SUEDE ET DANEMARK
Dqà feiemple de la Norwége , et le mouvement imprimé am tspntB par tous les événements de ce siècle, se font sentir ni Suède ; aussi aspire-t-elle à améliorer ses institutions , i étendre à tous le droit électoral. Accorder un nombre égal (Tâeeteoisaax quatre ordres, en former une seule chambre votant par tête et élisant les membres de la chambre hante , tel est le Tsn général. Cependant deux peuples différents , réunis, comme bien d'autres, par le congrès de Vienne, s'accordent mal entre eux ; et la route que Bemadotte a ouverte h grands frais à travars les Alpes Scandinaves ne suffit pas pour joindre la ?ïorw^ à la Suède , quand la mer et la communauté de bope la rapprochent du Danemark.
Im traités de Vienne ont accablé le Danemark , ils ont amoindrisoQ territoire. 11 n*est pas riche, et une grande partie de la dette qu'il a contractée pour rester fidèle à la France pèse eu* eore sur ce petit État. Sa marine marchande excelle non-seulement dans la pèche du Nord, mais elle fréquente aussi la Malaise et les mers de la Chine» bien que la perte de la Norwége loi ait enlevé des matelots d'élite. Le Danemark a vendu dernièrement à la Grande-Bretagne ses possessions d'Afrique. L'Islande a acquis une telle importance, que Ton ne songe plus ramme autrefois à délaisser ce volcan éteint, et à transporter dans le Jutland ses quelques centaines d'habitants.
Le péage du Sund est une des compensations accordées au Danemark pour la perte de la Norwége, lors des distributions de territoire faites à Vienne. C'était peu de chose alors; mais le iModnit s'est accru avec les progrès du commerce , jusqu'à devenir le principal revenu du royaume ' . Mais les étrangers élèvent des réclamations continuelles contre cette servitude absurde imposée à la mer; et ils étudient les moyens de l'éluder, & ils De réussissent pas à la détruire.
Les monarques danois , absolus depuis que le peuple , eu IM, renonça en leur faveur à tous ses privilèges, n'avaient
' Ea 1S44» ce péage rapporta presque six milUons. 11 y passa 4,463 na- «voasglais» 3,78S suédois, 2,979 prussiens, 2,005 hanovriens et Bdtlemboorgeois, 1,267 hollandais, 763 russes, 302 français, etc.
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lien fait depuis pour ce peuple généreux. Aussi tout y était-il à réclamer; il n'y avait point dMnstitutions existantes; on de* manda donc un statut parlementaire : mais les uns le voulaient conforme aux anciennes coutumes , les autres approprié aux idées modernes. Frédéric Vf ( 1808-1839 ) , élevé dans la rigidité des vieux' usages, n'avait pointftippris la modération dans sa malheureuse alliance avec la France , mais il comprenait que des libertés profiteraient au pays. 11 fiivorisa les bourgeois en haine de Taristocratie , fit des grades académiques la coodition des emplois , auxquels il attacha les privilèges nobiliaires. H avait promis depuis 1815 des états provinciaux; mais il n'arait rien fait encore , quand la révolution de juillet vint enflammer les esprits. C*est alors qu'il se vit forcé d'accorder la constitution promise, avec assemblées provinciales, consultatives seulement, et non pas générales : du reste, point de parlement législatif, point de publicité, point de vote de l'impôt, ni de liberté de la presse. D'après ce statut, le royaume est divisé en quatre parties : les lies danoises, le Jutland , le duché de SIeswig , le duché de Holstein ; chacune d'elles possède une assemblée biennale, dont les membres sont élus directement par des propriétaires payant une certaine taxe.
Ces concessions, si minces qu'elles fussent, furent aceneillies avec transport : cependant l'opposition libérale se fortifie ; elle est toujours monarchique, mais avec des bases démocra* tiques dans le Jutland, tandis que dans le Holstein elle tend à l'aristocratie. En général, la constitution de la France y est moins enviée que celle de la Norwége, fondée sur le droit commun , ^ans privilège social ni politique. Christian VIII avait donné lui-même cette constitution aux Norwégiens. On assura donc, lorsqu*il prit la couronne de Danemark (1839), qu'il rappliquerait à ce pays, lui qu'on avait vu prendre parti en Italie pour les libéraux. Mais il n*en fût rien , et il s'en tinta l'exemple paternel ; il chercha même h faire aux provinces allemandes une aussi petite part de liberté qu'aux autres. Cependant les gens avisés lui représentaient que le droit divin allait s'afiaiblissant, et que le meilleur moyen de consolider son trdne était de le populariser. Frédéric VII , son successeur, à peine sur le
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troDe (janTîer 1848 ), accorda cette constitution qui devait être bicoiôt une source de discorde et de guerre.
