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un temps plus ou moins long, par Tautorité législative ou par l'élection populaire. La chambre basse y est le plus souvent annuelle, et la chambre haute élue pour deux ans ou quatre au plus ; d'autres principes généraux résident plutôt dans le sentiment général que dans la législation : ainsi Tégalité politique des hommes , et par suite le 'suffrage universel ; la souveraineté delà raison commune, et par suite Tautorilé légitime du peuple; le principe de la perfectibilité humaine, ce qui écarte tout respect superstitieux pour le passé dans l'application du droit social.
Ces doctrines, greffées sur le fond commun de la législntion anglaise et sur le protestantisme, offrent une certaine uniforroité qui se révèle aussi dans les mœurs.
Le droit électoral varie dans les divers États, mais il est toujours démocratique; dans quelques-uns il faut avoir, soit un revenu de soixante-cinq à cent francs, soit un capital ou une propriété de sept centç h douze cents francs. Dans les provinces du centre et de Test, tout individu payant une taxe à TÉtat ou servant dans la milice est appelé à donner son vote , à Texclusion des mendiants et de ceux qui sont poursuivis criminellement; le vote s'exprime par des boules. Les hommes de couleur, même dans les pays où ils sont émancipés, ne sont point admis dans les assemblées électorales.
Une pareille extension donnée au droit de suffrage entraîne la nécessité de répandre Tinstruction dans toutes les classes ; aussi , dans aucun pays , les écoles , les feuilles publiques , les communications par la poste , ne sont-elles aussi nombreuses.
Les législations particulières ont pour fond la loi commune anglaise, mais avec beaucoup de modiOcations. Les substitutions ont été abolies; mais rien n'oblige le père au partage égal des propriétés entre les enfants. Cependant, jusqu'à présent, les héritages se trouvent partagés sans trop de disproportion. Le plus souvent le fils aîné d'un cultivateur succède à son père : il laisse à ses frères les capitaux, ou leur donne des hypothèques ; et ils se livrent au commerce , ou achètent des terres dans les pays vierges.
I^a peine de mort est très-rare ; un procureur criminel épargne
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aux offensés les frais de poursuite. Dans la procédure civile, les Américains n'ont pas repoussé, comme les Anglais, de salutaires innovations par respect pour des formes surannées. Voulant former une nation sans . perdre leur individualité , ils ont conservé non pas la tolérance, mais Tentière liberté de religion, de conscience, d'enseignement, au point de n'avoir pas de culte salarié, et de dispenser les quakers du serment en justice et du service militaire^ par le motif que ces deux choses ue sont point conciiiables avec leurs croyances, fjx somme , la partie spirituelle de Thomme y a été soustraite en tout à la loi ; mais Tintolérance y est restée intérieure, individuelle, conformément aux habitudes anglaises.
Après cela, après ce qui s'est passé dans ces dernières années, nous nous garderons bien de conclure que cette constitution soit parfaite , tout en la regardant comme la meilleure possible, si l'on considère la prospérité inouïe du pays. Avec la passion commune de la liberté , sans fanatisme religieux, sans l'arrogance des privilégiés ni la turbulence des gens oisifs , sans habitudes de domination ni de servilité, les idées démocratiques ont pris dans ce pays un développement prodigieux, et d'une immense efficacité. Il est vrai que la nouvelle république avait l'avantage de posséder un territoire immense, sans voisins menaçants, et par là sans guerres extérieures; aussi l'armée fédérale n'excède-t-elle pas douze mille hommes; et le département de la guerre , qui absorbe comme un gouffre les finances de l'Europe, n'y dépense pas au delà de 21 à 27 millions de francs.
La même cause écartait les périls intérieurs , attendu que l'industrie y trouvait un champ sans limites ; que l'homme pouvait y tourner librement son activité contre la nature, et donner essor à ses penchants sans nuire en rien à autrui, il n'y a donc ni oisifs ni mendiants, ces fléaux des républiques; car quiconque a bonne volonté y trouve à travailler et à s'enrichir.
La constitution fut adoptée , malgré l'opposition de ceux qui la trouvaient ou trop large ou trop restreinte. Les fédéralistes et les démocrates s'accordèrent pour appeler aux fonctions de président Washii\gton , dont le nom avait encore grandi
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dans la vénération de tous depuis qu'il avait déposé le pouvoir.
