‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 80 sur 127 · CHUTE DU D1BBGT01BE · texte numérisé non relu

CHUTE DU D1BBGT01BE

i Venlerio, à Cassano, et le pays fiit mis à feu et à sang [>ar les Cosaques. Moreau ne parvint qu'avec beaucoup de peine à coofrir Milan jusqu'au moment où les patriotes Tévacuèrent ; et il se dirigea sur Gènes , d'où U pouvait regagner la France et donner la main à Macdonald , qui venait de Naples. Souvarow Momphait à Milan (29 avril), au lieu de le poursuivre. Miho , la république la mieui organisée de celles qu'on venait dlmproviser, le foyer d*où la révolution s'était répandue en Ibfie, se trouvait livré à une armée avide de vengeance. Adiey fies, solennités, discours, journaux! des habitants, les uns iToifiBrent , d'autres se cachèrent ; beaucoup se hâtèrent de «Mer le pardon de leurs nouveaux maîtres. On releva les cm, les autels et les armoiries; les terres des jacobins furent Ifcqgées, au cri de f^iœ la reHgion! viœ François II! Ceux fi, grâce à la modération de leurs opinions, avaient cru poutMr demeurer, furent envoyés prisonniers à Cattaro, à Sirmich ; hipenécutions publiques et domestiques commencèrent, et le» Irises, aigries par trois années d'humiliations, profitèrent d'une Inre de triomphe pour s'assouvir.

Kaedonald accourait deNaples, après avoir laissé de faibles Jtonsons dans Capoue, dans Gaëte et dans le fdrt Saint-Elme ; ii^oeeupait chemin faisant de raviver l'esprit républicain, qui ^gnasait en Toscane : le cri de f^ive Ferdinand! s'y était fiiit Wendreavec une fureur inaccoutumée, surtout dans Arezzo tt dansCortone. Ces deux villes osèrent résister, cequi lui coûta ti temps précieux, et lui fit manquer le moment de joindre ■ûreau , qui devait déboucher de la Rocchetta. Ce retard permit â Souvarow de se poster entre eux avec des forces eonsidérables ins la plaine de Plaisance. Une bataille acharnée, qui dura Ms jours, fut livrée sur laTrébia (juin), à la suite de laquelle kKdonald fit sa retraite sur Gènes par un autre chemin, et résigna la France.

Xoreau ne pouvait agir énergiquement, lié par les ordres du ttfeetoire, et obligé d'attendre Joubert qui commandait quarante ■iUe hommes déterminés. Mais Alexandrie et Mantoue se renfcnt (juillet). Kray et Souvarow firent leur jonction, etJoubert 20 ùt que la ressource de se réfugier dans l'Apennin : il fiit tué

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à Novi ( 15 aoûl), dans la bataille la {ilua sanglante qui ae lil eoeore livrée. Moreau, qui lui succéda, fut battu comme U Championnet était "descendu avec plus de succès sur le Piémos par Cuneo ; mais il essuya une défaite, et eut le sort de JouM Les Autrichiens s'emparèrent de Cuneo et de Tortone. Toula la places fortes tombèrent avec une telle rapidité, quekuiseM mandants furent accusés de pusillanimité ou de comiplieB.

I^'administration de Turin se réfugia à Pignerol, et ttNUftl bouleversé. Souvarow répandit TefCroi par ses manifesteB; Bni daUicioni , à la téta de bandes ramassées dans le Cananis,! qu'il appelait masses chrétiennes, alla piller et forger lesiifft blicains, et arracher les arbres de liberté, qu'il rempla^ pv iâ croix. La garnison insuffisante de Turin , attaquée par Woil» sowitch (juin), ne put tenir longtemps; et les CosaqaB«lll Pandours y commirent des atrocités. Les prisons se reni{M d*otages ; le pays, que désolait la famine , fut inondé de pipa»> monnaie; et les alliés ne pensèrent à rien moins qu'à r«BtiH| le Piémont à CharlesrEmmanuel.

