‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 92 sur 127 · LE CODS. ^ LE CONCORDAT · texte numérisé non relu

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çrand succès. Ce n'était pas une discussion pour les philosophes, mais une œuvre poétique pour les hommes à sentiment, pour la jeunesse et pour les femmes. L'auteur ne cherchait pas à prouver les vérités de la foi , mais à montrer quelle soiutse de beau elles recèlent pour les arts et les lettres ; combien la morale du christianisme est pure , combien ses dogmes et son culte sont solennels et dignes d'amour. Pour les grands et pour les riches , les maux de la Révolution étaient désormais réparés; mais la classe h phis nombreuse, à laquelle ordinairement les compensations n'arrivent guère , ressentait un profond besoin de Dieu ; elle arait soif d'entendre une voix qui la comprît et compatît à son sort, qui n'eût pas seulement de l'ironie pour les misères de rbomme. Voltaire avait combattu le christianisme par le sarcasme, Diderot avec Tarme du raisonnement, Rousseau avec d'éloquents sophismes : Chateaubriand entreprenait alors de le défendre par les charmes de l'imagination et par la puissance des affections ; il prenait à tâche de détruire cette sorte de honte qn'O y avait à croire, à adorer Dieu, à l'exemple de tant de lagcs et de héros.

Quoique l'on puisse dire de cette façon d'aborder la religion d'un point de vue tout humain , l'effet de ce livre , qui substituait le Christ à Voltaire , attestait dans les esprits une direction aoufelle. Il ^ut combattu par les philosophes pour les idées, par les grammairiens pour la langue , aussi étrange , disait-on , que les pensées. Les esprits forts se moquèrent de ses défauts, où tant de vigueur se révélait pourtant, comme ils auraient fait de eeux d'un écolier. Mais il eut pour protecteurs Lucien Bonaparte, le Mécène de l'époque , et Fontanes , le journaliste offieiel, qui préparait la restauration monarchique à l'aide de la rotauration littéraire.

A la même époque , Delille flétrissait , dans son poème de la ^ié, les saturnales révolutionnaires , et donnait des regrets à l^Mus XVI et à la reine : ce poème fut recherché avidement , P>rte qu'il était défendu. Michaud écrivait le Printemps cTun f^^writ; Portails publiait un livre sur F Usage et fabus de l'esf^t philosophique; la Darpe, philosophe converti , critique sec ^ sans imagination , qui travaillait à ramener le goût à l'aide

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de règles mathématiques, flagellait la Révolution dana ion Cours de littérature^ et il fallut lui imposer silence. Lamente de Voltaire , comme poëte , fot mis en discussion; les questions littéraires furent traitées avec un intérêt tout nouveau dans le Mercure par Chateaubriand, Fontanes, Bonald. Ils avaient pour adversaire le journal des Débats, dont les feuilletons jouissaient d^une grande vogue. Marie -Joseph Chénier fit aœ satire contre les nouveaux saints. Il se moqua de ceux qoi préféraient le fange lingua à Horace, le Dies irsB à Ovide. U professait le culte de Voltaire et le mépris des institutiousafteiennes ; il vanta beaucoup, dans un discours ', les services madus par la philosophie du dix-huitième siècle. Mais la cause était gagnée dès qu'elle était mise en diseussiot.

HORT nE PAUL r^. — L*ANGLETERRE SOUMET Llf^LABUB.

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