III8T. DE CENT ANS. — T. IV
IM ÏSTROPIOMIE.
1(1)1 n!Wïfr»f>iuenls connis avre iinn (^xlr<?iiie n^gul.iriMjar l'W iintnie aucieiiii*.
Hallof , qui se servii des formules newtonienoes pour taM les ëvoliitinns des TÎngt-qua Ire comètes les plna notables. d montra cfuVIIes ne déeriïpnt pus toutes des parabole», v' y m » qui décrivent des ellipses très-allongées, et qu'flksff paraiuenl périodiquement', m«s il s'y trouvait une variiM t|ui nllflil jusqu'à deux ans sur ïoixaDte-sJ^. l.e eitlcul diflinir de en mouvements fut établi par (llairaui, qui àètm l^mpset le lieu où apparatlrait la eomète de 1758, apK» 1^ retards oreasiounés par l'attraction de diverses plan«t«;'l l\ l'élounement du monde savent, il tomba juste à une dillirenée de douze jours seulement. Dès lors une ^re nnuvellei'iK vrit pour l'astronomie ■.
Si un astre, la lune parueirple, gravitait seul vers le renif de la terre, il décrirait ime ellipse; mais s'il est aussi at le soleil, il tendra soit à augmenter, soit à diminuer les ditoo Bions de ioi) premier orbite, et il en résultera ime cOBplia' lion qui paraîtra du dfeordre h la première rue. Cest ainsir* vurplt le prii'ilcitn' di's finis corps, que Newloii n'avaii f* iiK'tue essayé de résoudre analyliquement , et qui le fut pouri: première fois par Cloiraut (1747) : solution qui embrassail i# les mouvements subordonnés de la lune , connrnriait de plus'^ pim la Ini de gravité simple , et développait le principe des [«■ lurliations. V.uler , en ayant eu connaissance , reprit les dWiri iiivesiigntioiis avec une méthode différente ; et il obtint le nu'i» résultat., de même que d'Alemhert, Mayer et Sitnpson H"'' Icnibert démontra i-e rjue Newton n'avait fait qu'émettre sur 1' précession des équinoxes, et ramena à l'attraction jusqu'jui perturbations découvertes par ISradley dans la précession "
' lia 1773, Lalanile ànnon^ ([u'iinc romélc s'approclierail asnniot' ' lie la terre , et l'offroï Tiil iirnnJ. Celle annonce donna occasion de al' ' I nier les Elfels qtic [irodiiirail une <'oiritle en s'iipprocliant de la Ictt" itaii7.e ou Iroixe mille lieu<», et l'on prélenilll <]ii'îl en réfiullerail ■> Ihu tellement violent , i|iie les eaux de la mer couvriraient 1« i«*
roscillatiou de Taxe de la terre peudant une période de dix-huil ans , juste Tespace de temps que met la lune pour revenir aux mêmes points d'intersection du plan de TécUptique.
Ainsi Tespace inûni ouvert par Newton fut conquis. jusque dans ses parties les moins accessibles par les savants du dixhuitième siècle, puis par Lagrange, par Laplace, et d'autres encore , qui , à mesure que s'étendirent et se généralisèrent les procédés du calcul analytique , complétèrent la théorie de Fattraction, qui embrassa les marées, les inégalités lunaires, le mouvement des comètes , la détermination de la figure de la terre ^ct la loi de Tattraction resta victorieusement démontrée.
La complication des mouvements célestes et des forces qui les déterminent, avait conduit Newton et Eiiler à reconnaître nécessairement l'intervention d'une main toute-puissante pour en réparer de temps en temps les perturbations. Laplace (1749- 1827) entreprit, au contraire, d'en signaler l'ordre inaltérable , et de faire voir qu'au milieu du dérangement app(|rrent des éléments planétaires , il y en a un qui demeure constant, le grand axe de chaque orbite, et par conséquent le temps de la révolution de chaque planète; de telle sorte que l'attraction universelle suffit pour maintenir le système solaire. Cette invariabilité des mouvements moyens fut démontrée dans la Mécanique céleste (1773); puis Laplace prouva (1784) que la stabilité des autres éléments du système venait de la petite masse des planètes, de la faible ellipticité de leurs orbites, et de leur direction semblable dans leur rotation autour du soleil.
Ce savant ayant établi les lois dynamiques, qui devinrent la base de tout le système analytique des forces , les appliqua au système du monde , et posa les principes d'où devait résulter l'invariabilité des distances moyennes des planètes. Après avoir assuré les méthodes d'approximation , il put donner une théorie mathématique des inégalités des satellites de Jupiter , qui jusque là n'étaient connues qu'empiriquement ; il imagina des méthodes variées pour calculer les perturbations des comètes , ainsi que les mouvements des nœuds et des inclinaisons d€s orbites planétaires. 11 appliqua sa théorie de la variation, à l'aide de laquelle il avait reconnu que la variation de l'excen-
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rricité de Jupiter doit altérer le mouvement des satellites, à la libration de la lune , ensemble de phénomènes singuliers ëéeou* verts par Cassini , qui offraient un accord ineiplieable entre des éléments très-disparates, jusqu^à ce que Lagrange sût aussi le ramener à Tattraction universelle , en démontrant la modifieatioo que la lune a subie en se solidiGant , par suite de l'attraction de la terre ; et il expliqua pourquoi elle tourne toujours la sfiéme face de notre coté. 11 détermina ainsi la véritable théorie de Féquation séculaire de ce satellite , résultant du changement de rexcentricité de Torhite de la terre par Faction des grandes planètes: il trouva ensuite que cette équation séculaire «ne se rencontrait ni dans Jupiter ni dans Saturne, et il introduisit enûu (1808) dans la Mécanique céieste la fonction dite pertur^ batrice , d'après laquelle l'analyse qui s'applique à un nombre indéterminé de corps devient simple, comme si elle ne considérait qu'un seul corps.
Lalande (1722-] 807) compléta le sjrstème parfaitement mécanique et dynamique du mécanisme céleste; il rassembla et combina dans une vaste généralité tout ce qui était connu avaat lui; il remonta aux conséquences les plus éloignées, et fit en* trer dans le domaine de l'analyse une foule de vérités physiques. Il mania habilement le calcul , et si parmi ses procédés il en est ' qui ont vieilli , on en compte cependant dont la seienee fera longtemps usage.
Lalande trouva, sans se déplacer, le moyen de déterminer cette distance moyenne du soleil que l'observation était allée chercher dans les régions les plus éloignées : il la détermina au moyen des perturbations de la lune, dans lesquelles il constata aussi les effets de l'aplatissement du sphéroïde terrestre. Des effets d'attraction de la lune , il déduisit encore des ai^uments pour combattre la théorie du refroidissement successif de notre globe, que Buffon et Bailly avaient ingénieusement supposé; et il démontra que, dans l'espace de deux mille ans, la température moyenne de la terre n'avait pas varié de la centième partie d'un degré du thermomètre centigrade.
Jamais l'analyse mathématique n'avait atteint des vérités aussi profondément enveloppées d^viis les actions complexes de forces ;
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jamais (m n'avait démontré si péremptoirement, par l'application de règles inflexibles, que la même loi de gravitation maintient Tordre dans la variété ; jamais on n'avait prouvé d'une manière aussi évidente la stabilité du système solaire.
Lalande porta aussi dans les problèmes des longitudes une précision que la science n'aurait osé espérer , en ramenant à une exactitude mathématique les nombreuses perturbations des satellites de Jupiter , perturbations que Galilée avait prévues , et qui occupèrent trois générations de géomètres. Grâce à lui, les marées furent soumises à une théorie analytique, où pour la première fois apparaissent les conditions physiques du problème; de sorte que les calculateurs peuvent prédire, plusieurs années à l'avance , l'heure précise des marées, en la déduisant des actions attractives du soleil et de la lune.
De même que Montucla avait écrit l'histoire des mathématiques, Bailly (1736-1793) écrivit celle de l'astronomie. Il donna trop carrière à son imagination dans ce qui regarde la science de l'Orient, et regarda l'astronomie indienne comme étanV d'une haute antiquité , se fondant sur des observations d'une valeur contestable. Il est impartial à l'égard de l'astronomie moderne; mais on voudrait y voir les découvertes capitales plus nettement exposées , et leur marche graduelle mieux éclaircie. Il fut extrêmement goûté , grâce à son style élégant et à son enthousiasme pour la science.
Beaucoup de savapts s'appliquaient alors à perfectionner les instruments de précision. Halley étudia la dispersion inégale de la lumière en passant dans les divers milieux, aGn de corriger la couleur, par la combinaison de verres, au foyer objectif des télescopes : idée reprise par Jean Doîlond, qui perfectionna le télescope achromatique. Rochon appliqua le prisme aux lunettes pour décomposer la lumière des étoiles, et trouva le moyen de mesurer exactement les lois de la réfraction et de la diffraction. I/invention du cadran d'Halley , en 1731 , permit de faire des observations sur les navires. Leroy, Berthoud et Harrison fabriquèrent d'excellentes montres marines. Fergusson trouva la roue astronomique pour observer les éclipses de lune ( 1776). 1.0 mécanicien anglais Ramsden dut à la perfection de ses
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instruments astronomiques d'être compté parmi les savants. Les télescopes à réflexion furent perfectionnés en Angleterre; mais les télescopes catadioptriques de William Herschell (1788- 1822) donnèrent des résultats jusqu'alors inconnus. Il n'en existait point avant lui qui grossissent au delà de quatre cents fois; il arriva à six mille, en abandonnant les procédés en usage pour la fabrication des miroirs, et rendit en outre ses télescopes d'un maniement commode. Il passa des années sans se coucher une seule nuit, toujours en plein air, et pensant que c'était la méthode la meilleure pour les observations. Il employait des jours entiers à polir ses miroirs. Il commença ses observations en 1774, avec uu télescope de vingt pieds; puis il en termina en 1787 un de quarante, ayant quatre pieds d'ouverture, à Taide duquel il vit la nébuleuse d'Orion étinceler d'une vive clarté. Aucun des instruments dont se servit Galilée ne dépassa l'angmentation linéaire de trente-deux fois. Huygliens et Cassini l'obtinrent de cent fois, en portant à huit mètres la longueur focale du télescope. Anzout fit un objectif capable de rapprocher de six cents fois les distances ; mais comme il avait quatre-vingt-dix mètres de longueur, il était extrêmement difûcile à manier. Cest pourquoi Ton préféra les télescopes à réflexion , jusqu'au moment où Dollond fabriqua des lentilles achromatiques , qui rivalisent, pour les résultats qu'elles procurent dans leur petite dimension^ avec ces interminables objectifs. L'Angleterre les répandit partout et en conserva le privilège, grâce à la perfection de son cristal, jusqu'à l'époque où Frauennhofer à Munich trouva le moyen de les faire sans stries. La plus grande lentille achromatique connue n'a que trente- huit centimètres d'ouverture; mais on se propose d'en faire qui aient jusqu'à un mètre. Barlow voulut suppléer à la difliculté de se procurer de grands morceaux bien purs de flintglass au moyen de minces lentilles remplies d'un fluide incolore et transparent. Amici, de Modène, construisit des télescopes qui ne le cédaient en rien à ceux d'Herschell ; il en fabriqua un nouveau, composé d'un miroir concave et d'un autre à surface plane, troué au n^ilieu; il flt aussi des microscopes à réflexion et des chambres lucides.