Pendant la courte existence de la république partbénopéeosii Naples avait eu peu à s'en louer; car la née^ité des innM tions , et plus encore les exigences de l'armée d'occspitifla| avaient pesé sur beaucoup de gens. Les Bourbons af étaient eobf honteusement, alors que leurs forces et leur trésor oore intacts , en laissant un grand nombre de partisans au roi qui les abandonnait, et autour desquels se groupèreotfV à peu les mécontents. Les prêtres et les mmaes excitaient lB| populations contre les patriotes, et des actes atroces se com mettaient journellement. Pronio et Rodio, chefs de bandes dmà lesAbmzzea, ne cessaient de harceler les Français. Dassll terre de Labour, Michel Pez^a , célèbre sous le nom de ÏU Diavolo , et d'autres encore dans les provinces , se compiaisal au meurtre , allaient jusqu'à boire le sang et à manger b ebail de leurs victimes; le roi appelait ces gens-là « amis 9t^ vaux. » L'insurrection était orgBuiisée dans les Calabrei («r h cardinal Ruffb, qui, maître de forées considérables, envahit ea contrées, et y exerça d'horribles ravages au nom delà Saiotti Foi. Pendant ce temps , les bâtiments anglais et napolitains iât

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faillit MWlever le^ttoral; la flotte turoo^russe, qui assiégeait Mm , imnaçait de se diriger sur Tltalie ; Nelson inquiétait iHidt la Toscane, tantdtta Romagné; des troupes nombreuses élunt attendues de Sicile pour renforcer Tannée de la Sainteféi. LsB commnnîcatîons entre l'Egypte et la France étaient ÉMmwpiiesç bêtinients et passagers étaient capturés par r«Qsaû.

I^vee fat au gouvernement répnblieain de Naples de sortir iiladsrinaetioiidanslaqnelle Fentretenalent sa confiance dans kUenqia'ilcrojaîtavoir&it, et son désir d^épargner lesang.La pnre cirile édata avec fureur sur tous les points ; mais les pa« ttoks avaient contre eux les déplorables nouvelles qui arrivaient datooetlés. Du moment où le Directoire eut abandonné (mai) il i^Mique parthénopéenne à elle-même, les Napolitains cru-* natavoir acquis réellement la liberté , et ils confièrent le corn- Mriement suprême à Gabriel Manthoné. Cependant les partis inaoïtaient àTintérieur; lescheft de bandes poursuivaient kirt SDcoès ; ils assaillirent Naples , dégarnie de troupes. On Mot, comme toujours, défendre la capitale, tandis qu'il eât Irinx valu Tabandonner, et se retirer en colonne vers Capoue U vers les montagnes : on aurait épargné ainsi aux royalistes ^ilsnombrables assassinats ( 15 juin). Le cardinal Ruffo y en* Il arec ses bandes , et les forts se rendirent à des conditions knsnbles, sous la promesse que tous ceux qui voudraient MaigMP paumient s'embarquer librement, et que ceux qui litfhnraieBt rester ne seraient en rien inquiétés.

B^ les patriotes étaient à bord, lorsque la reine Caroline, qui iBiéfoltait à l'idée de traiter avec des sujets, et déclarait vouloir |Mt la mort, députa vers Nelson lady Hamilton. Séduit par Ma caresses, Taroiral anglais viola honteusement I9 capitula* ha, et fit charger de chaînes quatre-vingt-quatre citoyens fK lai livra Méjean, le commandant français des forts. C'était «tti que ritalie était traitée par les étrangers, qui l'avaient korrée de promesses de liberté. Ruffo( je le dis à la décharge fc ce prêtre sans moeurs et sans foi, et à Tétemelle honte de Mon ) ne voulut pas consentir à la violation du traité. En vain Uy Hamilton pressa le cardinal de ses supplications passion-

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nées, «nv«in Nelson prétendit qu'une telle eapitolalionétaiMM infamie : Ruffo tint ferme, et déclara que si rarmistioe était nà on ne devait plus compter sur le secours de son parti * . Ce tn odieux de l'amiral anglais servit d'exemple et d'enooorageoM aux bandits de la Sainte-Foi, dont on craignait de réprimer là f ropité : on égorgea, on pilla; le couteau des assassins rivalisiMi la hache du. bourreau ;le cardinal RufTo et Nelson seplongffH dans le carnage; l'infâme Emma Leona leur paya en voloptéil sang qu'ils avaient versé. L'amiral Caracciolo, condamné à moi par une commi^on militaire à la dévotion de l'Anglais, U pendu à une vergue de son vaisseau. Le roi arriva : ce futpN établir des commissions de justice, abolir les privilèges del cité , du royaume , de la noblesse, comme en pays conquis; toi ce qui avait été fait depuis le moment de sa fuite fut qualifiée

* On peut voir en effet , dans une lettre de Nelson hiMnêBM, fMl cardinal Rufib refusa de souscrire à la violation de la capitalalioi.Ol bomme sanguinaire n'accepta pas rinraroie de l'acte dont Taminl m glais prit sans scrupule la responsabilité. Lady Hamilton et soa oH assistèrent, à bord du Foudroyant, à Tentrevue de Nelson avec le or dinal Ruffo, et leur servirent dMnterprëtes dans cette conférence oct geuse.... « J'ai proposé au cardinal , écrit Nelson, de faire saToir M Français et aux rel>elle8, en son nom et au mien, que Tarmisticesetroa vait ronspu par le seul fait de la présence de la flotte britannique déni

