‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,)Chapitre 57 sur 61 · I.*AUTBtCHS · texte numérisé non relu

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de sujets de la redouter. De telle façon que la Russie, attentive à tous les mouvements de l'Europe, eut à peine vu s'agiter les nations slaves de la Turquie, et les Yalaques réclamer ce que les Turcs avaient promis, qu'elle envahit avec soixante-quinze mille hommes les principautés du bas Danube, sans que la diplomatie élevât la voix contre cette occupation, dont la menace seule avait, en 1829, déeidé Mettemicb à dédarer la guerre à la Russie.

Si TAutricbe eût succombé dans la lutte avec la Hongrie, 1^ populations, slaves de cette contrée seraient vraisemblablemei^t tombées Tune après l'autre sous la domination de la Russie. Le soulèvement dç la Hongrie devait donc tourner de toute ma* nière à son proflt. La Russie pourtant mit de côté ses convoitises, pour éteindre d'abord un incendie qui pouvait gagner jusqu'à elle; elle se rendit aux prières de l'Autriche, et jeta le poids de son armée dans la balance (août 1849 ). La Hongrie dut succom* ber. Une réaction odieuse suivit cette victoire que la trahison avait préparée. Ce ne fut pas seulement la Hongrie et l'Italie que la secousse âln'anla; il fallut que l'Autriche bombardât la plupart de ses capitales; presque partout l'état de siège fut établi.

Le salut de l'Autriche, ce fut de n'avoir pas concentré toute Tautorlté dans Vienne. Aussi est-ce en cédant qu'elle résista ; jel quand l'empereur en fuite se jeta dans Olmùtz, dans Inspruk , rien encore n'était désespéré. La vie de l'Autriche était dans son armée, qui resta inébranlable dans sa discipline.

Ce qui restera des révolutions avortées de 1848, c*est le mérite d'avoir procuré l'affranchissement à tous lesserfsde Teropire ; les paysans ont cessé d'appartenir aux seigneurs ; les biens seigneuriaux et communaux ont été mis sur le même pied , la propriété foncière s'est trouvée tout à fait affranchie ; tous les droits pro« venant de servitude personnelle ont été abolis sans indemnité. Quant aux provinces itidiemies qui étaient en possession , depuis plus d'un siècle, de toutes ces franchises, elles n'ont rien retiré (le cette commotion : elles n'en ont connu que les désastres.

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Frédéric-Goillaume IV avait renouvdé, à son avéomiieBt (1S40), la promesse déjà faite par son prédécesseur, et toujoun éludée, de convoquer les états-généraux. Ce nefut qu^en 1847, que, grâce à une certaine liberté de presse et de discussion tolérée par le gouvernement prussien , ces assemblées forent «ifin convoquées. Homme de savoir et de conviction, adepte de Técoie historique, le roi, après t*ouverture des états, protesta contre les chartes et les constitutions écrites; n*admettant pour seule base des institutions que les précédents, les traditions de sa monarchie. Ce langage, joint aux restrictions que Ton mit à son rôle, dégoûta à ce point rassemblée, qu'elle se sépara en protestant et en grand courroux. Le roi, qui regardait comme un acte de pure munificence plutôt que comme une obligation cet appel à une partie de la nation, se montra peu disposé à la convoquer de nouveau. Mais les mouvements populaires s'annonçaient de toutes parts : les succès 4es démocrates suisses amenèrent des tentatives contre Bade et le Wurtemberg; puis l'événement du 24 février propagea l'incendie. Frédéric-Guillaume promit alors de réunir périodiquement les États de sa monarchie. Chaque pas qu'il faisait dans cette voie servait à ébranler aussi le vieil édifice autrichien. La révolution de Vienne éclata, et toute TAllenuigQe se trouva en feu. Partout on vit flotter les couleurs rouges. Jaunes et noires; on ne pétitionna plus, on eiigea ; on ne se contenta plus de discourir, on s'insurgea. AMunidi, les étudiants chasseront une courtisane qui avait jeté l'opprobre sur le gouvernement, et le' roi abdiqua (17 mars). Une révolte sanglante éclata à Beriin, où le roi se vit réduit à saluer les cadavres des insurgés, et à promettre une amnistie ( 18 mars ). Mous avons déjà rencontré tant d'émeutes sur notre route, qu'il n'importe guère de s'arrêter à tous les mouvements qui se succédèrent à Berlin; si bien que Frédéric- Guillaume, pour tâcher de se tirer des