Lcrobours el Cauchois a^)portèrcnl une nouvelle perfection
aux instruments d'optique. Arago, qui a su rendre populaire 'une science qui semble n'être le partage que de mathématiciens profonds, a inventé des instruments ingénieux pour obvier aux erreurs produites par Tirradiation, dans le calcul des diamètres des planètes. Troughton a perfectionné de plus en plus les instruments vantés de Ramsden ; et Gambey a construit un équatorial avec lequel on suit très-exactement les mouvements célestes.
Les effets ont été proportionnés aux efforts , sinon en importance , du moins en étendue. Delambre et Méchain, à Faide du cercle répétiteur inventé par Borda, tracèrent l'arc terrestre entre Dunkerque et Barcelone ; Biot et Arago allèrent le continuer jusqu'aux îles Baléares ; les Italiens le tirèrent dans toute la longueur de leur péninsule; TAllemagne et TAngleterre acceptèrent les points trigonométriques ; à l'heure qu'il £st, plusieurs savants s'occupent de la triangulation de l'Inde. Delambre (1769-1822) voulut refaire le calcul de toutes les tables astronomiques , projet qui fut repris par des astronomes de Berlin. Ce fut au milieu des fureurs de la Révolution, et exposé à des soupçons que tant d'autres expièrent sur Téchafiaud, qu'il exécuta la mesure de l'arc de méridien dont une fraction < la dix-millionième ) devait servir d'unité fixe au nouveau systèine métrique.. Vecchio unit, dans son Histoire de V Astronomie j rérudition à la pratique, pour traduire les opérations antiques dans le langage moderne.
L'Académie de Berlin a convié les astronomes les plus renom* mes à former un atlas céleste complet, assignant à chacun d'eux une des vingt-quatre. heures équatoriales.
Lorsqu'^une fois les instruments furent perfectionnés, et que toute chose eut été soumise au calcul, le ciel sembla récompenser tant d'efforts, en révélant d'autres corps perdus dans son immensité. Dans la ntiit du 13 mars 1781 , Maskelyne avait observé une étoile mobile, que l'on crut pendant quelques mois être une comète. Enfin son orbite ne se dessinant pas en parabole, llerschell acquit la certitude que c'était une planète : il lui donna le nom ii' Astre géorgien, et Bode celui à'LIranus,
Kepler, guidé par l'idée de Tharmonie avec laquelle le Créa*
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teur a disposé Tunivers, avait vu que les {rfanètes sont, par rapport au soleil, à des distauces représentées par les séries 4,7,* 10, ] G, 28, 52, 100. Toutefois il manquait celle qui aurait dû se trouver au nombre 28 , entre Mars et Jupiter. Or Piazzi, à qui Ton doit l'observatoire de Palerme, a3rant foit construire par Kamsden, non plus un quart de cercle mural, aVec lequel on peut se tromper de quatre ou cinq secondes, mais un cercle entier qui ne permet pas même Terreur d'une seconde,, porta jusqu'à 6,748 le catalogue des étoites; puis, le 1^ janvier 1801, SI aperçut une petite planète qu'il appela Gérés. Une autre, Pallas, fut signalée à Brème par Olbers le 28 mars 1802; ensuite Junon, par llarding, le T'' septembre 1804; et Vesta, le 29 mars 1807. Plus tard, Astrée fut découverte par Henke le 8^ décembre 1845; Iris et Flore, le 13 août et le 18 octobre 1847, ainsi que Victeria, furent signalées par Hind à Greenwich; Mitis le fut par Grabam le 2o avril 1848 ; Hygie et Parthénope, le 14 avril 1849 et le 11 mai 1850, furent découvertes à Naples par Gasparis. Ce sont de très-petites planètes, dont les orbites sont plus inclinés que les autres par rapport au plan de Técliptique, et que Ton suppose être des débris de la grande planète qui devait occuper la place vacante dans la progression de Kepler. Mais le monde fut plus frappé d'étonnement lorsque , dans le cours de Tannée 1846, Leverrier indiqua, par la seule puissance du calcul, Tendroitprécis où devait se trouver une planète au delà d'Uranus ; et , par une coïncidence singulière, elle fut découverte par Gall, à Berlin , presque le même jour où Leverrier Pavait trouvée à Paris à l'aide du calcul. L'immense télescope que lord Rose a fait construire pour son usage particulier révélera sans doute' de nouveaux secrets dans le ciel ; déjà il a servi à faire reconnartre une infinité d'étoiles distinctes dans le vaste amas des nébuleuses.
C'est à Scliroter que l'on doit la description la plus exacte de la lune, et les meilleurs travaux sur l'atmosphère de cette planète. D'autres y ont établi par la pensée leur observatoire pour décrire les phénomènes qu'ils apercevraient de là ': Labire a calculé que, pour y apercevoir une tache grande comme Paris , il sufiit d'une lentille d'un puissance focale représentée par rent,
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et qu'il en faut une de soixante nulle pour distinguer un corps ayant une toise d'étendue. Delambre et Zach ont dressé les meilleures tables du soleil; Herschell , à la fois sagace et hardi, sonda le prenuer les profondeurs du ciel , pour déterminer la forme et les limites de la couche d'étoiles dont notre monde fait partie. A peine eut-il rompu les barrières des cieux ' en découvrant tJranuSy qu'il en calcula Torbite et les éléments. Après avoir signalé aussi les astéroïdes, il sentit la nécessité de réformer les connaissances des anciens relativement aux inégalités et aux perturbations des planètes. Moins à Faide du calcul que par la puissance des instruments qu'il avait composés , il vérifia que l'anneau de Saturne tourne rapidement autour de la planète, et il y discerna les deux satellites intérieurs ; il en trouva six à Uranus; il porta son attention sur les étoiles doubles et sur les nébuleuses; il détermina les moindres diamètres de Gérés et de Pallas; enfin, il fixa ses regards sur le soleil , et établit que la lumière n'émanait pas de cet astre, mais des nuées phosphorescentes de son atmosphère.
Piazzi, tirant parti d'une idée de Galilée adoptée par Herschell, observa le petit angle formé entre une étoile brillante etune moindre qui l'accompagne; et, par la variation d'ouverture qu'il supposait devoir se produire tous les six mois, il essaya, mais sans succès, de calculer les distances des astres. Il étudia mieux l'obliquité de l'écliptique, bien que l'irrégularité de la réfraction que le soleil éprouve en hiver l'eût empêché de noter avec précision les deux solstices. Gette réfraction fut ensuite soumise au calcul par Lalande; et sa formule fut trouvée exacte, même pour la zone torride, par Humboldt et par Delambre. Le Milanais Oriani précisa les éléments d'Uranus , et résolut des difficultés déclarées invincibles par Euler, en trouvant tous les rapports possibles entre les six éléments d'un triangle sphéroîdal quelconque. Poisson calcula les perturbations planétaires, l'invariabilité des grands axes, et la distribution de l'électricité eu repos à la surface des corps. Le Florentin Inghiranii , dans les Ëphémérides de l'occultation des petites étoiles par la lune, ré-
. * On lit sur son épitaphe à Upton : Cœlorum perrupit claustra.
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duisit à des additions et à des soustractioiis dei eaicvis eitrteeinent difficiles: métliodes dédarées menrellleiisei pur Pilcadémie de Londirés. Plana, qui développa par une profonde «nalii» les idées de Laplace , traita de la ecmstUntioD atme^liéri^ dt la terre, et constata les vieiisitndes lunaires.
Tous ces travaux ont agrandi le domaine de nos eonnansauces sur les forces primitives de tous les corps, et onfftit mieux ressortir les preuves de l'universalité de là loi d'attriMh tien. La périodicité domine tout te système solaire, quelle^ soit la difitérence dans la vitesse de projection , en dans la qnaih tité de matière agrégée ; et elle a été constatée jusque dans des comètes quarante-quatre fois plus éloignées que- ne Test Unn nus. Resté à vérifler ce qui a été affirmé par Bessel, savoir, que la force attractive ne se mesuré pas seulement par le quantité de matière, mais qu'il y a aussi des attractions spécifiques, qui ne sont poiut proportionnées à la masse.