Raples Le cardinal a refusé de s'associer à cette déclafatîM;!

l'ai signée seul , et je Tai envoyée aux rebeUes. Ge n'est qn*iprès H voir reçue qu'ils sont sortis de leurs forts, oomme il convenait à * rebelles , et comme le feront, je l'espère, tous ceux qui traliiroiit Iff roi et leur pays, pour éite pendus ou traités selon le bonjilsinr^ leur souverain. »

L'amiral Caracciolo, que ni ses clieveux blancs ni ses glorieox services ne purent soustraire à la vengeance de l'amiral anglais, fotpco* à la vergue de misaine de la frégate la Minerve , ainsi que S<W Tavait prescrit. Le président de la commission militaire qoi ri*" condamné rendit compte de Texécution en ces termes , rtnvofH^ * qui de droit la responsabilité de cet acte inCIme : « Son Excelleaee iV mirai lord Nelson est prévenue qne la sentence de Francisoo CarMCSM a élë exécutée de la façon qu'il avait ordonné. » Article de te A^*** Britannique, sur les lettres et dépêches de Nelson, i8i6. (Aa *-^

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. Des masses entières se trouvèrent donc comprises ibnslaproseription. Les prisonniers s'élevèrent au nombre de Inote miile dans Naples seulement, coupables d*avoir écrit, parié, ott porté les.armes. Toutes les vengeances purent se satisbut: la populace rôtissait ceux qui lui étaient désignés comme jieDbin8,et8e repaissait de leur cbair. Les tribunaux, enveloppât tout de leurs soupçons, employant les espions, la torture, ondamnérent à mort le générai Massa , Éléonore Pimentel, fn s'était fait un nom comme poète, Gabriel Mantboné, Mario Pau», Dominique Cirillo, Vincent Russo : six noms immoriafan par le martyre, avec celui de leur inquisiteur Vincent Sfédale. Mais quand plus tard la fortune releva le drapeau , on se relâcha de ces rigueurs : Ferdinand donna une

ie; sept mille détenus sortirent alors de prison, mille Mrs y restèrent. Trois mille étaient en fuite, quatre mille exi- ]i;eent dix avaient été exécutés dans la seule capitale*.

Le roi récompensa magnlGquement Ruffo ; Tempereur Paul lidéoNra; des titres et des richesses furent prodigués à ceux firataient si bien secondé, fût-ce même des brigands, des laspe-jarrets. Des honneurs sans fin payèrent la complicité de Mbod et de sa concubine, et le titre de duc de Bronte désho* m le vainqueur d'Aboukir. L*armée se recruta d'une foule dibndits; et Ferdinand, rendant grâce à Dieu de sa victoire, Mit à la voile sans avoir pris terre un instant , pour aller hiBiiplier à Païenne. Alors les bandes de la Sainte-Foi se diri- |Mt sur Rome pour y restaurer la religion, sous la conduite ibRodio, de Fra Diavolo, et autres chefs de la même espèce. 6aniier, qui commandait la faible garnison de la place, les re^

; mais les Allemands , les Russes et les Anglais resser»

' Pamii ceux qui se trouvaient alors incarcérés , était le célèbre na* Miste Dolomieu , qui , à son retour d'Egypte , où il avait suivi Tar- >ée française , fut poussé sur les côtes du royaume de Napies au mots kJQÎn 1799. On loi enleva son portefeuille, et on le jeta au fond d'une Bv, sans livres et sans moyens d^écrire. 11 parvint cependant à se faire krcaere avec la fumée de sa lampe, et traça, sur les marges d'un ^Nieqni avait édiappé à la vigilance de ses gardiens, sa Philosophie ^»éralogique. 11 fut délivré le 15 mars 1801.

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rèrent la ville , et les Français durent en sortir, après avoir p* ranti , par un traité et la promesse d^une amnistie s la sânl^ des personnes et des propriétés (SO septembre). Les NapQlit»Di entrèrent dans Rome à la suite de cette capitulation ^ «n moii après la mort de Pie VI, qui avait terminé ses jours à Vilen (29 août). Bientôt le prince d* Aragon, commandant géoéfil reçut de Naples Tordre d'extirper les restes de rinfâroe répdbi que; les patriotes furent chassés , bannis, incarcérés, par a tribunal institué à T imitation de la junte de Naples. Ce tri bunal n'envoya personne au supplice , mais il abandonsa hm eoup de victimes aux outrages et au fer des assassins. Le pt vemement napolitain fut organisé dans Rome.

