‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 81 sur 127 · BB848T1IS · texte numérisé non relu

BB848T1IS

loQJdiini en admiration devant les coups de la forée, vpf/t» dissaient en lui an caractère résolo ; et les enftaits étaient b» ces au récit de ses exploits, qui se mêlaient dans lenr hnap* nation aux merveilles des contes arabes. Les Brutas eax-aiéBMi comptaient sur lui pour reprendre la haute main , sauf à i» moler ensuite le nouveau César. Les modérés TOnlaient oM réforme opérée par une autorité forte, et capable de donff sûreté à tous; les intrigants, qui aspiraient à la fortone, M flattaient d'y parvenir dans un nouveau bouleversement lls'é" tait pas jusqu'aux royalistes qui ne rêvassent que le jeimegé» néral méditait une restauration. Au milieu des intérêts difOt ot des partis vacillants, Bonaparte, secondé par la forta&e,étf armé d'un coup d'oeil sûr, d'un égoYsme profond et éèààk Talleyrand et Fouché, qui s'attaebèrent à sa fortune, lu livrèrent du même coup la diplomatie et ht police. Â l'eiee^ < e Jourdan et de Bernadette, ministre de la guerre dénmsioa* naire, qui, zélé républicain, ne voyait de salut que dam leja* cobinisme, tous les généraux se donnèrent à Bonaparte, laK ancien chef ou leur camarade : c'étaient Berthier , Lefebfrti Duroc, Marmont, Lannes, Murât ^ maréchaux ou rois fotnsf c'était Augereau lui-même ^ quoique r^blicain ardent Ma* séna et Brune étaient à la tête des armées. Quant aax ai* ciers réformés , aux anciens soldats, ils ne pouvaient manqMf de seconder le triomphe de l'ordre militaire stir l'ordre civil. L'habileté de Bonaparte en fait de gouvernement n'était |Hl encore connue ; mais on le savait heureux , et cela soffissit Oa avait besoin d'un homme qui donnât à tant de mouvements #* vers l'unité d'impulsion , et il semblait que personne n'en êii pKis capable que lui. On attendait tout de lui seul , chaenaiM* lait avoir son avis; et lui , se sentant nécessaire , avait i'babîM d'attendre. Il méditait pendant ce temps sur le moyen de oM»» tituer asse2 solidement la république pour qu'elle n'edt ritaê craindre des factions. Il borna d'abord ses vues à une place 4tfi le Directoire, dont il aurait exclu Sieyes, le seul de ses merobrt» capable d'y balancer son influence, et que par conséqoent il haïssait Mais Talleyrand sut rapproclier ces deux orgneilsnv»Bf l'esprit systématique d'un siècle qui finissait, et l'ambitieux qà

CHUTE DU DI18CTOIBB Ut

m natait né pour dominer le siècle nouveau, ils se nirant raeeoid, et prétextèrent un complot jacobin pour avoir un te de transférer le corps législatif à Saint-Ck>ud, et nom- Booqiarte eommandant de la force armée *. Les choses se it de la sorte : Bonaparte, appelé pour prêter serment, m présenta entouré de tout Tétat-major, tandis que les troupes an dehors. Entré dans la salle * avec ce cortège, U des louanges aux représentants, à qui il dit : Nous vou" Ihm la répMUfue,,.^ noua la voulons fondée sur la vraie Hberfé, sur le régime représentatif.,.., Nous l'aurons : je lo }Êr€ tu mon nom et au nom de mes compagnons d^armes, }Êm il évita de prêter serment à la constitution, Dos qtt*il fui nrti , fl harangua ks soldats, fit occuper les diOfiérents postes, (t la léfoite eomnoença aux cris de Fine Bonaparte l « Qn*ont« ■ Us ftit, disait-il , de cette France que j*ai laissée si splendide? « Tj visàB laissé la paix , et j'ai retrouvé la guerre ; j'avais laissé k dès victoires, et j'ai retrouvé des défaites. J'y avais laissé les îmîttions d^Italie , j'y ai retrouvé des lois spoliatrices et la mi* ^sère. Les cent mille Français, mes compagnons de gloire, >4iiesont-ik devenus? Us sont morts. » Une partie des direc* Ikatse retira dotant ces menaces; il entraîna les autres, et NMa seul à la tête de la force militaire avant que Ton s'apereOt pm s'était emparé de la dictature. Le lendemain, cependant^ [19 brumaire) les conseils s'assemblèrent à Salnt-Cloud; et, bien p^amottuésde troupes, ils jurèrent la constitution de Tan III, knsparte vit qu'il faudrait tirer a demi Tépée du fourreaUé htré avee l'état-major dans rassemblée des anoiens, il y pro* (Ma contre les noms de Cromwell et de César, dont il fut apos* ^^ ; « I^es dangers de la patrie, dit-il , ont seuls excité mon

* Lt ooDStitution de l'an III donnait au conseil des anciens le droit ^transférer le corps législatif hors de Paris, si son indépendance et itiùrelé venaient à être menacées. Ce décret fut rendn le 18 brumaire •■ malin. (Am. R.)