Lalande a porté de dix mille à cinquante mille le nombreda étoiles observées; Piazzi eu a ajouté tfols mille autres ;^ piA Bessel a préparé les éléments d'un catalogue d'étoiles comprenant celles de liuitiéme grandeur, et distribue par zones de déclinaison. Ceux qui sont venus après lui y ont apporté une précision plus grande encore. On a déterminé les déplacements annuels de plus de cent cinquante étoiles , qualifiées d'étoiles fixes. Argelander, d'Abo, a perfectionné les travaux d'Herschell et de Prévôt, et émis Tliypothèse ingénieuse que le soleil avec tout son cortège de planètes s'avance , par un mouvement de translation général , vers la constellation d'Hercule; et il a essayé de montrer par le calcul que notre système planéUiire fait ainsi par jour, comme aussi Fa de la Lyre et la 61® do Cygne , 834 mille lieues de vingt-cinq au degré. On a étudié d'autres étoiles inobservées' encore à raison de leur petitesse; et Ton estime qu'il en existe dans la Vole lactée dix-huit millions de télescopiques , que Ton distingue sans nébulosité, tandis que dans l'étendue des cieux il en est à peine huit mille de visibles à l'œil nu. D'après une autre hypothèse, les étoiles filantes forment un anneau d'astéroïdes qui coupe probablement l'orbite de Ja terre, et se meul QiN^(^\nv« célérité planétaire. La lune a
été soumise à des calculs d'une précision remarquable. On espère reconnaître Tatmosphère de Vénus, tes taches neigeuses de Mars, ies vents périodiques de Jupiter, l'anneau de Saturne , qui est éloigné de trente-deux mille kilomètres de sa planète, et qui n quarante-huit milles de largeur; les changements de forme continuels des comètes ; les montagnes de la lune ' et ses volcans.
JNon contents d^avoir déterminé d'une manière précise la niasse du soleil , comparée à celle de la terre , les astronomes s'efforcent de déterminer celle des étoiles ( soleils d'autres systèmes planétaires ) qui n'ont aucune grandeur appréciable pour les plus fortes lunettes. L'attention s'est portée sur les étoiles doubles; Herschell et Struve en ont enregistré 3,057. Elles sont, en généra] , d'une couleur différente l'une de l'autre ; et la plus petite tourne autour de la plus grande, d'après les mêmes lois d'attraction qui régissent notre système. Herschell crut pouvoir, à l'aide de son instrument , plonger 497 fois plus loin que Sirius : en conséquence il calculait que 1 16,000 étoiles passaient par le champ visuel, ce qui supposait un angle de quinze minutes. La voûte entière du ciel contiendrait donc plus de ô billions d'étoiles; or, si chacune est un soleil entouré de planètes, et si celles*ci sont entourées de satellites, quelle immensité prodigieuse s'ouvre aux regards de l'homme, pour lui faire admirer de plus en plus la gloire de Celui qui fait tout mouvoir par des lois d'une si grande simplicité!
Les nébuleuses n'excitent pas moins la curiosité. Herschell , le père, admettait que la lumière, qui, d'après les dernières expériences de Struve , fait 41 ,ôl8 milles géographiques dans une seconde , mettait plus de deux millions d'années pour arriver, des nébuleuses les plus éloignées qui apparussent à son miroir de quarante pieds. Or, à cette distance qui effraye l'imagination, l'astronome croit apercevoir dans les nébuleuses d'Oriou et d'Andromède une intensité croissante de lumière, qui indiquerait une augmentation de solidité. Faut-il y voir les éléments de
' On les porte à 1093, dont 22 surpassent le mont Blanc en hauteur, ci dont une s'élève à 7,600 mètres.
Systèmes piauétaires futurs? Peut-âtre qae dans l*iniii)eDsitiR nage qne matière cosmique qui se condense annulairement, et dont les étoiles filantes sembleraient n*étre qu'un {uroduit minime, identique avec les aérolithes, dont la périodicité a été déterminée ' ; en même temps, que de 4sette matière se formeraient , sur une plus vaste échelle , les planètes , qui s'arrondiraient peu à peu , leur noyau central se montrant d'abord lumineux, et leur nébulosité finissant par disparaître. Que de milliers de siècles n'aurait pas exigés la création du monde , qui se transforme sans cesse!
•CHiyiE.
La chimie , science des lois qui régissent la constitution élémentaire des corps, est un instrument d'analyse par exeellenee : il était donc naturel qu'elle vînt après les autres sciences ; car elle ne révèle pas seulement une série de faits nouveaux , mais un ordre nouveau d'agents dont la puissance s'exerce sur tous les faits connus. La chimie n'était encore qu'un recueil d'observations plus ou moins exactes , lorsque Paracelse , Van Helniont, Boyle et surtout Stahl essayèrent d'en faire une science.
Scheele, pharmacien suédois, expérimentateur habile, contribua plus que tout autre à faire connaître les acides, et il en décrivit onze nouveaux , entre autres l'acide prussique. Il trouva le chlore (1774) en étudiant le manganèse, et le considéra comme un acide muriatique privé de phiogistique, c'est-à-dire de gaz hydrogène; théorie qui fut combattue d'abord, puis remise en honneur de nos jours par Davy. Black, d'Edimbourg,
* Surtout après la nuit du 12 au 13 octobre 1833, dans laquelle Olmsted et Palmer observèrent en Amérique 240,000 étoiles filantes en neuf heures. On connaît jusqu'à présent les deux périodes du 12 octobre et du 10 août. Schreibers suppose qu'il tombe chaque année, sur la surface de la terre , 700 aéroliliics.
élève de CuUen , professeur à Glascow, qui avait popularisé .la chimie, Gt mieux connaître la nalureet la formation de Tacide carbonique, appelé air fixe, et il remarqua que la causticité de la chaux tenait à la soustraction de cet air de la pierre calcaire ; Woodward découvrit le bleu de Prusse; Bergmann, les eaux minérales factices. Fahrenheit obtint un grand abaissement de température en versant de Tesprit de nitre sur de la glace pilée ; Boerhaave prit pour but de ses travaux opiniâtres le feu , la chaleur, la lumière, l'analyse végétale. D*autres marchèrent sur ses traces, redressant ses erreurs, reconnaissant la combustibilité du diamant , le phosphore , le cobalt , le nickel , le manganèse , le platine , venant en aide aux arts , et cherchant à donner à la chimie une forme scientiGque , c'est-à-dire le classement systématique des faits.
Vers le milieu du dix-huitième siècle, l'attention des chimistes se fixa particulièrement sur l'étude des gaz. En 1774, et presque en même temps , Pri^tley en Angleterre , Lavoisier en France et Scheele en Suède, découvrirent l'oxygène, et inaugurèrent la chimie moderne. Cavendish démontra le premier analytiquement que l'eau est une combinaison d*oxygène et d'hydrogène , à la même époque où Berthollet trouve la véritable composition de l'ammoniaque (combinaison d'azote et d'hydrogène); enfin, les découvertes les plus importantes se succédèrent avec une rapidité dont il n'y a peut-être pas d*exemple dans l'histoire '.
Lavoisier, aidé de Guyton de Morveau, délivra la chimie du jargon scolastique, et proposa une nouvelle nomenclature régulière, donnant ainsi à la science des instruments et un langage nouveaux. D'autres savants firent sur le chlore et sur le soufre ce qu'il avait fait sur l'oxygène ; on connut mieux la composition des corps quaternaires appelés sels, et les rapports des composés entre eux.
Berthollet (1748-1822), observateur habile, se hâta trop de conclure , de ses recherches sur les produits organiques , que les substances animales se distinguent, par l'azote, des
» Voy. F. Hœfer, Hisi, de la Chimie, t. H.
8ul)stances végétales. Il reconnut pour inexacte l*opinioQ de Lavoisier, que Toxygèneest le générateur unifersel desbddes, puisque l'acide muriatique et Tacide prussique (exempts d'oxygène) jouent le même rôle. Il étudia les clilorates, sels «xplosibles, dangereux à manier, et obtint Targent fulminant en combinant Fammoniac avec Toxyde d'argent ; il ap|rfiqua la propriété décolorante du cblore au blanehittage des toiles. Aussitôt de Bom s'en servit pour la dre ; Ghaptal , pour les cbiffons à papier, pour le nettoyage des estampes et des. livres tecbés. Il reconnut aussi la véritable composition de Talun, et facilita la fabrication de ce sel important. Bientôt nonseulement Talun , nmis encore les acides sulfurique , nitrique, muriatique, le sel de Saturne et autres préparations, ne vinrent plus de TAngleterre et de la Hollande, et il ne fut plus besoin de tirer d'Andrinople le rouge de garance.
D'Arcet chercha la meilleure méthode pour faire la porcelaine. Il trouva que Targent est oxydable et volatil, augmenta considérablement la liste des minéraux fusibles, et prouva aussi que le diamant se volatilise. Il s'aperçut, en examinant les Pyrénées, que leurs cimes s'abaissent, et proclama que leur histoire .est celle de toutes les montagnes de la terre , et que partout, au dedans comme au dehors, la nature désorganise pi recompose. Brugnatelli, de Pavie, crut qu'un supplément était nécessaire à la théorie de Lavoisier, attendu qu'elle ne rendait pas raison du calorique et de la lumière qui se développent dans certaines circonstance3 ; il en lit donc une théorie particulière, appelée thermoxrjgène.
La science étendit ses limites en employant la pile. ]\icbolson et Carlisle avaient découvert son action décomposante sur Teau. Berzelius et Hisinger, y soumettant avec sagacité une série variée de substances, avaient vu les sels soumis à Paction de la pile se décomposer toujours de telle sorte que les acides étaient portés vers le fil positif, et les bases vers le fil négatif ; et dans les oxydes, ils virent l'oxygène se diriger au pôle positif, tandis que le radical se portait au pôle négatif.
( 1718-1829). Davy, devinant que la pile servirait très-puissamment à sonder les mystères de la chimie, imagina de l'èin-
ployer sur des sul)Stances indécomposées jusque-là, comme les alcalis et les terres. Il soumit la potasse à Faction de la pile, et vit Voxygène se porter au pôle positif et un nouveau métal en globules semblables à ceux du mercure se diriger vers le pôle négatif; il le nomma potassium, métal tellement avide d'oxygène quMl décompose Teau. En démontrant ainsi la véritable composition des alcalis et des terres, Davy prouvait contre Lavoisier que l'oxygène n*est pas seulement acidifiant, mais qu'il est le principe constituant de ces l)ases ; et que les oxydes sont des combinaisons variées de l'oxygène avec les métaux. Il trouva aussi l'oxygène dans l'acide oxymuriatique de Lavoisier ( acide chlorique) ; et il reconnut l'acide muriatique ( bydrochlorique) pour un hydracide.