Mais lorsque la Révolution française vint faire éclater dans le monde un nouvel incendie , les démocrates se prononcèrent pour elle , en déclarant que c'était une obligation de soutenir un peuple libre et un peuple ami. Les fédéralistes voulurent garder la neutralité, et traitèrent avec l'Angleterre. Bien que le parti antifédéral prévalût dans le peuple, lorsque Washington résigna le pouvoir, on lui donna pour successeur John Adams, fédéraliste, qui avait été envoyé à Versailles avec Franklin, et qui avait été le premier ambassadeur de la république à Londres. Il dota son pays d'une force maritime qui bientôt releva au rang des principales puissances , en même temps qu'il recueillait tous les fruits de la liberté.
La population, qu'un accroissement extraordinaire eut bientôt quadmplée, s'adonna avec succès à Tagriculture ; les forêts les plus profondes, traversées par des routes immenses, lui fournirent de& matériaux de construction à l'aide desquels elle tira parti de la position si favorable du pays pour le commerce maritime. Aucune douane n'y entravait l'exportation des denrées , et le droit établi sur les marchandises importées était restitué lorsqu'elles sortaient de nouveau. Le commerce put donc y lutter avec celui des nations les plus florissantes, qui bientôt traitèrent sur le pied le plus favorable avec les États-Unis. L'Angleterre elle-même, alors en guerre avec la France, s'entendit avec eux pour régler les frontières de leurs possessions respectives , et leur accorda la faculté de commercer librement dans ses colonies occidentales avec des bâtiments de soixante-dix tonneaux , et de naviguer dans ses possessions d'Orient. Quant aux droits des pavillons neutres , à la contrebande et au blocus, les principes anglais furent réciproquement adoptés.
Les bâtiments des États-Unis parcoururent donc toutes les mers durant les guerres de la Révolution ; mais comme il leur manquait une marine militaire, ils ne pouvaient se soustraire aux avanies , devenues alors une nouvelle espèce de droit.
Cependant ils faisaient de grands efforts pour devenir puissance maritime, et l'occasion s'en offrit bientôt. Quand l'Espagne céda la Louisiane à la France (1*^^ octobre 1800), le séna-
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teur Ross, de la province de Pensyivanie , fit entendre ces paroles : « Puisqu'un traité solennel est violé, n'hésitons pais à « occuper un pays sans lequel la moitié des États ne saurait « subsister. Il est temps désormais de montrer que la balance de <t l'Amérique est en nos mains; que nous sommes, dans cette « partie du globe , la puissance dominante ; que notre adoles- « cence est finie , et que nous entrons dans Tâge de la force. » C'était un défi jeté au vieux monde. Pour le moment toutefois, les États-Unis restèrent en repos v mais bientôt Napoléon , ne pouvant protéger la Louisiane contre l'Angleterre , la leur céda (1803) moyennant quatre-vingts millions, avec ses dépendances, telles qu'elles étaient sous la domination espagnole. Ce beau pays, encore sauvage, situé au centire du nouveau monde, et traversé par le plus grand fleuve de la terre, navigable dans une longueur de douze cents lieues, ne comptait que soixante-cinq mille habitants ; mais les Américains y appliquèrent aussitôt leur travail et leur intelligence. Le territoire de la république se trouva doublé par cette adjonction , qui lui donna , avec le Mississipi et le Missouri, la domination dans le golfe du Mexique. Son commerce s'en accrut prodigieusement, surtout avec FEspagne, par la frontière de la Louisiane et de la Floride occidentale, de même qu'avec celle du Nouveau-Mexique.
Les États-Unis y introduisirent par degrés leur constitution, en conservant les anciennes lois. Livingston, après avoir défendu la Louisiane , de concert avec Jackson , contre une tentative des Anglais, lui. donna un code, où il introduisit des améliorations précieuses, abolit la peine de mort, sauf les cas de meurtre.
Le territoire s'étendit donc jusqu'à l'embouchure de laColombia, dans le Grand-Océan; plus tard les États-Unis, ayant beaucoup à réclamer de l'Espagne pour dommages causés par ses corsaires, conclurent avec cette puissance un traité < 22 février 1819), moyennant la cession des Florides, provinces longtemps ambitionnées , parce qu'elles faciUtaient leur commerce n.vec Cuba et 1^ Mexique, en même temps qu'elles protégeaient leur frontière méridionale, et leur fournissaient des bois de construction.
Le nombre des États s'accrut ainsi de dix-sept à vingt-deux ,