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mains de ses sujets, se proclama roi de T Allemagne. Comme tons les autres, il convoqua une constituante, et comme les autres aussi, il prit le parti de la dissoudre quand il la vit s*attaquer à ses droits de souveraineté, ou plutôt quand il se sentit plus ^fort. Il promit de donner une constitution d*après des principes qu*il fit oonnattre ; il réforma, en attendant, ses tribunaux et leur procédure. Les chambres furent convoquées en avril 1849; mais elles se mirent en opposition ouverte contre le cabinet Brandebourg-Manteuffel, et le roi finit par les dissoudre. Ce ne fut qu'en février 1860 que le roi octroya sa constitution, semblable en beaucoup de points à la constitution belge : deux chambres élues à deux degrés, la première, représentant les cercles, composée de 180 membres ayant atteint 40 ans, et nommés pour un an. Tout citoyen âgé de 24 ans choisit un habitant sur 350, lequel devient électeur de la seconde chambre, qui représente les populations ; ses membres sont élus pour trois ans, et reçoivent une indemnité. Le budget se vote pour un an. J^ nouvelle charte consacrait d'ailleurs Fégalité des citoyens, Tabolition des privilèges, des serritudes, des fidéicommis, proclamait la liberté de commerce, d'association; elle donnait aux fonctionnaires des garanties contre l'arbitraire, plaçait tous les cultes sur un pied d'égalité, et les déclarait indépendants de l'I^tat, chacun pouvant correspondre directement avec |on chef.

Comme garantie de la charte, le roi croyait qu'il suffisait de sa parole royale et de sa haute piété. Mais s'il est chose dont aujourd^ui les libéraux se défient, c*est une parole de roi ; l'es- |iritdu moment d'ailleursn'admetait plus l'équilibre des pouvoirs; l'opposition réclamadonc une seule chambre et Télection directe.

Mais, tout en agitant ces questions intérieures, la Prusse épiait l'occasion de remédier à sa forme vicieuse par quelque accroissement de territoire; elle visait surtout à se placer à la tête de r Allemagne, fille incorpora, en effet, les principautés de Hohenlohe et de Sigmaringen, et fit admettre ses États slaves dans la confédération germanique.

Quand la révolution de 48 éclata, il n'était pas un coin de rAllemagneoù le mouvement libéral n'eût pénétré. La censure avait été abolie à peu près partout; des réformes électorales, ju-

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dîdaires avaicat été accordées; et partout le tiers état y avait obtenu accès. On avait tant parlé de nationalisme que ces vieilles espérances semblaient mûres eiiQn : il s'agissait d'unir plus étroitement les différents membres du corps germanique, de&- Gon qu*une eonféderationd'États se transformât en un État confédéré ayant une seule et même constitution , un seul et même drapeau, une seule diplomatie, un^seui mode de naturalisatioo, et finalement un seul chef supérieur aux trente-sept princes, et de qui émaneraient comme d'un centre toutes les libertés po> pulaires. Voilà ce que l'empereur d'Allemagne n'avait ^ dans aucun temps, et c'était à tort que l'on ofifrait comme une restau* ration du passé ce nouvel édifice dans lequel tous les États voyaient périr leur indépendance. Plusieurs d'entre eux étaient des puissances de premier ordre, comme l'Autriche et la Prusse : il était peu croyable qu elles consentissent à se soumettre à un chef électif.