Seul parmi les alcalis Tammoniac se compose d'hydrogène et d'azote; Davy soutint cependant qu'il renferme un principe métallique analogue à celui des autres alcalis. S*aventurant même au delà des limites tracées par Lavoisier, il soup* eonna que les métaux n'étaient pas des corps simples , mais qu'ils résultaient de l'union de l'hydrogène avec des bases. inconnues. En cx)nséquence , les alcalis proviendraient tous de la combinaison de ces bases avec une certaine proportion d'eau, et renfermeraient de l'hydrogène aussi bien que de l'ammoniac.
Dans sa Philosophie chimique, Davy rei^versa la théorie de Lavoisier sur la combustion, en démontrant, par des expériences décisives, que l'oxygène n'est pas Ihinique principe delà eombus^ tion, mais que celle-ci provient de l'action chimique intense et mutuelle des corps ; que même d'autres corps produisent des acides, et qu'il n'est pas exact de dire que le développement de la chaleur et de la lumière dans la combustion ne puisse naître que dei l'oxygène. Or comme tous les corps d'une forte action réciproque se trouvent toujours dans des états électriques opposés» il inclinait à croire que la chaleur et la lumière sont engendrées par la neutralisation des deux électricités contraires.
Davy appliqua aussi ses recherches à la géologie; et, en examinant l'eau, le gaz, et les substances bitumineuses contenues dans les cavités du quartz, il fortifia l'hypothèse du plutonismje de Playfair et de Hall.
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I^ies hostilités qui existaient alors entre la Pmnee et TAnde* terre n*enipéchkent pas l'Institut dfrUd déeemer on prix ; et il put visiter les volcans de FAuvergne et eeu da rof«uM dé Ha» pies*. Il fit à Naples des expérienees eurienscs nr-'fas eoaleurs employées par les peintres aneieDS^ët obeveiià mproeMé pour dérouler lea papyrus exhumés; mais son piooédé^ne prévalut pas sur celui qui était en usage.
Berzelius conclut, de la doctrine de Dayy, que le earaelâie électro-chimique dans les corps où. entre l'oxygène ii*apptttiflqt pas à celui-ci , mais à la base-; et que les phénomènes da ehs: leur et de lumière produits par la combiniBisoD dihniqiie sont de même nature que Tédairet la secousse âectrique. Il proposa donc la classification chimique des substances qn éleetonégatives (acides et oxygènes) et en éleotro-poaitives ( hydrogène, alcalis, bases salifiables). Il vit en Egypte te caibonats de soude se produire par la décompontion duafd marin sous Taction des roches calcaires qui ^tour^nt les laet da désert, et il en déduisit sa Statique chimique, où les lois da Tjififalité sont fortement posées, bien qu'il ne s'aperçût pas de la stabilité des proportions dans la plupart des combinaisons. ' Les poids atomiques des divers éléments chimiques furent déterminés par Berzelius avec un soin admirable; des savants suédois et allemands le suivirent dans cette voie. Gay-Lussac et Dalton firent de beaux travaux sur la condensation des gaz et des vapeurs. Haùy et Vauquelin montrèrent le lien intime qui existe entre la composition chimique et la forme cristalline, où Mitscherlich et Rose apportèrent l'exactitude. Biot fit servir îa polarisation de la lumière comme un moyen d'analyse délicat.
Les acides et les bases , c'est-à-dire les oxydes métalliqueis, ont
' On 8*égaya beaucoup à Paris de son insensibilité pour le beau. Il qe prenait aucun plaisir à la musique. En voyant le musée du Louvre, qui était alors le plus riche du monde, il S^écria : Quelle magnyipie cciiection décadrés! et, devant TAntinotis : Quelle superbe staîao tite! Il s'extasia au contraire devant le nràdèle de Téléphaat, destiné au monument de la Bastille.
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entre eux une affinité extrême ; et , en se combinant , ils produisent des sels dans lesquels un métal peut directement prendre là place d*un autre. Ainsi , si vous mettez une lame de cuivre dans du nitrate d*argent , le cuivre se dissout , tandis que l'argent revient à j'état métallique , et tout le nitrate d'argent se transforme en nitrate de cuivre. Ici donc le cuivre se combine en même temps avec Toxygène de Foxyde d'argent, et av^c l'acide nitrique; mais, tandis que le premier sel contient treize cent cinquante parties d'argent , le second n'en contient que trois cent quatre-vingt-seize de cuivre. 11 faut donc beaucoup moins de cujvre que d'argent pour former un sel avee^une égale quantité d'oxygène et d'acide nitrique : ce fait , qui se vérifie dans beaucoup d'autres cas, prouve que la capacité de saturation a des rapports fixes pour chaque corps , et variables de l'un à l'autre. L'étude de ces rapports , ou de ces équivalents-, comme on les appelle, est aujourd'hui très-avancée; et on lès apprécie en considérant l'oxygène <^mme représentant cent , et en y rapportant les autres corps.
Wenzel annonça , en 1777, que les sels se composaient d'un acide et d'une base généralement binaire , et que deux sels pouvaient échanger leurs bases et leurs acide3, de manière à se transformer exactement en deux autres. Il considéra comme une particularité des sels ce qui était la grande loi de la chimie. On y fit attention lorsque le système de Lavoisier se fut consolidé ; mais Berthollet soutenait que deux corps peuvent se combiner, en quelque proportion que ce soit, enti:e deux limites extrêmes ; selon Proust, ils ne se combinent que dans la proportion de 1 , 2, 3,4, ou 5 au plus, sans intermédiaire. L'Anglais Dalton généralise cette loi des proportions définies, par l'ingénieuse théorie atomique , qui fut soutenue par Gay-Lussac. Il vit que, pour former de l'eau , il fallait un litre d'oxygène pour deux litres d'hydrogène. Guidé par cette donnée, il constata que les volumes des corps gazeux qui se combinent sont dans les rapports simples de 1 : 1 , 1 : 2, 2 : 4, etc. Et comme,.à4]ne température sufiisante , tout liquide peut se réduire en vapeur, on établit que les équivalents des corps divers représentaient des volumes égaux , ou des volumes exactement multiples les uns
des autres. Nous trouvons donc encore ici un nouveau motif d'adoiîrer J*arrangenieiit du monde en nombre et en mesure.
Si les corps se combinent tous dans des proportioiis permanentes, et si dans les réactions chimiques un équivalent est toujours remplacé exactement par un autre, on peut découvrir d^autres nombres à Taide du calcul , du moment oàTon en (*onnaît quelques-uns , dont, par suite, il importe beaucoup que la détermination soit exacte. Dumas entreprit en conséquence de mieux préciser les équivalents de Thydrogène et du carbone.
Dulong et Petit , en cherchant la mesure de la chaleur spé^ cifique dans les divers corps simples , ou la proportion du calorique différente à poids égal , et nécessaire pour que la température s'élève d'un degré , reconnurent qu'elle est en raison inverse des poids par lesquels les équivalents sont représentés ; c'est-à-dire qu'un corps dont l'équivalent pèse le double d'un autre a la moitié moins de chaleur spéciûque. Suivant Faraday la quantité de force électrique nécessaire pour décomposer, des corps pris en quantité correspondante à leurs équivalents , est Vwe et invariable.
L'un des faits chimiques les plus étonnants qu'on ait observés, c'est risomérisme. On regardait comme un axiome que deux corps de composition identique ( isomères ) , dans des circonstances semblables , doivent avoir les mêmes propriétés. 11 n'en est rien cependant. Mettez dans le creuset une quantité donnée d'oxyde de chrome, qui est d'un vert sombre ; chauffé, il brillera d'une vive lumière, comme s'il était embrasé; puis après le refroidissement, il se trouve devenu d'un beau vert, et il n'est plus soluble dans l'acide. Il a donc changé de propriétés chimiques et physiques; cependant ni la balance ni l'analyse ny trouvent la moindre altération ; et si vous le plongez dans de l'acide sulfurique chaud, il reprend son premier état. Il en est de même du verre ordinaire : si on le tient longtemps en fusion tranquille , il devient opaque , infusible, dur au point de faire jaillir des étincelles de l'acier ; et pourtant il ne s'y manifeste aucun changement. En multipliant l'analyse , on trouve que certains corps, composés de la mcme manière, peuvent différer en dureté, en poids spécin(|ue, el en action sur la lumière. CUvz
CHIMIE. t93
quelques-uns il n'y a de changement que dans les propriétés physiques (dimorpJies)-^ chez d'autres, il y en a aussi dans les propriétés chimiques ( isomères ) : c'est-à-dire que dans les premiers les molécules composées restent les mêmes , en se groupant d'une manière différente ; dans les seconds, les atomes sont disposés différemment dans la molécule composée. Parmi les dimorphes , le carbone à Tétat de diamant a des propriétés très-différentes du charbon. Le soufre cristallisé par la nature, ou dans le sulfure de charbon, forme des octaèdres à bases rhomboïdales ; lorsqu'on le laisse se refroidir peu à peu après qu'il a été fondu, il donne des prismes obliques ; si, après qu'on l'a chauffé à cent cinquante degrés, on le fait couler dans l'eau froide, il reste mou, brun, élastique, transparent, pendant plusieurs jours. Il serait donc polymorphe. Mais toutes ces questions ont encore besoin d'être éclaircies.
11 serait trop long de suivre dans leurs travaux Vauquelin , Thénard , Aniipère, en France; Dalton et Wollaston, en Angleterre; Wenzel, Richter, Wœhler, Liebig, Mitscherlich , en Allemagne ', par leurs découvertes relatives aux substances isomères et dimorphes, ils ont donné Fessor à la théorie des formes primitives, posée par Haùy.
