‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 40 sur 82 · CONFEDERATION GERMANIQUE · texte numérisé non relu

CONFEDERATION GERMANIQUE

Les rois d*abord s'étaient arrêtés, quand la France menaçante ne parlait que de yengier Topprobre de 1815 et de recouvrer le Rhin ; mais quand ils virent cette puissance rentrer dans Tancien ordre de choses , ils songèrent à rétablir Tautorité absolue, prétextèrent quelques désordres survenus à Hambach, pour s'armer de toute la rigueur des lois (1832). Ils décidèrent donc que toute demande des chambres contraire à Facte de Vienne serait repoussée, et que, si elles refusaient l'impôt , la force interviendrait. La diète chargea une commission d'examiner de près les propositions des diverses chambres ; et les gouvernements s'obligèrent réciproquement à réprimer tout empiétement des assemblées d'états contre la diète. Puis on interdit les réunions politiques, les cocardes, les arbres de liberté.

Ce n'était donc pas seulement le parti révolutionnaire, c'était encore le parti constitutionnel que l'on essayait de comprimer. Tous deux tentèrent de résister ; mais ils échouèrent. Les deux «odétés principales , l'Arminienne et la Germanique, qui aspiraient également à l'unité allemande, firent à Francfort un mouvement (1833) qui avorta, et tourna au profit de leurs adversaires. Les puissances étrangères , qui élevèrent la voix en faveur des libertés germaniques, ne. furent point écoutées; et là , comme ailleurs , on perdit les anciennes franchises pour eu avoir rêvé de nouvelles.

L'abaissement des petits États assurait la prédominance des deux grands. L'Autriche se posa ouvertement comme l'implacable adversaire des prétentions libérales, et n'admit de réforme dans aucun de ses États. Avec ses populations d'origine, de langue .et de traditions diverses , comment aurait-elle cette unité qui fait la force des autres puissances ? Touchant à dixhuit États, elle a des relations extérieures très-compliquées , et se trouve obligée à de grands armements du côté. de la Turquie; ses colonies militaires, féodalité armée, ne lui permettent guère de tirer parti de ces pays fertiles , jusqu*au jour où la chute des Ottomans lui donnera un voisin moins turbulent.

Les revenus de l'Autriche, qui à l'avéuement de François If ne dépassaient pas 86 millions de florins (198 millions de ir.), s'étaient élevés, à sa mort, à 136 millions (302 millions de fr.).

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I^es mines de sel, de mercure, d'argent, lui rapportent beaucoup, ainsi que les mines d'or de la Transylvanie et de la Hongrie, si mal exploitées qu'elles puissent être. Son littoral s'est beaucoup étendu , mais cette vieille alliée de l'Anglelerre ératnt d*exciter sa jalousie. Le silence règne aujourd'hui dans les fameux arsenaux de Venise; un vaste arsenal militaire, dans le beau port de Pola , est resté en projet. Cattaro et Raguse sttccombent, sous les faveurs dont on comble Trieste, qu'une immense prospérité attend, lorsque le chemin de fer qui doit la mettre en communication avec Yioine et Varsovie sera terminé. Cestde ce côté que l'Autriehe tourne ses efforts. Elle et la Russie, par léitt traité du 35 juillet 1940, ont proclamé libre la navigation sur le Danube, parcouru aujourd'hui par les bateaux à vapeur, depuis Ratlsbonne jusqu'à Constantinople et à Trébizoode. Le système protecteur des douanes a été modifié; des tairifs ont été réduits. Il s'est créé beaucoup d'établissements utUes, et le gouvernement est dans la voie des améliorations matérielles^» Mais l'Autriche porte le poids d'une dette puMique énorme , qui s'est beaucoup accrue pendant la paix >, et il est difficile d'y remédier avec une grosse armée, une diplomatie coûteuse, un empire composé de trois masses hétérogènes, divisées entre elles par des lignes de donanes , et réclamant des lois dont le but est différent*.