La thèse semblait donc être de i*ordre spéculatif, bien plutdt qiio de l'ordre pratique ; mais les docteurs allemands, quand ils ont posé un théorème, l'appliquent imperturbablement Alors on croyait à la toute-puissance de l'opinion publique, aux révolutions pacifiques; on croyait que la volonté éclairée devait £ure tomber les armes aux mains des princes : c'est ainsi qu'une cinquantaine de doctes esprits se rassemblèrent à Francfort et se mirent à difcuter tour à tour sur les intérêts de la pauie, et, encouragés par les applaudissements do dehors, allèrent jusqu'à convoquer une diète constituante. L'Allemagne démocratique applaudit avec enthousiasme à l'idée de ce nouveau pouvoir tout moral; les princes, ballottés par le tourbillon , n'avaient pas encore repris leur équilibre : ils obéirent à cet appel en ce qui les concernait ; et les députés de toute l'Allemagne s'assemblèrent à Francfort dans l'église de Saint-Paul ( 18 niai 1948). Ils se donnèrent pour président le Hessois Henri de Gagera. Mais la constituante prussienne était déjà réunie ; la constituante autrichienne allait être convoquée : le parlement de Francfort déclara donc nnl à l'avance tout ee que ces assemblées pourraient faire en opposition à ses décrets.

Le premier pas à foire était de constituer un pouvoir central;

mais par qui le faire élire, par les prioces ou par le peuple ? Blum elles plus ardents de son parti obtinrent des ovations bruyantes, tandis que Ton poursuivit de huées Vinke et tous ceux qui ' parlèrent en faveur du droit historique contre la souveraineté populaire. Reconnaissant qu*il était injuste de constituer un pouvoir central, Gagera proposa à rassemblée de créer un vicaire impérial, choisi dans une maison souveraine et que Ton déclarerait irresponsable. Le choix se porta sur Tarchiduc Jean d'Autriche, qui avait une sorte de renom populaire ; on lui donna un ministère, et bientôt Tancienne diète fut déclarée dissoute.

L'assemblée de Francfort aurait beaucoup obtenu, si elle eût pu amener l'Autriche et la Prusse à s'incliner devant le dogme de l'unité germanique. Restait à régénérer la nation, à réconcilier les partis, h rejeter les races étrangères, à recouvrer les provinces perdues. Ce qui n*£(liait pas moins qu'à remanier une moitié de l'Europe. Mais qu'importe? Cette assemblée, qui avait la prétention de représenter les peuples, osait tout, et, selon l'habitude des corps délibérants, elle se figura qu'il n'y avait qu'à trancher les questions à coups de décrets.

Le débat s'ouvrit d'abord sur les droits fondamentaux, et des lors la logique, la poésie, la science, l'enthousiasme firent irruption : ce fut d'interminables disputes. C'était à qui emporterait les applaudissements des tribunes, des journaux, les ovations de la jeunesse ; à qui se poserait devant l'univers comme le chef de son parti. Ruge proposait d'exclure toutes les religions, tandis que Dolinger baisait les pieds du pape. Les uns s'enfermaient dans un patriotisme exclusif, tandis que les autres aspiraient à se faire cosmopolites.; les premiers repoussaient toute inter« vention au dehors ; il fallait aux seconds une propagande ardente. On exaltait le sentiment national ; et à coté l'on entendait maudire et vilipender la Lombardie ; on surexcitait le sentiment germanique, en même temps que l'on huait l'armée de Radetzky.

Bien des questions qui semblaient simples et évidentes en théorie se trouvèrent en fait très-compliquées. Par exemple, on pro- •posa de reporter l'Allemagne à ses véritables limites, et de levendiquer tous les pays qui parlent l'allemand. Quoi de plus juste en