La nature emploie quatre forces distinctes et une soixantaine de corps simples pour créer et modifier la matière, tandis que la forée de gravité lui suffit pour régler les mouvements des atonies et des mondes. Est-il possible qu'elle ait abandonné ici cette économie qui constitue une de ses merveilles? C'est là ce que le sage a de la peine à croire; et il accepte les résultats présents comme l'expression des faits actuellement connus, mais non comme vérité dernière. Cette unité que les physiciens ont reconnue dans les impondérables , les chimistes tendent à la trouver aussi' dans la matière pondérable * ; et depuis que les études sur les corps organiques ont conduit à la théorie des radicaux, plusieurs savants se sont appliqués à décomposer les cor|)s appelés simples» et les résultats ont été tels, que la science i\ â\\ aussi en tenir compte. "
' K\|>érieuc\3S de Proust et de BouUgny.
100 auMU.
Alonqo'on admirait la simplieité des rapportf outre lot teurH dn ni^mrfitn qiii mtrmiî dantî la rompineftion di) la wlielaiif e minérale, on ne croyait pas gu'il existât une rabtion.feiflBple entre les éléments des combinaiBcnisoiganiqiiei. liais ChenieaL Vy démontra dans son travail mnwqiiaUa mt ier oor|is grss d*origine animale , qu*il assimila à des sete^ atlendirqiie- la bpse À l'addo sent des composés ternaires, analogues à, «ne de la natore inorganique. Davy prouva l'iiifluenee de rélMnôlé sur la végétation, comme d'autres eonstatèrentaoaÉi celle dsk lumière. Les végétaux , en décomposant Facide earfaoiikpie et Teau , fixent le carbone et Thydrogèoe , et rejettent PovygèK dans l'atmosphère ; et , tantôt en réduisant Foxyde d*ammenimo, tantôten enlevant directement l'asote à Tair, ils É'assiniiieBl.eet élément. L'azote et le carbone, dont vivent les plantes, sont tirés de l'atmosphère; d*où il suit que la-teltlité d?iitt.tnniB dérive d'éléments inorganiques qui conviennent à wm ptaate plus qu'à une autre. £n étudiant donc les.eendresde Ihmo d*ella* on peut connaître quels éléments inorganiques un siddoit posséder pour qu'elle y prospère ; quel assolement y établir, deqods •engrais Faider. Juste Liebig, professeur à Giessea, appliquaspécialement la chimie organique à l'agriculture et à La physkikgie. Il croit que l'engrais est profitable , parce qu'il fournit beaucoup plus d'ammoniac que Fair, et celui qui est liquide bien plus que le solide. Boussingault , qui démontra que les plantes décomposent Feau pour en fixer Fhydrogène, a enrichi de travaux importants la chimie appliquée à l'agricultmre. Payen et d'autres ont étudié Famidon, la cellulose, et la présence des matières azotées dans les tissus végétaux.
, Dumas , Boussingault et Payen portèrent principalement leur attention sur les opérations mystérieuses qui s'accomplisseat eous Finfluence de la vie ; ils établirent que les matières ternaires accumulées dans le tissu, animal , comme la graisse et les matières azotées neutres > qui constituent la trame de Forganisétion animale, sont élaborées par les végétaux. Le règne végétal serait donc un immense appareil d'extraction ; le règne animal un appareil de combustion : les plantes et les animaux ne seraient en quelque faqon que de Fair condensé.
CHIMIE. aof
On s'achemine ainsi à une prodigieuse simplification, plus grande encore dans les corps organiques ; car^ bien que doués de principes spéciaux, ils consistent en un très-petit nombre d'éléments, carbone, oxygène, hydrogène, azote, qui, combinés avec une douzaine au plus d'éléments secondaires , produisent une immense variété.
Mais d'où la nature tire-t-elle cette profusion d'oxygène, d'hydrogène, de carbone, d'azote? S'épuisera-t-elle? comment se répare-t-elle? Et quand l'animal ou le végétal revient à l'état de matière informe, qu'advient-il de tous les produits de la vie ? Cest à résoudre ces problèmes que s'appliqua Dumas (Essai de statique chimique des êtres organisés)^ en établissant que les végétaux produisent les principes immédiats , que les animaux s'en servent et les décomposent, et que l'atmosphère est le réservoir d'où la nature tire ses richesses.
L'atmosphère est composée de ^3 parties d'oxygène sur 77 parties d'azoté, sans compter la vapeur aqueuse , un peu d'acide carbonique et un peu de gaz de marais : on y trouve accidentellement quelques produits ammoniacaux et une petite quantité d'acide azotique , qui , solubles dans l'eau , sont entraînés par les pluies dans les terres, qu'ils engraissent. Dans le jour, sous l'influence de la lumière , les plantes exhalent de leurs feuilles de l'eau et de l'oxygène, et la nuit, de l'eau et de l'acide carbonique, outre qu'elles absorbent de l'hydrogène , de l'oxygène, du carbone, de l'azote et un peu de cendre, ce qui les fait augmenter de poids. La terre ne leur sert donc que de point d'appui, et toute leur nutrition dérive des éléments atmosphériques, à tel point que certains arbustes ont crû et fleuri même dans du verre pulvérisé. Les feuilles décomposent à froid un des corps les plus stables, l'acide carbonique, dont elles dégagent l'oxygène et retiennent le carbone, pourvu qu'elles soient aidées par la lumière, Puis les.végétaux tirent l'azote en partie de l'air, en partie des substances organiques en décomposition. Ici la chimie touche de nouveau à un des points les plus importants de l'économie, les engrais; car il importe de bien connaître les fourrages qui fournissent le plus d'azote dans le fiimièr, et d'en faire usage pour nourrir les animaux dont les exeré-
meiits doivent rendre à la terre Tazote destiné à alimenter les plantes qui en ont le plus besoin *,c*est-à-dire celles auxquelles l'azote de Pair ne sufGt pas, mais pour lesquelles il faut qu'il soit combiné avec d'autres corps à l'état d'ammoniac, d'acide' azotique et d'azote.
Les matières premières élaborées par les v^étaux sont assimilées par les animaux, au moyen de la digestion. Ceux*ct dégagent incessamment de l'acide carbonique et de l'eau , au point de pouvoir être considérés comme des fourneaux de carbone et d'hydrogène. De là la chaleur animale; un homme brûlé chaque jour, en moyenne, par la respiration, deux cent quatrevingt-huit grammes de carbone ou l'équivalent en hydrogène. Ainsi, dit Dumas, les plantes cèdent aux animaux tout ee qu'elles ont tiré de l'air, auquel les animaux le restituent ; cercle éternel dans lequel la vie s^agite et se manifeste, mais où la matière ne fait que se déplacer.
Si l'action viciante des animaux et l'action purifiante des végétaux cessaient de s'équilibrer, l'harmonie de la vie serait troublée; mais le péril est si éloigné, qu'il dépasse toute longévité calculable *.
' Expériences de Thacr et de Bous&ingault.
' L'atmosphèpe a vingt lieues de hauteur environ, et pèse à peu près 5^229,000 trillions de kilogrammes; Toxygène pèse 1,206,000 trillions, et Tacide carbonique 2,088 billions. Or, pour réduire le tout à des images sensibles, en admettant des cubes de cuivre a>ant un kilomètre de chaque côté, 581,000 représenteraient par leur poids Tatmosphère; 134,000, son oxygène; 116, l'acide carbonique. Un homme consomme en une heure 40 grammes d'oxygène ou 350 kilogrammes par an , et 35,000 en un siècle. Si Ton suppose la population animale du glot)e représentée par 4,000 millions d'hommes, ils auront consommé dans un siècle 140 trillions de kilogrammes d'oxygène, ce qui lerait 15 des cubes ci-dessus , c'est-à-dire une quantité minime, quand même elle ne serait pas réparée.
Quant à Tacide carbonique, un homme brûle 12 grammes de carbone par heure, et produit 44 grammes d'acide carbonique, c'est-à-dire environ un kilogramme par jour, et 365 par &j\. En conséquence, les 4,000 millions d'hommes ^t^^^^^^^^- <i.^>\^ au l/»60 billous de kik)-
L'histoire naturelle dut se reconstituer d'après ces grandes découvertes et aller bientôt de pair avec les autres sciences. George Buffon (1707-1788), appelé à la direction du Jardin des plantes , songea à se rendre digne de ce poste. Il voulut que cet établissement, qui jusqu'alors n'avait été affecté qu'à la médecine, embrassât l'ensemble de la science ; et il conçut, à trentecinq ans, l'idée de son Histoire naturelle. Écrivain purement descriptif dans le principe, il devint plus tard zoologiste, mais il ne fut jamais anatomiste, bien qu'il comprit la nécessité de comparer la structure intérieure des animaux, et qu'il ait éclairé par quelques vues lumineuses la route que devait suivre son compatriote Daubentoii , dont il avait fait choix pour l'aider à parcourir un si vaste champ et suppléer à la faiblesse de sa vue , en le chargeant de décrire les détails. Mais tandis que Daubenton opérait sur les faits particuliers, et dès lors à l'abri d'erreurs, Buffon s'élevait aux généralités, et quand l'expérience lui manquait, il y suppléait par la vigueur de l'esprit, en prévoyant ce qu'il appelait les faits nécessaires : procédé hasardeux pour qui n'a pas la force d'embrasser tous les rapports de l'univers. Et en effet il se trompa souvent. Il croit à la généra* tion spontanée * ; il dédaigne les méthodes , parce qu'il ne les
grammes d'acido carbonique, c^est-à-dire tttz de celai que contient l'atmosphère. Il faudrait donc 1,500 ans pour doubler la proportion actuelle de Tadde carbonique de Tair. Quand même le règne végétal cesserait ses fonctions , quand les volcans, qui lancent des torrents d'acide carbonique, ainsi que les foudres, sous lesquels se combinent l'azote et l'oxygène de Fair, et se forment Tacide azotique , Taiotate d'ammoniaque, etc., vif^ndraient à ne plus agir, la végétation serait reproduite par les cadavres mêmes des animaux que sa cesealton aurait fait périr. Ces calculs sont dus à M. Dumas ' Cependant , la doctrine de la génération spontanée Iroave encore
904 HIST01M VATUMBU.*.
coiinatt pas : « lia véritable métbodej, disait-il^ est la deseriptkw complète et l'histoire exacte de chaque dioie en purtienliar. » Eo conséquence, il décrivait les individi^ l'im aprèe rratre. Il censure la classification de Linné, déduite des objets eux-mluies ; tandis que lui , sans approfondir les patticalarités , s*ea tient i des divisions générales et arbitraires : anlniaiu servant à l*hoinnie, animaux sauvages européens, animaux étmngen.
