Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes
T/empire turc a traversé les siècles en dehors du droit commun des nations européennes : ce n*est rien de plus qu^une horde armée qui , ayant dressé ses tentes dans les plus belles contrées de TKurope et de TAsie , fait peser l'ignorance et la servitude sur de véritables nations. Tout ce que nous regardons comme barbarie , et que nous nous gloriûons d'avoir répudié , subsiste en Turquie. La propriété y est mal assise , puisque le maître unique du sol est le sultan , à qui les biens reviennent totalement à défaut d'héritiers , et partiellement s'il en existe. Les magistratures sont données à, qui les paye; on acliète les témoins ; on enlève les femmes pour en peupler le harem , les jeunes garçons pour en faire des eunuques ou des icoglans. Les Turcs, qui n'ont point pris racine sur le sol , et qui ne se sont jamais élevés à la vie de nation , rançonnent ces contrées, où l'organisation municipale qui a survécu n'a cessé d*entretenir le désir et le besoin de l'indépendance. Ce qui les maintient , c'est que leur pouvoir central est supérieur aux lois nnarchiques des opprimés, qui , même en s'insurgeant, restent isolés et affaiblis par leurs passions.
La force matérielle et le fanatisme, qui donnèrent dans l'origine tant d'énergie à l'empire turc, seraient actuellement les seuls éléments de régénération ; mais comme ces moyens répugnent à toute civilisation , la décadence devient de jour eu jour plus évidente. Quelles réformes opérer là où la religion est la