Depuis 1460, le ducbé de Sleswig, c'est-à-dire le Jutland méndiooaJ , et le duché de Holstein, État de l'empire germanique, se sont trouvés réunis au Danemark , sous la maison d*01deniNwrg. L*union est telle cependant que les deux principautés , iDdissoInblement liées entre elles, ne sont qu'une dépendance do DaDemark. La maison d'Oldenlîourg s'étant divisée en deux brandies , Tune a régné en Danemark ; l'antre , celle de Uols« tao-Gottorp, a possédé la majeure partie des deux duchés raiDffle feudataire du Danemark, tandis que, pour une autre partie et pour certaines affaires de haute importance , le gouveriMment était exercé par les deux branches en commun. Il en résulta des difficultés inextricables. Les ducs de Gottorp , par la paix de Roskil (1C68 ), obtinrent d'être déclarés souverains ; mais les rois de Danemark eurent toujours l'oeil ouvert sur eux ; et en 1720 ils se rendirent maîtres du Sleswig , puis du Holsteioen 1773, qu'ils échangèrent contre les pays d'Oldenbourg et de DelmenhoTSt. Cependant les deux duchés eurent toujours noe existence distincte; les traités de Vienne consacrèrent cette séparation , et le roi de Danemark , comme duc de Holstein, devint membre de la confédération germanique, et, de plus, il obtint le Lauenbourg, en compensation de la Norwége.
Aujourd'hui que la dynastie de Danemark parait prête à s^éteindre, c'est une question grave que celle de la succession : eette succession n*est pas soumise aux mêmes règles en Dane* mark, dans le Sleswig, et dans les duchés de Holstein et de Uoenbourg. En Danemark, la primogéniture est établie; et, àdéfaut d'héritiers mâles, le droit passe à la ligne féminine de mâle en mâle ; ce qui porterait au trône Frédéric de Hesse , qui est issu d'une sœur du feu roi. Le privilège des mâles subsiste au contraire dans les duchés ; mais l'on ne s'accorde pas sur ti manière de l'interpréter. La maison impériale de Russie, qui prétend l'emporter sur les UolsteinrSonderbourg , attache une importance extrême à une acquisition qui lui donnerait entrée àm la diète germanique.
En juillet 1846; le roi de Danemark déclara que les duchés
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allemands continuaient de faire partie du royaume de Dauemark , en se prononçant moins formellement quant au Holstein. Il s*éleva à oe sujet force protestations, surtout quand la mort de Christian VIll avança le cas éventuel d'une succession étrangère. Frédéric VII convoqua une assemblée constituante où le Holstein et le Sleswig obtinrent un nombre égal de représentants. On croyait ainsi que la liberté les rapprocherait ; mais c'était l*beure des révolutions : les duché se levèrent en armes en protestant et en invoquant le parlement germanique qui venait de s'assembler. Le Danemark voulut réprimer cette révolte; mais la Prusse prit fait et cause pour les duchés, comme exécutrice des décrets de l'assemblée germanique ; il s'en est suivi des batailles , des dévastations» des armistices; et ces pauvres pays, enjeu de iadi^[Nite, sont demeurés en suspens jusqu'à ce jour >.
Le fait est que les populations tudesques adjugées au Danemark ont peine à s'assimiler avec la population Scandinave ; oo sent au delà de l'Elbe cette tendance des peuples à se rapprocher selon leur race, leur langue, leur religion. Aussi, dans la Péninsule, ne voit-on pas de mauvais oeil les habitants des duchés repousser la langue et les coutumes danoises, pour chercher à se rattacher à l'Allemagne. Cette force secrète qui pousse les nations européennes à se grouper selon les affinités de langue, de race et de religion, s'augmente, dans oe pays, de la crainte de voir le Danemark absorbé par le colosse russe. Il y existe des sociétés secrètes qui ré vent la .réunion des trois royaumes Scandinaves, et des associations d'étudiants font serment d'y travailler, dans l'espoir que l'union Scandinave serait une barrière entre la Russie et la mer du Nord, qu'elle convoite.
I Par un acte eigoé à Varsovie le 24 mai 1851 , entre les souverains de Russie et de Danemark , la succession danoise se tronverail réglée comme il suit : Tempereur de Russie renonoerait aux droits éventoeU qui lui appartiennent, comme chef de la branche atnée de Holstdn-Gottorp , en faveur du prince Chrétien de Gluksboorg, et de son épouse, Louise de Hesae, lesquels à Textinction de la lignée mAle actnellemeBl régnante réuniraient en eux tous les droits d^hérédité propres à maiatenir la monarchie danoise dans son intégrité. ( Am. R. )
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