' Ce fat aux Tuileries, devant les anciens, qui venaient de rendre le ^ret de translation, que Bonaparte prêta le serment et prononça ces Pttoles. (Ah. R.)

ISa DÉSASTRES.

« zèle et le TÔtre PrévenoDs tant de maux « saniToiis eeq«

« nous a coûté tant de sacrifices, la liberté et Fégalité !.... U • constitution, tous les partis veulent la détruire. Pensez, vooi, « au salut de la France. . . ., et moi, entouré de mes frères d^acuMS, «je saurai vous seconder;... et si quelque orateur vendai « l'étranger parlait de me mettre hors la loi , j*en appellenis I « mes compagnons d'armes. Songez que je marche aœomptgid « du dieu de la fortune et du dieu de la guerre, » Les ancim répondirent par des applaudissements, et accordèrent an f/^ néral les honneurs de la séance.

U se présenta alors aux cinq*cents ; mais il y fiit aocueiUi ftf les cris : /4 bas le dictateur ! à bas le tyran l lU l'en vironncnÉ^ rinterpellèrent, lui reprochèrent sa trahison. Lucien, soo ftén, qui présidait , eut la plus grande peine à empêcher Tasscaibiëe de le mettre hors la loi. fionaparte était près de succomber anx eeousses de cette journée ; mais Lucien le soutint, tout en d^ ohurant qu'il plongerait son épée dans le sem de son frère, A trahissait la liberté. Les grenadiers vinrent s'emparer de Isv général , et remportèrent dans leurs bras hors de la saUe. lia moment d-hésitation, et Bonaparte avait le sort de Robespiene; Mais il monta à cheval, disant aux troupes qu'on avait lent^de l'assassiner ; il ordonna aux grenadiers de marcher sur l'aisemblée » qui se dispersa devant la pointe des baïonnettes, etl resta maître du pouvoir.

Bemadotte et Moreau , pris à l'improviste et sans projets ir* létés , n'osèrent se mettre à la tête d*une réaction militiire, et ne bougèrent pas. L'anarchie prit ainsi fin , comme avait foi ta terreur quatre ans auparavant. Il était nécessaire qu'à la &ibtasv de l'une et à la violence de l'autre succédât désormais uagoa* vemement assez fort poar défendre la liberté, et assez bieo pour la propager.

LB CONSOLAT. i9h

LE CONSULAT. ^ OONmTDTlON DE L*AN VOL

Le peuple français apprit par les joanaaux que le Directoire avait eessé d'exister; que le corps législatif s'était prorogé pour qoatre mois et demi, après avoir élu trois consuls, Sieyes, Boçer-Doeos et Bonaparte, revêtus d'un pouvoir dictatorial; fi% avaient reçu mission de donner au pays une constitution aoQvelle, de rétablir la tranquillité au dedans, et d'assurer au Mors une paix honorable et solide; que deux commissions kor avaient Àé adjointes à l'efifet de remplacer le corps législatif Hêe pourvoir avec les eonsuls aux mesures urgentes en fait de pofiee, de finances et de législation : ces commissions étaient dnrgées en outre de préparer les réformes nécessaires et un projet de code civil.

Une proclamation des eonsuls peignit la situation déplorable iela France et les maux auxquels elle était en proie : « Il est

• temps, disaient-ils, de calmer de pareilles tempêtes, de ga* « tantir la liberté des citoyens , la souveraineté du peuple , Fin-

• dépendance des pouvoirs constitutionnels, la république, dont

• le nom a servi à consacrer la violation de tous les principes

« La monarcble ne rélèvera pas la tôte , les horriûes traces du « gouvernement révolutionnaire seront effacées; une nouvelle

• en eommence, où répuUique et liberté cesseront d'être de

• valus mots. »

Ainsi s'accomplissait un changement radical, et pourtant il i^eeomplîssait avec calme. Mais il est facile de détruire; on Savait déjà fint bien des fois : il s'agissait maintenant de savoir >i l'on saurait reconstruire.

Bien qu'on ne pût se faire illusion sur Fillégalité des faits, per* mae n'y fit opposition , parce qu'on était las ou qu'on espérait ■i«ix ; riirégularité se perdit dans les applaudissements. Barras le confiait dans la reconnaissance de Bonaparte ; Sieyes s'était faaginéque ce dernier s'occuperait exclusivement de la guerre,

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pour lui laisser le soin des aâTaires civiles. Mais, à lear preimiie réunion , il s'aperçut que le jeune général avait sur tout obJ£l des connaissances et des idées, ou qu'il s'en formait fadlementi et qu'il exfnrimait le premier son avis comme ime décisioa; il dit alors : Nous avons un maître qui sait » qui peut etqwvett faire tout.