En Italie la révointion avait été faite par les riches, les om^ ebands, les savants et les écrivains, ou du moins l'avaient^ s^ eueiUie avec joie. I^ peuple y avait pris peu de part; et il a donna bien la preuve par les terribles réactions qui «nsaiglia tèrent toute la Péninsule, où les ^agédies royalistes so(«é datent aux conoédtes jacobines; où le pape et la saiatefoi A tholique étaient rétablis par tes Russes , les Turcs, les CtM et les Cosaques. Les Français sortirent aussi de Florence sut pourvoir à la sûreté publique : d'où il résulta que la popnlM se livra aux excès ordinaires, au pillage, et même au meoiM Le poète Alfieri se montra au milieu de cette cohue, appM dissant à ses transports, excitant par ses d^scoovs; et toute I Toscane rentra sous Tautorité de Ferdinand.

Il ne restait aux républicains que Gênes et Anoône. La M turco-russe vint bientôt assiéger Ancône par mer, taadis'l' les Autrichiens et les Romagnols, commandés par I^aiiozJI* siégeaient par terre. Lahoz , qui avait déserté le drapeau te çais pour passer aux Autrichiens, ou, comme il le disait, à il* talie, fut tué sous les murs, que Monoier défendit avec intit pidité, et qu'il ne rendit qu'après avoir obtenu des conditioai honorables. Gènes, gardée avec un soin jaloux comme onpi^ sage vers la France, fut occupée par le reste de ses troupeSi 9^ la mirent en état de défense. La Fmnce accueillit les ésBÏ^ italiens, sortis avec une pauvreté bœioralHe (Templois où ^ d'autres s'étaient enrichis. Mais , accueillis avec sympathie p

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fct partSenNersv fils ne tron? èrent que froideur de )a part d'un gouTemeroent feible, qui u'avait pas besoin d'eux, ils oompri* mt dès lors qu'ils né devaient attendre que d'eux-mêmes la régoérationdeleur patrie, et le sentiment italien se fortifia dans celte commonauté de souffrances.

La fortne de la France succombait aussi dans les autres contrées. Les Anglais et les Russes fondirent sur la Hollande^ tt tfntèrait, au Helder, un débarquement que Brune et Daenddsoe purent repousser. La flotte hollandi^ déserta, avan* Is^e iRHnense pour TAngleterre. La France, menacée d'une in« vasion, accusait, selon l'usage, son gouvernement. LareteUière cl Neriin , membres restants de l'ancien Directoire , durent donner leur démission. On faisait et Ton défaisait; les malbeuis da temps rendaient les esprits difficiles à contenter. On en* teadit redemander le régime de la terreur, coBime unique moyen denhtt. La chouannerie renaissait, les conscrits s'enfuyaient; •a irait recours à tous les moyens pour avoir de l'argent. Les leis somptuaires réduisaient les nouyeaox Athéniens à vivre eu ipaitiates. Les emprunts forcés, répartis en proportion des for* taes, faisaient jeter les hauts cris. Le Directoire avait cm se înrreren portant la main sur la représentation nationale. U ne Rsta plusa|Nrès que la force militaire : des clubs de soldats, des ifresKs émanées des armées , prétendaient donner la loi. Le fooreniement, qu'on attaquait en toute liberté, et qui n'osait se Mbdre par la terreur, y suppléait par les intrigues et par les inrens de police. Lucien et Joseph Bonaparte, qui siégeaient Imni les dnq-cents, pour faire sentir le besoin qu'on avait de ^ frère, entretenaient le mécontentement. Sieyes, qui avait ^approuvé la constitution, et autour de qui se salliaient les mé- Mitents, fit fermer le club des Jacobins en disant : // ne t'agU ^tfe êavardage: c'est une tête et une épée qu'il faut»

Tons les regards se tournaient vers Bonaparte, car les défaites lie Fou essuyait coup sur coup Tenaient rappeler la gloire qu*il Mt acquise en Italie. On imputait à la jalousie du gouverne'^ Kent le parti qu'il avait pris de l'envoyer en Egypte ; l'éloigné* neatle faisait paraître plus grand encore, et l'on portail aux ■nés les projets qu'on lui supposait. On se le figurait vainqueur

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de rorient, et lui seul paraissait capable de repousser les hordes barbares de Souvarow.