François P*", tout^en soupirant aussi après cette centralisa-

' La dette autrichienne est de 1,014,000,000 de florins (2 f. 37 c ), c^est-à-dire de sept fois environ le revenu ; et la rente annuelle à payer s^étève à 67 millions de florins.

2 Sur les 456 millions de livres autrichiennes (304,696,000 fr.) qui forment le revenu total de TAutriche, la taxe de la Hongrie, qui tient lieu dMmp6t foncier, ne s'élève qu*à 13,185,750 (11,312,95S fr. ). Elle a pourtant plus de douze millions dliabitants, tandis que la Lombardie, qui n'en a que deux millions et demi , paye pour l'impét foncier seulement 22 millions de livres autrichiennes , et pour droits de consommation , y compris TÉtat vénitien, 13,200,000, sans compter les contributions indirectes. Ainsi, en additionnant le tout, on paye dans les provinces italiennes 22 livres ( 19 f. 74 c. ) par tête (TEOCBORsav ), tandis qu'en Hongrie on ne paye qu*un peu plus d'une livre.

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tion rêvée par Joseph II , ne pouvait se flatter de soumettre des élémeots si divers à un mode ui^iforme : il se borna à conserver ; tandis que le monde marchait, il s'arrêta. Il n*y avait de bon à ses yeux que ce qui avait été bon autrefois. Il voulait que les peufdes eussent foi dans leur empereur, et le laissassent faire. Ce fiit avec cette politique simplifiée qu'il gouverna jusqu'en ISSS, refusant tout à des peuples qui chaque jour prétendaient à un régime plus indépendant. François mit donc tout son recours dans la force ; il augmenta son armée , et mourut en léguant son coeur à ses soldats. Il n*y avait, en Allemagne, qu*im seul moyra de tenir tête à l'Autriche , c'était d'y prendre en main la cause de la liberté, de la nationalité, de l'intelligence ; tel était le rôle qui convenait à la Prusse.

Lesgrands revers qu'elle avait éprouvés sous Napoléon avaient contribué à rinstruireet à la régénérer. Sa politique , dès le dé^ but de la Révolution , lui commandait de se rallier à la France pour balancer l'Autriche; mais l'intérêt d'équilibre céda h l'intérêt de principes, et Frédéric-Guillaume II se fit le champion des émigrés. Mal soutenu par ses alliés, il fut battu ; puis, lorsque Catherine II lui jeta quelques lambeaux de la Pologne , il lui fallut songer à les contenir. Enfin, il se réconcilia avec la France, qui, à l'aide de la Prusse, crut rendre le parti protestant prépondàrant en Allemagne , et pacifier l'ËuropjB .

Frédéric Guillaume 111, qui lui succéda à vingt-sept ans (1797), penchait vers la France ; mais il n'osa se brouiller avec la Russie , et conserva la neutralité durant les premiers revers des Français , de même qu'il résista aux séductions menaçantes de Napoléon. Cependant le ministre Stein (1807) comprit que, pour amener le peuple à des sacrifices, les intrigues ne suffisent pas ; et il mit la main aux grandes réformes.. Il abolit le vasselage, la servitude de la glèbe, et toutes les juridictions héréditaires; étendit aux bourgeois et aux paysans le droit de posséder des biens-fonds, et déclara que le commerce et l'industrie ne dérogeaient pas à la noblesse ; il compléta l'affranchissement (1818), en proclamant que tout vassal héréditaire pourrait devenir propriétaire légal des deux tiers du domaine exploité par lui , le surplus demeurant au seigneur. Il

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établit aussi le système des municipalités éleeti¥es , où tout eitoyen, quelle que soit sa naissance ou sa croyance, peut choisir ses magistrats. Après avoir supprimé le privilège des grades militaires , résenré aux nobles par Frédéric II , il demanda à la eoDseription une armée nationale , et exerça la jeunesse au maniement des armes : transitions prudentes, pour passer du gouvernement militaire de Frédéric II à une nouvelle ;constitution.