Parvenu à la maturité de son génie, il vitmieuxlet ressemblances et les disparités, de même que radmîrabte naifi^nnUé de la nature, la gradation dans les variétés, leperfcctiannemciit successif desespèces, et la prééminence rd$tivedesotgaD^ dàw les diverses espèces. Mais on lui reprochera totyours e^ nunière vague de philosopher, sans calculs ni espérîenee^, Ht d'après des théories pré^aUies, en dissimulant. les dlffleubéB sous la majestueuse circonspection des mots. Le mérite qw h postérité lui recoiinait, c'est d'avoir fondé la partie histmriqiie et descriptive de la science. Ce qui lui valut avant tout radmiration de ses contemporains, ce fut l'éclat du sljle '• CNi.dît qu'avant de se mettre à écrire, Il s'habillait en grand eostnoie. Sa théorie de la terre eut un véritable succès : une comète hea^ tant le soleil, en détache des fragments incandescents, qui se refroidissent par degrés et deviennent les planètes ; des êtres o^ ganrsés naissent sur leur surface à mesure que leur température se modère à travers des milliers de siècles. Cette exposition littéraire de faits immenses , ces époques de la nature antéhistorique, cette divination hardie qui invitait à réfléchir, et à rap-
aujourd'hui des partisans parmi les naturalistes les plus distiuguéa; et en effet , il y a des faits qui, sMIs ne .viennent pas directement à l'appui de cette question ci controversée , la laissent au moins dans le doole. 'L'auteur ne rend point suffisamment justice à BufTon , à la fois savant et écrivain (double qualité bien rare en tout tempe). Baffoa, par ses belles descriptions , qui sont aujourd'hui, quoi qu'en dise M. Caato, de vrais modèles de style, a Tnn des premiers fait aimer la science; eir en la popularisant ainsi , il a plus contribué à ses progrès qoe les naturalistes qui découvrent des espèces nouvelles dont ils ne donneat qu'une aride nomenclature.
HTSTOIBE NATORELLR. 205
prochér des pliénomènes disparates en apparence , devaient plaire à un siècle épris de la science «t du talent.
De même que Buffon, Unné naquit en 1707; mais Tun vint au monde dans un pauvre village de la Suède, oit l'érudition était inconnue; l'autre , au sein d'une riche et noble famille bourguignonne, dans la France de TiOuis XIV. Linné fut contraint de faire des souliers pour vivre, et de lutter contre de longues traverses ; Buffon n'eut qu'à résister aux séductions d'une vie molle et nonchalante. T.inné se montre patient et sagace dans l'investigation des faits, autant qu'ingénieux dans leur coordination ; il est précis et rigoureux dans l'exposition, au point de repousser toute élégance, à moins qu'elle ne résulte de la simplicité des moyens et de l'élévation des idées. Circonspect dans ses déductions, il procède toujours des faits positifs et d'après des raisonnements rigoureux : sachant créer des hypothèses vraisemblables sans les prendre pour des vérités absolues ; appréciant avec justesse chaque fait, chaque idée, il nedédaignepasde suivre patiemment les détails, pour se lancer ensuite dans des régions plus élevées. Buffon n'est pas moins ingénieux , mais dans un autre ordre d'idées ; il ne cherche pas tant à créer et à multiplier par lui-même les faits d'observation , qu'à en saisir toutes les conséquences ; et il élève, sur une base étroite en apparence, un édifice grandiose. Il ne s'arrête pas à des détails techniques, ni à des divisions systématiques ; et, dans $on vol hardi à travers des espaces inconnus, il s'égare parfois, mais il sait tirei* la vérité de ses erreurs mêmes ; il n'achève rien , mais il commence tout. Linné , avant de réformer les idées, réforma le langage, en donnant une nomenclature claire et simple, où le genre est indiqué par le nom , et l'espèce par l'adjedtif. Outre la dénomination des végétaux, il fallait offrir un moyen simple et commode de trouver le nom d'une plante décrite, et de classer un végétal nouveau ; o'est à quoi il arriva par le système sexuel : système artificiel , qu'il avouait lui-même n'être pas celui de la nature ; mais il exeita tant d'étonnement , que personne ne s'aperçut que sa clasAfication zoologique reposait sur des principes différents. La classification zoologique qui fut établie en 1797, et complétée en 1818 par Geoffroy Saint-
llilaire et par Cuvier, ne fit que rectifier et développer celle du naturaliste suédois. Soo système de botanique est encore aujourd'hui suivi, concurremment avec celui de Laurent de Jussîeu.
Dès 17Ô8, Bernard de Jussieu établissait à Trianon un jardin où les plantes étaient classées par groupes naturels , d'après lesquels il cherchait à résoudre le problème final de la nature. Après lui, Laurent de Jussieu appliquait à tout le règne végétal le système de son oncle ^ dans Touvrage intitulé Genres des pkmtes (1789), en faisant consister la valeur des genres et des espèces dans la réunion de plusieurs caractères naturels. Adanson , élève de Jussieu et de Réaumur, fit VHUUAre naturelle du Sénégal, Il donna la première description exacte du baobab , et des arbres qui fournissent la gomme arabique. Il disposa les familles des plantes d*après un système opposé à t^ul de Linné, en se fondant sur Tobservation., non pas de quelques caractères seulement , mais de leur ensemble : bientôt il «'aperçut que ce système pouvait s'appliquer à tous les êtres, et former une encyclopédie de la nature. 11 présenta donc à l'Académie (1775 ) le projet de son ouvrage , qui devait renfermer en yingt-sept volumes « Tordre universel de la nature, ou méthode naturelle comprenant tous les êtres connus, leurs qualités matérielles et leurs facultés spirituelles, ainsi que leurs rapports. » On Fadmira, mais Ton jugea l'entreprise impossible ; il resta donc pauvre et à Técart avec ses projets ; et lorsque le nouvel Institut national Fappela dans son sein , il répondit qu'il ne pouvait se rendre aux séances, faute de souliers.
Oiarles Bonnet ( 1730 1793), croyant que rien ne se fait par bond dans la nature ', s'appliqua à saisir Tenchaînenient des faits : mais il prétendit le trouver dans des formes apparentes, au lieu de l'entrevoir dans ces transitions dont la nature se réserve le secret.
A la fin du siècle, la botanique fut étudiée avec passion. Des fleurs et des arbres de latitudes lointaines enrichirent les jardins et les forets. L'arrivée d'un arbuste ou d'une fleur était
* C^est Linné <|iii avait dit avant M. Konnet : In natura non datur Ml lus.
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fêtée comme autrefois celle des galions chargés de l'or tlii Mexique. La Société LiDuéenne fut fondée en Angleterre, et ne se montra pas indigne de son nom. Smith, son président, trouva plusieurs espèces nouvelles ; Acton, beaucoup plus encore. Le» etosses riches prirent du goût à cette science. L'Allemand Hedwig, et après lui Micheli, reconnurent les organes sexuels des cryptogames ; Roth trouva ceux des cryptogames aquatiques, et Hoffmann ceux des algues, dont le Suédois Acarius compléta l'histoire. Boston et Dickson étendirent la connaissance des cryptogames ; l'Espagnol CavaniUes donna un beau travail sur les plantes monadelphes. La chimie, grâce à ses progrès, fut appliquée à la botanique ; et Priestley, Senebier> Ingenhous, Théodore de Saussure, Crell^ Lavoisier, Duhamel, expliquèrent, à l'aidé d'expériences suivies , la respiration des feuilles, comment elle purifie l'air, et augmente dans la plante la masse de carbone soustraite à l'atmosphère. Duhamel fit une découverte très-féconde, en reconnaissant que les nouvelles couches s'ajoutent dans les arbres entre le vieux bois et l'écorce. Dupetit-Thouars soutint, au contraire, que la plante s'accroît dans le sens vertical, et que son germe est le bouton, véritable individu qui pousse ses racines jusqu'à celles de la plante ; théorie reprise et développée par M. Gaudichaud. D'autres étudièrent l'organisation végétale; et Schuhe a prétendu démontrer l'analogie entre l'impulsion circulatoire des liquides dans les plantes, et le système nerveux central dans les animaux supérieurs. On constata aussi la fécondation des plantes qui. n'ont en apparence ni fleur ni fruit ; et d'importantes monographies, des recherches ingénieuses sur la géographie végétale , éterniseront les noms de Schow , de Brown , de Morren , de Moris , etc.
Il était cependant réservé à un poète de faire connaître les lois intimes de l'organisation des êtres. Selon Goethe^ la feuille est l'organe fondamental de la plante ; les bractées , le calice , la corolle, les étamines et le pistil (Sien sont que des modifications. Au moment de la gernlinatlli^ la plupart des végétaux présentent deux feuilles séminales ou cotylédons , qui, destinés à nourrir la plante, disparaissent bientôt -, mais les organes qui
1M H18T011B MATUBBLLt.., f^ *^'
. M «dév«loppeut ensuite si variée ne bmH i^ua àm eotylédou. tnasConnés. Ils se déploient d'ab<»ë en fêuUtei qui a^Mient, en nanière de poumons, Tair qui modiûe lea/Buea distribués daoi leur intérieuc. Mais» vers le sommet d» Ta»» ou dea ra* maauK, les feuilles diminuent de volume; ellea ae oontraotait, eraa transforment en bractées. Gelles-d, tantôt iaoléea, tànidt en eetele« se modifient en formant le calice; puis lea pétaka de la eorolle en proviennent , et se réduisent ensuîle ea temiaes. Ijù jjistil lui-même est une nouvelle métamorphoae de la feuille ; et, à son eut de développement complet, il constitue le^firuit. Kafin remlnryon s'entoure dans la semence d'enveloppes qui, selon Goethe, sont encore desfeuiUes modifiées. Personne n'avaitAit attention à cette théorie du poète, juaqu*au moment où le Genevois de Candolle, dans le mois où mourut Linné, la démontra scientifiquement; et, sansconnaUre son ouvrage, il le «tompléta en trouvant la loi de syméMe. Aaqntèmeaitîfidel de Linné, de Candolle préféra celui de Jpssîeu , plus ratiomiel et plus naturel, en se fondant non plus sur la resaemMakiee d'une seule partie de l'organisme, mais sur les caractères essentiels des plantes, et en démontrant que les propri^s médicinales sont communes dans les individus de la mène famille <. La nature a créé tous les êtres d'après un plan symétrique, bien qu'elle le conserve rarement. £lle a varié les fleurs, dont le nombre est si grand, pour des motifs qui nous sont inconnus.