L'inearie et les désordres de l'administsatioa précédente écbtarent alors au grand jour. L'armée n'avait m solde, ni habillcmenti, ni vivres; le trésor était vide, les assignais sans vakVt le crédit nul , l'agiotage effronté. Le héros qoi avait donné )i gloire à la natîony fit renattre la confiance. Gaudin, appelais ministère des finances, supprima les taies arbîtraiies enégih larisa les payements. La loi des otages , qui incaroéfait leipi* rents des Vendéens comme responsaUes de leur révolte, et la loi fBDtttre les prétros, furent abrogées avee les autres lois de)| terreur. On rendit à beauooi^ d'émigrés leur patrie et leiti biens; la Fayette, LaHy-Tolendal, Carnet, Portalis, et beaucoup d'autres encore, rentrèrent en France. La célébiatioDéi dimanche et des fêles fût rétablie; les églises lurent iouvertrt dans les campagnes, et le culte extérieur fut permis; la fite <l> régicide et le serment de liaine à la raonarelâe finrent abolii. Plus de jacobins , disait Bonaparte, ni terrarUff^ ni modéris} mais seulement des fraiurafx/ C'était ainsi qu'il détraisaitia règne des fections. 11 n'était plus besoin de k violenoei psiwe^ le gouvernement n'hésitait plus entre des volontés iaeertaia«t et qu'une main robuste le dirigeait, non au basardetaiePF*' sien , maïs avec calme et par système.

Cependant, soit vengeance , soit besoin d'assurer la tes^F^' lité, Bonaparte fit déporter,, sans culpadiilité lé^aleaMnit ps»* vée, sans jugement, cânquante-nenf des plus ardenia déiMeralaa< coup qui atterra les anarchistes. ïlais quand il vk tout pliaré» vant sa volonté, alors, assuré de pouvoir étendre à son p^^^ bitraire , il adoucit la rigueur de œ coup d'aulorité.

L'oeuvre de la constitution avançait , aa milteii des fili^'^ toujours énormes d'un gouvernement nouveau. Bonspss^ aisistait assidûment aux débats , et Sieyss en était eessi^ comme Toracle. Un événement vint donner un démail» à la

CDlfSTltCTlOlf DB h'ÀJX Vltl. tSI

hMii|)inioii ^« Ton aviât de hn ; car, allam tonjaws jgsqn^uz dmlères eosséqnenees de son principe, il rendait son enivre ibnnie à Tapplication. Dans la question capitale do 83r8tème ^MliMâl, il t*agis6ait d*tt88Qfer à la nation une représentation MtaUet sans qu'elle pût abuser^ comme elle Tavait fait, de sa fiHidtietion aux admires publiques. Sieyo proposa une liste le DOCaUlitÀ à trois degrés t sa liste communale devait se in^oier du diiième des hommes de chaque commune,- élus iMtoDient par leurs concitoyens; eeuiKâ en désignaient un iMndhième pour former la liste départementale « et les citoyens ttJyUgoraient en choisissaient encore un dixième pour former Il te nationale. Les fonctionnaires publics devaient être pris tas cette dernière liste ^ oW-à-dire les membres du gouver* KBflDi) les ministres, la législature, le sénat, le conseil d'État, htribonal de cassation et les ambassadeurs ; de même, dans la klei^iartenientale, les préfets « les Juges d'appel, lesadmii^teors; dans la liste communale, les municipolités, les juges kpRonère instance et les Juges de paix : ce qui constituait une *»tMratie nouvelle d'un plus difficile accès que l^ancienne.

U pouvoir délibérant, dans la constitution de Sieyes, se ^>Bp08ait d'un corps législatif de trois cents membres , âgés de ^teans au moins, et d'un tribunat de cent membres, ayant ^-cinq ans révolus t ces deux corps devaient se renouveler I^^ÔBqiliième. Le gouvernement proposait les lois par Tinter- *^^du conseil d'Ëtat; le tribunat les discutait, comme '^Mèeatant le peuple et l'esprit nouveau ; le corps législatif ^"^lans discussion, et sa décision faisait loi.

Ma un sénat conservateur , composé de qoatre*vingts '^^B^ nommés à vie, âgés de quarante ans au moins, et ^*^tr^t aucune fonction publique , avait pour mission de

*^ an maintien de la constitution, et de l'interpréter au

beioin.

Q°^ an pouvoir exécutif, il était exercé par on grand ^tanr à vie , nommé par le sénat conservateur, ayant des i^'fa) an palais, et un traitement de six millions. 11 recevait les '"^^deurs; les lois étaient promulguées et la justice rendue ^ ^ nom ; il nommait les employés sur les listes respectives ,

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