rhin , et Brune en Hollande. Ainsi eetts ligne d'opérations s'étendait du Texel au détroit de MeasiM ; car

SECONDS COAUTIOIf. 119

■e kngiie «périmée n'aTait fias encore appris, en démontrant k miable natuire de ces contrées, à concentrer les années, et à porter les coups décisifs sur le Danube.

Le congrès de Rastadt , où Ton trafiquait du sort de TAUe- ■agoê, venait alors de flair (38 avril 1799) ; et les plénipoten* timi français, asniliis au moment de leur départ, avaient élé ■assacrés. Tout ce qu'il y avait d*lioromes loyaux parmi len AUcmaods se bâta de décliner toute complicité dans une infiimie fK Ton imputait à rAutriche ; et Tarchiduc Charles promit à Uméùà de punir les hussards autrichiens, qui avaient été les Meurs de cet assassinat.

L'influence anglaise décida Paul 1^ à déclarer à l'Espagne me guerre tout à son profit; car FAngleterre ayant tout à sans avoir rien'à perdre, étendait son eommetoe et ses ; elle brûlait d'y i^ter l'Egypte , la Sicile et la Mmde. La Russie songeait sincèrement à rétablir les mo« tmftm détrônés : il n'en était pas de même de rAutriche, qui lIMt pour mobile que ses convoitises, et l'espoir de se pro* Mff une meilleure ligne tant en Suisse que sur le Rhin.

Bénhie à tenter un dernier effort, l'Autriche pouvait mettre m OMWvement deux cent vingt-cinq mille hommes; plus, les iMveUes levées. La Russie y ajoutait soixante mille hommes Hnandés par le fonatique Souvarow, à qui l'intrépidité tenait Ih de génie, et qui suppléait à l'art par le principe d'aller tapsofs en avant. C'était une armée terrible que la sienne, sans httnietion et sans artillerie, mais se faisant tuer plutôt que de Mer; civilisée dans les che6, barbare dans les soldats ; ayasit Kl kn toute la force que procure la barbarie au service de tadiigenee. Mais le plan de la guerre avait été conçu à tienne hpiés Taneien système, et l'Italie en était le but principaL On Hait ftit moins d'efiGorts sur le Danube; mais le prince Charles reogunandalt Jourdan, qu'il avait en ûice de lui, n^avait a sa fapontioii que des moyens extrêmement ûdbles : il passa teraoins le Rhin (t*' mars). Blasséna envahit le pays des Msons, qui avaient appelé les Autrichiens. Chargé de défendre I ligne de Dosseldorf au SainUGothard , il prit une forte ■aaitîon derrière la Limât; et les premiers engagements forent

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