^ . .Ces lois ont été appliquées à la botanique par Nées d'JÊsembèbk, Rœper, Martins, Auguste de Saint-Hilaire, et Gaudichaud; à la zoologie, par Oken, Carus, Geoffroy 3aint Hilaire, et Serres.
Abraham Gottlieb Werner passe pour le fondateur de la géologie. 11 érigea en tliéorie la formation de la croûte terrestre, et
*■ De Candolle ajouta /dans la réimpression de la Fhre française At Lamarck, 2,000 espèces aiiK 2,700 déjà enregistrées, en expliquant, date une introduction fort atUe , les récentes conquêtes et les géoéraliutioDs de la science. Dans le Prodromus sysiemaiis vegetalis, il étuttie la distribution des végétaux sur le globe.
distribua le premier les terrains selon leur antériorité relative : terrains primitifs jsaos vestige de corps organisés , terrains de transition, roches, terrains d'alluvion. Il les attribue à la précipitation dans un liquide, sans en excepter les marbres. et les basaltes. De là Técole des neptuniens, combattue par les vulcaniens, qui finirent par triompher, lorsque Desmarets eut démontré que les montagnes de l'Auvergne sont volcaniques. Cronstedt, Bergmann, Ignace Born, Kirwan, classèrent les fossiles selon la décomposition chimique.
Carburi , de Céphalonie , inventa la meilleure manière de fondre le fer, et s'en servit pour les canons avec lesquels Knio bombarda Tunis ; il enseigna aussi l'emploi d'un papier incombustible, pour l'artillerie. Jean Arduino, de Vérone, se mit à travailler dans les mines de Clausen, pour étudier la métallurgie et la minéralogie. Maison manquait de guides, et ses Observations sur la constitution physique des Alpes vénitiennes furent le premier ouvrage géologique. 11 y établit la bisection des roches ignées et sédimentairés, et distingua celles qui sont cakinabks ou de sédiment , et celles qui sont vitrifiables; il indiqua que les dépôts de métaux, qu'il regardait comme des sublimations qui accompagnent la formation des porphyres et des autres productions ignées, se trouvaient le plus communément sur la limité entre ces deui espèces.. Le poëte Boccace avait observé que la montagne de Certaldo, son pays natal, abondait en coquilles marines. Targioni, se trouvant en cet endroit, se mit à recueillir des testacés fossiles, et se prit de goût pour cette science, dont il s'occupa beaucoup dans son Voyage en Toscane. Hamilton, ambassadeur d'Angleterre à Naples, étudia aussi avec passion les phénomènes naturels, si nombreux dans le midi de l'Italie, et en rendit compte à la Société royale de Londres ( 1766-1779 ), puis dans des ouvrages à part ( Campi Phlegrœi, 1776). Il eut pour collaborateur Joseph Gioeni, de Catane, qui publia la Lithologie vémvienne, pleine de théories et d'hypothèses qui furent alors très-applaudies. Dolomieu (17iK)-1801) examina la conformation des montagnes de l'Italie depuis le phare de Messine jusque dans la Rhétie, ainsi que les divers matériaux employés dans
210 niSTOIRE NATUBELLC.
les monoinents dont Tltalie est couverte. 11 accompagna Bonaparte en Egypte ; et, fait prisonnier à son retour , il écrivit, dans les horribles cachots de Naples, la Philosophie minéralogique.
TiCs anciens avaient entrevu que certaines substances naturelles sont disposées à revêtir constamment certaines formes; et Pline décrit celles du quartz et du diamant. On fit peu :de cas de cette observation, et ce ne fat qu'après de lon^ siècles que Linné vint indiquer les formes cristallines de plusieurs substances; et il en crut.le caractère tellement absolu, qu'il admit pour chaque sel une forme particulière. Rome de l'Isle ( Traité de Cristallographie, 1772) constata la constance des angles des cristaux ; et il conçut l'idée de réduire les diverses formes cristallines à une seule, appropriée à chaque substance, et modifiée par des lois géométriques rigoureuses. Quand Berginann eut découvert qu'au moyen du clivage, on pouvait mécaniquement dégager la forme primitive et fondamentale des minéraux, la minéralogie cessa d'être une Histe de noms, un catalogue de pierres ; elle devint une science extrêmement féconde es faits et en applications. Bergmann n'en déduisit pas de règles générales ; mais dans le même temps Hauy, en essayant de rajuster un cristal qui s'était brisé en tombant, parvint à déterminer les règles constantes de la superposition des lamelles, de telle sorte que, les formes primitives une fois connues, il est possible d'indiquer les formes dérivées. En s'aidant de la chimie, il approfondit la connaissance des molécules primitives, et arriva, au moins en grande partie, à déterminer un solide qui, ajouté à lui-même selon trois dimensions et avec certaines lois, reproduirait le cristal avec toutes ses modifications.
Dès lors on eut une règle sûre pour distinguer un minéral d'un autre. Le goniomètre réflecteur dé Wollaston permit de vérifier sur un fragment la forme d'un cristal; l'optique démontra que la lumière se modifie à travers les formes cristallines; enfin, l'analyse chimique fournit le moyen de classer les minéraux plus rigoureusement que la cristallographie.
Presque à la même époque que AVerner, Lehman et Rouelle avaient distingué les premiers les terrains en primitifs, c'est-àdiia en roches où a\)Oi\A^v\\ Wç> méUiux , et en secondaires, dé-
HISTOIRE NATURELLE. 2il
pots des eaux et débris organiques. Cette classification fut eusuite développée parles travaux de Deluc, Saussure^ Doloinieu, etc.
Broccln\deBassano, examina rétat physique du sol de Romet et décrivit quelques localités de FJtalie, surtout les collines concliyliacées subapennines. Il prépara ainsi une donnée certaine à ses successeurs pour établir la formation contemporaine des terrains tertiaires, non d'après leur gisement, mais d'après la ressemblance des corps organiques qu'ils contiennent. !Nicolaa Covelli fit d'importantes découvertes sur la nature des productions volcaniques. La doctrine wernérienne de l'origine neptunienne fut combattue par Ardouin et par Marzari, qui, en examinant le Tyrol, prouva l'origine volcanique des granits, ainsi que leur apparition postérieure aux calcaires secondaires et même à la craie , et démontra le passage graduel dés granits au syénite et au porphyre pyroxénite. Les observations faites près du village de Predazzo devinrent un sujet d'étude pour tous les géologues; et Humboldt leur trouva des analogues jusque dans la Mongolie. Saussure, qui fonda la science de l'hygrométrie, et établit des stations météorologiques sur les plus grandes hauteurs, traversa quatorze fois les Alpes, pour réduire la géologie à l'état de science d'observation >. Léopold de Buch ibtrocluisit dans la géologie l'idée de formations locales et générales ; il considéra chaque accident. local selon les qualités internes et externes, et selon la relation avec le tout. Alex, de Humboldt appela l'attention sur l'idée d'une loi de direction unifontie dans toute la structure de la terre, en indiquant la polarité des différentes roches.
Mais le grand pas de cette science consista dans la théorie des soulèvements, déjà pressentie par quelques savants », puis
■ Il faut ajouter à ces travaux ceux de Pallas, de Lamarck, Patrin, (ire^înouj^li , Granville Pcnn , Conybeare , Phillips , Buckland , Murchi-^ s')n, t'orbes, Fleming, etc.
^ On peut constater chez. Vallisnieri à quel point la géologie en était ai rivée. Kn parlant « des corps marins qui se trouvent sur les montagiK'K , cl (ic rétat du monde avant, pendant et après le déluge, » il s*a-
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exposée par de Ituch, et réduite en formule par M. Élie de BMumont. L*ordre dans lequel les couches de ftédimentont été superposées, la stratification, la nature des terrains traversés ^u réunis par les roches en éruption, les débris organiques qui se trouvent disséminés dans certains terrains, révèlent l'époque des formations successives. L'application des preuves botaniques et zoologiques imprime à la g^logieune direction scientifique. Cest à Taide de la théorie du feu central que l'on expliqua les soulèvements.