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théorie, et en fait quoi de plus précis ? Mais, sans parler des provinces qui sont devenues françaises, telle que la Loraine et r Al* sace, que deviendrait le duché de Posen ? Quederiendraient toutes les parties de l'Autriche qui parlent slave, magyare ou italien? Que faire de toutes les colonies semées sur les frontières, etc. On décide qu*il faut reconstituer la Pologne; et, en même temps, on permet à la Prusse d'employer la force pour incorporer la Posnanie. Le Limbourg est uni a la Hollande ; le SIeswig et le Holstein sont joiots au Danemarck ; il faudra donc les ea arracher, rions avons déjà dit comment ces deux duchés s*étaieut insurgés contre le Danemarck, qui ne put les ramener à lui alors même que le nouveau roi eut proclamé la constitution. Si le Holstein pouvait fournir quelque prétexte aux réclamations de fAllemagne, à quel titre aurait elle pu prétendre à incorporer le SIeswig? Le parlement de Francfort n'en décida pas moins que tous deux étaient partie Intégrante de l'Allemagne, et qu*oa les reprendrait les armes à la main. Le roi de Prusse se fit Teiêcuteur du décret et se mit en campagne; et les duchés se virent inondés de sang. Le Danemarck, de son odté, repoussa la forée par la force. Ainsi donc les délibérations académiques se résolvaient en batailles ; il fallut que les puissances s'interposassent et fissent accepter un armistice. Mais Tbistorien Dahlmann, champion du teutonismedans l'assemblée, s'opposa à tout accommodement : il fallait que les duchés en litige fussent conquis, et que la Prusse remplît jusqu'au bout sa mission armée. &i> proposition n'obtint pas la majorité ; mais la minorité se leva en tumulte, mit en avant le peuple, qui s'empara de la ville, en criant que rassemblée et quiconque avçit accepté l'armistice avaient trahi la cause de l'Allemagne, la liberté et Thonneur. Il s'ensuivit des conflits sanglants : on égorgea plusieurs membres du parlement, entre autres le prince de Lichnowscki et le général Auerwald. C'est ainsi que, dans cette fiitale année, toute initiative aboutissait à la guerre, et toute cause se souillait par des assassinats.

La paix rétablie, les discussions reprirent leur cours, visant toujours aux abstractions, au lieu de résoudre les questions pra-. tiques; l'hostilité contre l'Autriche alla jusqu'à vouloir qu*une

puissance composée de diverses natioas ne pût faire partie de la Confédération-Germanique : il fallait donc ou cesser déposséder des provîneesnon allemandes, ou renoncera ses sujets allemands, et se contenter de ses États slaves. Aussi rAutriche cherchait* elle tous les moyens d*entraver les travaux de cette assemblée : cette puissance reprenait son assiette et retrouvait ses forces ; elle offrait en perspective la liberté à ses peuples, et semblait avoir renoncé eittièrement à son absolutisme. Elle repoussait de toutes ses forces cette idée d*une Allemagne unitaire; elle consentait bien à la reconstituer, mais de façon à ce qu*elle fût forte au dehors , en laissant à chacun de ses membres sont indépendance intérieure. La Prusse, de son côté, ne trouvait pas bon que le parlement décidât de son sort ; les autres princes protestaient contre un pouvoir central qui menaçait le leur. La Russie armait, tout en disant qu'elle ne ferait rien tant que la constituante se tiendrait dans de justes limites. Mais qui serait appelé à les définir?

Les idées absolues se trouvaient donc contraintes de transiger avec la réalité. Ce fut la tradition cependant qui suggéra Tidée de créer un empereur. Le parlement le nomma, non point héréditaire, pas même à vie , mais seulement pour six ans. Ce fut le roi de Prusse qui fut salué empereur i ainsi le voilà parvenu à cette hégémonie (1) vers laquelle il soupirait depuis si longtemps. Mais l'ambition ne l'aveuglait pas au point de lui faire percTre de vue combien ce titre pompeux, mais nominal, allait faire échec à sa puissance comme roi, en faisant tomber son royaume sous la dépendance d'un pouvoir central.

La constituante avait servi en Allemagne, comme le nom de Pie IX en Italie» pour faire la guerre aux divers princes, et tan-

(I) Mot tiré du grec ( ^y^ijuov, guide , ) et fort usité , dans ces derniers temps , par la docte et universitaire Allemagne, pour désigner la suprémaUe , la domination à laquelle les deux puissances rivales , rAutriche et la Prusse prétendent dans la confédération. C'est ainsi que Sparte et Athènes se sont disputé VhégémonU en Grèce. Les confédérations italiques, celles de la Gaule offrent également l*exeinpie de divers États ou cités auxquelles Vhégémonie appartenait to'ir 4.tour. (Ah. R.)