Mais la fortune était loin de lui être aussi fidèle. Desaixpoor* suivait la conquête de la haute Egypte (octobre 1798), où s'étaient retirés les mameluks. Ce n'était pas une guerre, onis une chasse difficile : il fallait, avec la seule infanterie, forcer une cavalorie intrépide qui combattait à sa guise, qui pouvait être surprise, mais non contrainte à combattre, grossie à duque instant par ses nombreux partisans, et par quelque tribu arabe qn*attirait le butin et la facilité d'échapper au danger, eadiée dans d'immenses déserts, où des pâturages et des sources la faisaient subsister à Tabri de Tennemi. Les affaires dédsîra étaient impossibles. Ce n'était que par des marclies contiDoelles, et en créant des compagnies de dromadaires, quelesFlnoçais parvenaient à atteindre un ennemi d'une constaoce admirable. Souvent surpris, battu, repoussé du territoire égsrptioi, il reparaissait tout à coup à trente ou quarante lieues au-dei» sous du point où on l'attendait : jamais on ne put le chasM au delà de cinquante lieues. Souvent Mourad-Bey fîit assaill pendant la nuit ; on lui prit ses armes, ses chevaux, ses éqai» pages ; mais chaque fois, dans l'immensité du désert, il parriat à réorganiser sa troupe. L'histoire de cette campagne sérail celle de l'excessive patience des Français, de leurs souffraocOf mais non de leurs combinaisons *.

Bonaparte avait , pendant ce temps , à repousser en Syiia Ibrahtm-Bey. La Porte, qui avait déclaré la guerre à la Fraaeei équipait une flotte à Rhodes et une autre en Syrie , qui ^ vaient s'avancer de conserve sur TÉgypte. Bonaparte, vooM prévenir leur arrivée, franchit le désert arabique avee as corps de dromadaires; il prit Gasa et Jaffa; puis, se codM dans les Druses du Liban , il assiégea Acre , clef de la Syrie; mais il y rencontra une défense obstinée. Il défit rarméetorqoi au mont Thabor, mais il consuma en vain deux mois defaal Acre, qub les Anglais, commandés par Sydney-Smith, ne ces-

' Desaïx , lettre à Dumas , dans le PrécU des événements «iW«*r«, lomc IV.

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fucBt d'approTÎsiooner : leur flotte, maîtresse de la ni«r, avait ÎBteroepté le transport de rartillerie Irançaise. La peste vint ajouter ses ravives à tous eeux d'an siège meurtrier, et Bonaparte se vit contraint de rétrograder. En partant de Jafïa, il foolot faire administrer de Topium aux pestiférés : Mon métier tU de guérir, lai répondit le médecin Desgenettes, et non de énmer la mort. A son retour/il trouva le Delta en insuireo- Iîod; il alla au Caire célébrer ses triomphes de Syrie, puis il ^t à Abookir dix-huit mille hommes de cavalerie et de jaainaires. Cependant Tarmée elle-même se plaignait de tant de Mgoeset de privations, et de se voir depuis six mois sans nou- «eiies de la patrie; car Tennemi sillonnait sans cesse la Médi» tonnée, et intere^tait toutes communications.

Toas ces mécomptes avaient dégoûté Bonaparte de cette opéditiMi entreprise sous de meilleurs auspices , lorsque péaéirèreat enfin jusqu'à lui des nouvelles de France. II y apprit bfOBux du public et les manœuvres de ses amis. Il prit alors Il résolution d'y repasser à tout risque, et mit à la voile avec |mb frégates, accompagné de Berthier, Lannes , Murât, Anbéosai, Iklarmont, Beirthollet, Monge, abandonnant l'Egypte et fmaée pour courir de nouveaux hasards.

Quand le télégraphe fit savoir à la France que Bonaparte veiit d'aborder à Fréjus ( octobre }, l'espérance, l'enthousiasme, icariosité, le miracle de ce retour inattendu, firent de lui une Me de dieu. Trop pressé pour faire quarantaine, il prit aussitôt Imte de Paris, où l'attendait un conseil de guerre ou ua ihe. £n effet, le Directoire aurait pu le perdre, soit pour RDir déserté son poste, soit pour avoir enfreint les lois sani- Éesw Mais il était salué par toutie monde comme un sauveur, n retour fut annoncé sur les théâtres ; le son des cloches, les n de joie, le canon, célébrèrent ce retour comme une fête. Il Asonépée ao service du Directoire, en jurant de ne la tirer ttaÎBqne pour la défense delà république. Le besoin d'ordre, I force, d*unité, celui de s'attacher à quelque chose, de croire quelqu'un , était universel en France. Ce fut à qui s'empreslait autour de Bonaparte : les malheureux voyaient en lui un «tien; les fonctionnaires destitués, un vengeur; les faibles.

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