Cependant la chaleur centrale est aujourd'hui contestée, et Ton explique autrement la formation de la croûte du globe. De même que dans le siècle passé on s'était servi des lois de la physique pour arriver à l'histoire primitive du globe et à sa tranrformation future, de même on y applique aujourd'hui les lois de la chimie, tout en respectant davantage la cause première. Le feu et Feau avaient cessé d'agir, et la croûte terrestre se eonsolidiiiten renfermant le feu central ; mais une mer sans limites la couvrait, quelques Iles seulement s'y dressaient çà et là, et tiraient leur chaleur, non du soleil voilé de brouillards, mais de la flamme intérieure. Sous cette atmosphère brûlante, surchargée de vapeurs aqueuses et d'acide carbonique, déchirée à chaque instant par la foudre, dénuée d'oxygène, aucun animal n'aurait pu vivre, à Texception des polypes, des mollusques, etc., dans la mer. Mais la végétation déploie une activité immense ; et les tles asséchées se couvrent de plantes vasculaires d'une organisation simple et d'une croissance rapide, de prèles colossales, de fougères arborescentes, de palmiers luxuriants, etc. Leur vie décompose une énorme quantité d'acide carbonique et d'eau, pour en fixer Thydrogène et le carbone ; enfin, Tair se purifie.
perçoit que les difTérentes hypothèses sur la manière dont les débris fossiles auraient été abandonnés par les eaux sur les hauteurs, ne peuvent se soutenir; mais il ne sait en donner une explication satisfaisante. Il soupçonne cependant que la cause en doit être attribuée à d'autres déluges qu^à celui de Noé, si surtout il est vrai qu^on ne trouve pas, parnii ces débris, d'ossements humains. 11 croit que ces débris sont plus aiboDdants dans les montagnes voisines de la mer, et de peu d*élévation»
UfSTOIBE NATUBBLLE. 213
en s'emparant de l'oxygène, et ràpparition de» animaux devient possible. Alors survient une révolution sur la face de la terre, et les dépôts immenses dé ces végétaux sont ensevelis et convertis en charbon fossile ( houille), par la pression des couches superposées et' par la chaleur du globe '. A cette révolution succèdent d'autres âges géologiques , d'autres journées de la création : les îles s'agrandissent, la surface du globe se peuple d'abord de reptiles gigantesques, vivant dans une atmosphère encore impure, qui s'assainit peu à peu par la précipitation des calcaires, et par l'action mcessante des végétaux. Ënfhi apparaissent les insectes, les oiseaux, les mammifères, se rapprochant, à chaque nouvelle révolution, de leurs formes actuelles; et en dernier lieu l'homme, roi de la création.
Mais comment l'homme fut-il produit? quand et comment naquirent les autres animaux ? Toutes les espèces furent-elles formées tout à coup, ou provinrent-elles d'un germe unique qui se serait graduellement transformé en un nombre infini d'espèces .î*
Ces questions sont du domaine de la zoologie , science qui dut beaucoup au Modénais Spallanzani, qui étudia la génération, la respiration et particulièrement la reproduction de quelques membres, dans les animaux à sang froid. Il étudia les animaux infusoires, et démontra qu'ils provenaient aussi de germes. Linné, Fabricius, Millier, le Sicilien Poli> avaient donné l'impulsion à la zoologie systématique ; Daubenton, Vicqd'Azyr, Gainper, Lyonnet, Tremblay, avaient étudié Torganisation des animaux; Bonnet, Réaumur, Buffon , leurs
' On a calculé que la Pensylvanie seule contient 600 billion» de kilogrammes de houille. En supposant que le rest» du monde en contienne seulement mille fois autant , nous aurons 600,000 billions. Si le carbone entrait pour deux tiers seulement dans la compositloii de ce charbon , il y en aurait 400 billions de kilogrammes. II faudrait pour le transformer en acide carbonique, un trillion de kilogrammes d'oxygène, et le gaz acide carbonique, produit pèserait un trillion 4,000,000 liiliion8 de kilogrammes. L'importance attribuée à Taction des végétaux, dans les premières journées de la création , n'est donc pas excessive.
3M IIISTOIUK NATURELLE.
mœurs; Hutl'oii, Linné, BoDuet, avaient formé une zoologie générale. Les idées de ^'i(;q d'Azyr, aussi solides' que bien eipriinées, s'élevèrent parfois jusqu'à Tanatomie philosophiqse. Pallas répandit sur tous ces objets une grande lumière par ses nombreux voyages , et par ses beaux travaux sur la classifieatioD des infusoires et des zoophytes, sur Fanatomie des vertëbté», sur la paléontologie. Le nombre des espèces connues depuis Linné fut plus que quadruplé. L'Australie en fournit d*étranges, même des classes entièrement nouvelles , comme les marsupiaux ; et les admirables descriptions données par les Anglais GouldfOweu, Waterhouse, Jardin, Lowe, Smith, Darwin, ainsi que les acquisitions continuelles des musées, accrurent tellement le domaine de la science, qu'il fallut former des genres nouveaw et modiGer les clafssiiications. Force fut donc d'étudier la conformation intérieure des animaux et de s*appuyer ainsi sur l'anatomie comparée , unique moyen de connaître la véritable nature des débris des espèces qui ont péri. Adoptant la méthode physiologique , on étudia les développements sucœssifr des animaux, ainsi que la série des modifications par lesquelles l'organisme se simplifie dans les êtres inférieurs : ce ne fut point sur des cadavres que l'observation s'exerça, mais sur les êtres vivants, les insectes, les mollusques et les annélides. Les travaux de Lacépède sur les cétacés , les reptiles et les poissons, ont encouragé la science. Éverard Home porta ses recherches sur l'anatomie comparée ; Meckel le surpassa comme zootomiste, et fonda la tératologie, développée par Isidore Geoffroy Saint- Hilaire. RudolpJii , indépendamment de l'anatomie comparée, mit au jour un ouvrage immortel sur les entozoaires ; Huber, de Genè\'e, prit rang, quoique aveugle, parmi les meilleurs observateurs. Ou doit à Latreille, le prince des entomologistes, la partie relative aux insectes du Règne animal de Cuvier ; rien de plus admirable que les travaux d' Khrenberg sur les infusoires. George Cuvier (1769-1832 ), observateur infatigable, doué de connaissances encyclopédiques, créa, à l'aide de l'anatomie comparée, la paléontologie, et fonda une classification nouvelle. Dans la première , il mit à profit le grand principe de la subordination des or^iaixesvU s'en tint toujours aux faits positifs plus
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qu'aux principes, et dédaigna les hypothèses. 11 détacha Tanatomie comparée (je la physiologie : il en augmenta la précision et la régularité , et cela non-seulement^ en trouvant des faits nouveaux, mais en examinant de plus près les anciens. Ainsi, il prit pour bases de la zoologie philosophique la structure anatomique et les fonctions physiologiques , en fondant les grandes divisions sur les caractères généraux de rorganisation>,
Cuvier considère tout être vivant comme créé pour une fin , et pourvu d'organes propres à l'atteindre. 11 en résulte pour lui que chaque animal forme un système complet en soi , et que toutes ses parties sont tellement liées entre elles, que Tune d'elles ne saurait se modifier sans que les autres ne s'en ressentent. En établissant cette loi de la corrélation des parties, fl nia la continuité admise par d'autres dans Téchelle des êtres , et marqua des limites précises entre les quatre grandes classes des vertébrés. Avec quelques os, Cuvier parvint à reconstruire des espèces perdues, et révéla, pour ainsi dire, tout un monde d'êtres nouveaux (antédiluviens), à formes gigantesques, étranges. Ses Recherches sur tes ossements fossiles et son Discours sur les révolutions du globe sont des monuments impérissables. En rapprochant de l'ostéologie des espèces vivantes celle des espèces éteintes, Cuvier réussit à recomposer cent soixante-huit animaux vertébrés qui constituent cinquante genres, dont quinze sont nouveaux ; Mantell , Buckland , Hibbert, Agassiz , Brongniart , ont augmenté ce nombre depuis , au point de faire croire que les espèces éteintes n'étaient pas en moindre quantité que celles qui existent aujourd'hui.
Les végétaux fossiles furent étudiés d'après la même méthode. Brongniart eu donna Thistoire générale; Stemberg publia la Flore du monde primitif^ Lindley et Hutton, la Flore fossile d'Angleterre; Cotta, les Fougères de Chemnitz, en Saxe, etc.
Lamarck, que la botanique conduisit à enseigner la zoologie, après avoir donné la Flore française , publia le Système des invertébrés et la Philosophie géologique : dans le premier ou-
> Suivant Geoffroy Saint-Hilaire, Tunité de composition et l'ioégalité do développement sont les deux grandes lois de la zoologie.
>tO HTSTOIBV HMrâlBLB. ' •
fnge , il offre une classifieatioii wMtuoâl^a» ém fériean du règne animal, et traite ncieDtKiqdeÉliiht, i la ^citioB suprême de la variabilité dea
^JDéjà Aristote avait signalé le défeb^ipemeat IVcvf ,^ les anatemistes s'étaient attàehéa à aiilm ranrrhMfc Mnt «ueeesstf de Tembryon et du foetus. Hanray dit que tout animal provenait d'un œuf : tous les ellorti s^nppihiuigait i déeràvrir Comment; et Hunter démontra ^ pur aeiiéliidflB sur le'placenta, Tutérus et le chorion, que rovologid ImoBaiiM rivalise d'intérêt avec celle des oiseaux.
Ontsomprit^ en avançant, que les anùnauK iattriiani pouvaient serw à expliquer la structure de rtoiuiie ; «S qriaad GMdien et Ehrenbeirg eurent trouvé moyen d*ii4eeler les infàsoires en colorant le liquide dont ils se nimrrimmt, ob pot étudier ces insectes. En partant de ce degré» oa établît mi pt> raJDèle entre le perfecttonnement graduel dororganiMiaB des Mpbryons dans les animaux snpéneun , «t ies' «OReiH>ondantes dans les invertébrés^ évolution^ dans le premier cas, devenues fixes dans les aatrae.
Cest en généralisantles faits nombreux recueillis pur^eesdivérs observateurs, que Ton parvint^à fonder la partie philosophique de Tanatomie, autrement dit roi^anogénte animale. Cette jMâence a pour objet de rechercher commentl'hemme-se fonne de Toeuf, en passant par des états intermédiaires d'organisation qui, transitoires dans les animaux supérieurs, soat permanents chez les animaux inférieurs de l-échelie zoologiqiie. . Geoffroy Saint-Hilaire rechercha les ressemblances >, et entreprît de lottgs travaux dans le but d'arriver à une formule nouvelle des earactères généraux des êtres , en portant son attention sur les diverses périodes de développement^des oiganes, «t en s'attachMit à démontrer qu'avant d'être différents ^ ils étaient analogie. Il en déduisit l'unité de composition organique , le principe du développement inégal, et la loi de l'évolution centripète, opposée à la persistance du germe : théorie qui avait prévalo dans le siècle précédent. Une série d'espèces animales, de fœtos à des âges différents, d'états anormaux et pathologiques de l'organisation, sont ramenés, dans ce système, à des lois génc-