LA FRANCE ET LES AITTRES ÉTATS ECROPÉEIIS
Ébranlée par les secousses du dedans et du dehors, la France s^agitait au milieu d*un malaise qui attestait combien elle était loin d'avoir retrouvé son assiette. Gomme dans toute révolution, il fallut improviser un gouvernement pour arrêter Tanarchie et l'effusion du sang : gouvernement qui n*avait d'autre sanction que les acclamations de la place publique, et pour point d^appui que la foule tumultueuse, à laquelle on promettait un salaire, qu'elle eût ou non du travail ! En effet, ce qui caractérisa de prime abord cette nouvelle révolution, ce fut de voir un gouvernement reconnaître le dt^it de chacun à réclamer sa subsistance de l'État. Cent vingt mille individus tombèrent ainsi tout à coup à la charge de la nation, réunis en ateliers où la discussion occupait plus que le travail. La révolution créa en outre, pour sa propre défense, une nouvelle milice, sous le nodi de garde mobile, qui se recruta parmi la jeunesse des Êiubourgs; d'autres soldats improvisés occupaient î'hitel de ville : sorte de gardes du corps du gouvernement provisoire. Mais les caisses se trouvant blentét vides et toutes les ressources épuisées, il fallut recourir à un Impdt de 45 centimes sur les biens.
La déplorable situation de Paris gagnait aussi les départements; chacun s'apprêtait à défendre son champ ou sa maison contre l'assaut des nouvelles doctrines (1). Les clubs retentissaient d'un
(1) Nous avons d^ fait remarqaer que ce fut Brissot qui, le premiery et avant fiabŒuf» fit entendre ce mot fameux : La propriété, c'est un vol. Dans une déclaration de principes que Robespierre lut à la société des Jacobins le 21 avril 1793, Tarticle XI portait : « La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soît en leur proco* rant du travail , soit en assurant des moyens d'existence j^ ceux qui sont hors d^état de travailler. » C'est là ce que depuis on a appelé Torganisalion de Tindustrie. Le philosophe allemand Ficbte avait proclané la même doctrine sous une forme abstraite.