Napoléon força Frédéric-Guillaume à congédier Stein; mais les idées de ce ministre étaient déjà entrées dans la politique du roi, qui s'appliqua aux réformes, guidé par Tamour du peuple et de la justice, substitua aux anciennes taxes un impôt uniforme, et abolit corporations et privilèges. En 1813, la royauté prussienne se trouva effacée au milieu de Tenthousiasme belliqueux du peuple et de l'influence prépondérante de la Russie. Le peuple entier courut aux armes sans qu'il fût besoin de Vy pousser, et il se trouva à la paix vainqueur, et riche de toutes aortes de promesses. Il était plus facile de les faire que de les tenir, dans un royaume créé par l'épée et par la diplomatie, sans frontières naturelles , sans unité de races, de langue, de civilisation , de croyance , de législation, de souvenirs ; dans un royaume où le droit féodal régit enco. . ^"^ centrées orientales, tandis qu'à l'occident le voisinage de la l^rance et son admi* nistration ont introduit jusque dans la loi des principes démocratiques. Frédéric-Guillaume crut qu'il n'y avait que le gouvernement absolu qui pût engendrer la coh^on; et, pour avoir ses coudées franches, il se rapprocha étroitement de ses alliés. Les patriotes s'en irritèrent, et le traitèrent d'imposteur et de tyran. Ces ressentiments ne firent qu'accroître chez ses alliés la nécessité de rester unis pour y faire face. Cependant, lorsqu'en 1823 le succès les encouragea à abolir toutes les libertés, Frédéric-Guillaume accorda les états provinciaux , mais avec des attributions très-restreintes.

En 1830, la révolution de Belgique renversa la maison d'Orange , si étroitement liée à la Prusse, et lui enleva les positions qui flanquaient son grand-duché du Bas-Rhin , où le mécontentement se propageait. Le roi eût bien voulu écraser cette ré-

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Tolution belge; mais les intérêts diplomatiques ne permirent pas que la paix fût troublée.

La Prusse n'a point de frontières : elle peut être attaquée au nord sur tous les points; elle ne possède ni les sources^de TOder, de la Vistuie<, du Niémen, ni celles du Rhin et de l'Elbe, fleuves qui lui donnent tant de vie; il lui fallut en conséquence chercher sa forcedans les positions militaires plus que dans les positions géographiques, et mieux encore dans la puissance morale. Elle doit aux meilleures forteresses la sécurité que sa configuration et ses fleuves, trop souvent gelés, ne sauraient lui dontier ; salandwehr lui assure une réserve de trois millions d'hommes et demi , qui coûte peu, sans enlever ni bras ni intelligences à Tactivité nationale ; ce qui lui permet de n'avoir sur pied que cent vingt-deux mille hommes de troupes , et encore en laisse-t-on un dixième dans leurs foyers. La population s'est augmentée considérablement en Prusse ( comme dans toute F Allemagne , sans compter l'Autriche ) vet depuis vingt ans eHe a augmenté dé trois millions d'âmes. Ses rois se sont appliqué avec persévérance à donner quelque unité à des populations divergentes , et à rapprocher d'eux les petits États, en se faisant les représentants de î'AUemagne. Apr^ la chute de l'Empire surtout, Frédéric-Guillaume caressa les intérêts et les idées d'alors; il avait pour sujets onze mUUons d'AUemands, le plus grand nombre qui jamais se soit trouvé réuni sous un même sceptre ; et il sembla offrir un centre à l'Allemagne entière.