dis que leur existence se trouvait mise en question dans tes discussions de cette assemblée, le radicalisme levait la tête et voulait tout résoudre par la force. Frédéric Hecker et Gustave Struve avaient convoqué leurs adeptes à se réunir en armes à Donauerschingen(l5 avril 1849); les troupes du Wurtemberg les mirent en déroute après quelques engagements. Plus tard de nouveaux soulèvements forcèrent le roi de Wurtemberg d'accepter la constitution de Francfort. Ce succès enhardit les autres; le grand duc de Bade se vit expulsé par ses propres troupes (mai 1849); la Saxe tout entière s'insurgea ; la Bavière rhénane en 6t autant Les capitales levèrent l'étendard contre les princes, les chambres contre les gouvernements. A Lauterbach, sur les confins de la Hesse-Électorale, on assassina le conseiller Priuz; Strave, Brentano, le polonais Mieroslawski accouraient partout où il s'agissait d'attiser ou de défendre une insurrection. La Prusse accourait de son côté pour les réprimer. Que devenait la foi que Ton avait eue à un remaniement pacifique.^ La Prusse finit par voir assez clairement que son unité tant rêvée répondait mal aux besoins et aux désirs de TAllemagne, et que des États indépendants ne se résoudraient guère au vasselage qu'on leur destinait. Goil* laume IV déclara donc qu'il n'accepterait la digoilé impériale, qu'autant que les princes y souscriraient; puis, finissant par voir que cet empereur ne serait qu'un fbntôme (car on venait de lui enlever le veto absolu), il refiisa enfin d'accepter le titre. H proposa la création d'un Ëtat fédéral, dont feraient partie ceux qui le voudraient bien, et il invita les autres gouvernements à envoyer leurs députés à Berlin.

Ce fut alors que les députés de la Prusse quittèrent le parlement de Francfort; il en fut de même de ceux de F Autriche, de la Saxe et autres. Cette assemblée se vit mourir. Il est vrai que vingt' neuf États avaient accepté sa constitution ; mais ces États étaient les plus petits derAlleinagne , taudis que la Prusse, le Hanovre, la Saxe, formaient une alliance particulière contrôles ennemis du dehors et du dedans, et pouvaient établir une fédération mieux que la constituaute n'y serait parvenue. Beaucoup de princes étaient prêts à y adhérer. I^ constituante protesta et en appela aux armes ; mais elle se vit forcée d'interrompre

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ses travaux ( 30 mai ), et un petit nombre de ses députés seulement se réunirent à Francfort, et ne furent plus que la caricature de la primitive assemblée. Inaugurée sous les plus heureux auspices, elle fiait misérablement; elle avait fait sonner très-haut les principes éternels de la justice, et elle se lança dans des guerres injustes; elle prétendit à la légalité, et aboutit à des soulèvements, pour laisser plus divisé qu*avant le pays qu'elle avait la prétenon de réunir.

Le conflit n'existe plus désormais qu'entré les deux principales puissances : Fune, qui se considère comme éminemment allemande, voudrait à ce titre conquérir la suprématie; l'autre qui a naturellement à cœur de conserver le poste d'honneur quelle occupe depuis des siècles, et qui sent que son individualité politique importe à l'équilibre européen, puisqu'il devien drait impossible si une partie de sa monarchie tombait sous Id dépendance de l'unité germanique. Considérant donc comme toujours en vigueur le pacte de 1815, l'empereur d'Autriche convoqua l'ancienne diète à Francfort, pour la saisir des affaires communes à la Confédération. Le roi de Prusse hésita à reconnaître cette réprésentation traditionnelle de l'Allemagne; il penchait vers les idées populaires; il eût voulu que les petits princes et les peuples eux-mêmes fassent repréwntés dans la diète; mais il eût été peu opportun de rompre avee l'Autriche, alors que son royaume et toute l'Europe se trouvaient ébranlés par des questions bien plus profondes que les rivalités politiques.

Néanmoins, l'Autriôbe et la Prusse, suspectes.l'une à l'autre, trouvèrent une occasion de rupture : le peuple de la Uesse ayant chassé son électeur, l'Autriche prétendit que ce fussent les troupes fédérales qui intervinssent (tour le rétablhr, tandîn que la Prusse prit ombrage de cette marche des Autrichiens sur sa propre frontière. Les Pru.ssiens marchèrent donc, l'arme au bras, contre leurs frères, comme ils auraient marché contre des Français. La prudence intervint encore une fois, et prévint le conflit le plus imminent.

392 LÀ FBÀRCB BT LBS AUTBBS JÉTATS BUBOPBEIIS.

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