A peine le blocus continental eut-il été levé, que l'Angleterre inonda toute L'Allemagne de ses produits; car on y avait touj/ours négligé les manufactures pour les armes. Parmi les intérêts auxquels le congrès de Yientie n'avait pas pourvu, se trouvaient les relations commerciales intérieures, qu'il avait réservées à la diète. Les anciennes barrières furent done conservées ; et les tarif», les prohibitions, les rivalités, vinrent encore entraver l'unité. La Prusse surtout avait besoin d'un bon système financier, d'une administratioa unitaire et forte; les impôts directs ne pouvant plus être accrus , il ne restait plus que la reissouree des contributions indirectes. Mais là apparut ce que le système des douanes avait de vicieux. L'expérience fil bientôt

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voir que le meilleur moyen d'augmenter les recettes était la lilierté, et on en lit Tessai à Tintérieur. Tout put donc entrer et sortir; on substitua la taxe au poids et à U mesure à la taxe basée sur la nature des produits; Tévaluation et la surveillance devinrent faciles. On en ressentit aussitôt Favantage ; et les manufactures prospérèrent, par Tefifet de mesures qui, am yeux de bien des gens, devaient les étouffer. Les autres États, qui souffraient de leur isolement et de leurs douanes multipliées, reconnurent bientôt ce qu'ils gagneraient à se procurer un marché plus étendu, au moyeu de concessious réciproques. La Hesse-Darmstadt traita àce sujet avecla Prusse (1835), ce qui conduisit à des idées plus larges encore, telles que d'échanger librement tous leurs produits sans lignes de douanes entre elles, chacun pereeviint les droits sur sa frontière, pour les partager entre elles en raison de leur population.

De telles idées- contre-carraient toutes les habitudes , mais l'expérience donna un démenti à toutes les prévisions sinistres ( 1838). La Bavière et la Wurtembei^en avaient déjà fait autant, et, à leur exemple, la Hesse électorale s'unit avec le Hanovre et la Saxe , le Brunswick avec Brème et Francfort. L^ Prusse, visant alors à s'assurer la suprématie en Allemagne à l'aide du commerce, fondit les deux unions en une seule; et, à partir de 1830,^ la Prusse , la Hesse , la Bavière et le Wurtemberg jouirent de la franchise réciproque pour leurs produits et leur industrie.

La réussite fut telle, qu'en 1846 l'union douanière , ou Zoliverein, embrassait 8,307 milles allemands carrés ( de 8 kilomètres et demi chacun ) et 39 millions d'habitants, c'est-à-dire toute r Allemagne centrale et méridionale, à Texception des possessions de l'Autriche^ qui s'en tint isolée , à cause de ses provinces italiennes et de la Hongrie. Ce système a pour base primitive l'union, à laquelle les autres sont considérées comme ayant accédé. Le tarif en est très-modéré; mais on a cru, en grevant les marchandises étrangères, favoriser l'industrie iudigcne. La production des cotonnades , des étoffes de laine , des soieries , s'est en effet prodigieusement accrue, au point qu'on put cesser d'en tirer de rétrauger; la valeur des immeubles s'est augmentée;

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ks capitaux ont trouVlS un emploi ^us avantageux ; les pauvres y ont gagué du travail , et tous plus ou moins d'aisance. 11 en est résulté pour les gouvernements une grande économie d*ad- . ministration, car la ligne des douanes s'est trouvée réduite de plus de moitié; la contrebande et par suite Timmoralité ont aussi diminué , de même que la nécessité de payer des juges et des geôliers.

Un grand port de mer manque au Zollverein pour faciliter les débouchés au dehors. La Baltique est éloignée et fermée , par le péage établi sur le Sund ; le Hanovre reste attaché à TAngleterre, le Holstein au Danemark; Brème et Hambourg ne veulent pas renoncer au profit qu'elles tirent du concours de tant de marchandises étrangères ; elles se tiennent donc à l'écart ', et le Zollverein ne peut parvenir à la mer. Le Zollverein se trouve bloqué par la France, la Hollande, la Russie, et par l'Autriche, qui est devenue étrangère à l'Allemagne; il doit donc se borner à des traités de commerce , au lieu de proclamer cette liberté qui , selon les doctrines du fondateur de ce système* , ne peut exister qu*à la condition d'être réciproque.

L'union douanière est une nouvelle expression du besoin d'unité. Il a été question de donner à tous ses navires marchands un même pavillon , et de lui prêter pour appui une marine de guerre fédérale; d'établir une colonie fédérale pour recevoir les condamnés, et les vingt ou trente mille individus qui émigrçnt tous les ans , soit au service de l'étranger, soit dans les colonies des autres États. Ce qui serait plus facile à réaliser encore, ce serait l'unité de mesures, de monnaies, et de code commercial. L'industrie allemande fait déjà peur à l'Angleterre; elle a des foires incomparables, des fabriques de machines et d'instruments d'optique , des universités renommées par leurs études profondes, des presses typographiques très-actives , des chemins de fer qui réunissent les pays que la politique sépare. La culture de la vigne s'étend ; les bains attirent tant de monde , que la taxe payée par les étrangers est dans certains pays une grande

' Hambourg est entré dans Passocialion depuis 18^7. ■ Frédéric List ,<|ni s'est tué en 1847.

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partie du revenu public ; enfln, le commerce extérieur y grandit. La race germanique prend le dessus de plus en plus sur la race slave; déjà elle se Test assimilée sur la rive gauche de F Elbe de même que sur la rive gauche de TOder, et les colonies allemandes s'avancent du littoral vers Tintérieur.

L'importance que l'union douanière a déjà donnée à la Prusse atteste de quel poids elle est dans les destinées de rAlIemagnè. Moins florissante peut-être pair ses recettes que par l'économie qu'elle a introduite dans les douanes et l'armée (1), elle attire dans ses universités les honimes les plus marquants , et ne craint pas de lés introduire dans le conseil des rois. EHe réunit en ce moment PEms au Rhin , et par conséquent à la mer I9oire au moyen de la Lippe; fait capital, qui la rendra la rivale de la Hollande.

L'émancipation des basses classes et l'affranchissement de la propriété y marchent d'un pas rapide ; les majorats disparaissent, la propriété se morcelle. Le mouvement intellectuel ne peut se ralentir dans un pays que sa position et que tant d'hommes d'élite exposent aux regards de l'Europe. Il reste à souhaiter qu'une bonne organisation des états fasse un corps politique de ce qui n'a été jusqu'ici qu'une aggrégation de provinces.

Lors du couronnement de Guillaume IV ( 1840 ), les députés de ces provinces lui rappelèrent les engagements que son père avait pris , de donner une constitution !!niforme au pays. Il repoussa l'idée d'un système de représentation générale , et con- ^ntit seulement à ce que les états publiassent leurs délibérations et leurs votes. Mais h peine eut-on conquis ce commence^

' Tegoborski (Des finances de l'Autriche, 1843) a écrit deux gro6 volumes pour combattre les nombreuses publications où Ton a établi Pinfériorité de rÂutricUe par rapport à la Prusse. Il y perce toutefois des faits d'autant plus importants qu'ils sont moins connus. Selon lui, la Prusse avait, en 1843, 2,399,000 livres autrichiennes de revenu, c'està-dire qu'on y paye 16 1. 30 par lôtc ; rAutrichc, 420,000,000, ce qui failli I. 55; la France, 3,635,655,000, c'est-à-dire 40 1. 50 par tôti*. L'armée de l'Autriche hii coûte 153 millions de livres; celle de la Prusse, 99 millio'is.

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ment de liberté , que Ton en demanda davantage : liberté de la presse, constitution avec des garanties sérieuses, permission au clergé catholique de communiquer avec Rome, libre accès pour les catholiques et les israélites à toutes les fonctions de F État. Nous verrons plus loin ce qui s'ensuivit. Cet exemple entraîna le reste de TAllemagne. De toutes parts on réclama des états provinciaux ou généraux. La Bavière détendit son frein ; d'autres petits États firent de même. Mais l'enthousiasme de la libertc^ y dégénéra trop souvent en une fureur de bouleversement qui voulut abattre la famille, la propriété, et Dieu; aussi Heine, qui attisait de loin cet incendie, s'écriait-il que quand la révolution éclaterait en Allemagne, celle de France ne paraîtrait plus qu'une idylle.

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