MÉDECINE
raies et àTunité fondamentale de la zoologie. Ici donc 4' invariabilité des espèces zoologiques fait place à la mutabilité. En résumé^ Torganogénie est f anatomie comparée des formes transitoires , comme Tanatomie comparée est en quelque sorte Terabryonogénie des formes permanentes.
Ainsi la science s*appûya sur une lor fondamentale applicable aux diverses parties de la zoologie : c'est-à-dire la progression linéaire, non pas simple, mais provenant d'une double série, dont les deux éléments viennent se rencontrer en suivant une direction opposée. En même temps que Lamarck annonçait oe^ loi de continuité ou, pour mieux dire, dégradation, Fischer proclamait la même chose ^n Russie, sans savoir quil eût été devancé. Mac Leay la mit plus en évidence dans les Horx en- ^omo/o^ica? (1819); enfin, te botaniste allemand Fries rencontrait la même loi dans le règne végétal. Or' ce concours spontané de quatre savants célèbres donnerait à croire que la loi universelle, dans Tordre de la nature, est désormais trouvée, et que la zoologie doit être placée au rang de science démonstrative ; c'est ainsi que Blainville a pu établir la série animale. Puisse-t-on en écarter toute tendance au matérialisme, et y rencontrer un nouveau sujet de gratitude pour cette sagesse suprême qui a tout disposé par ordre et par mesure!
ftlEDSaNE.
La médecine s'est ressentie successivement detousles/aux pas comme de tous les progrès des sciences naturelles : astrologique avec Paracelse ; chimique et mystique avec Van-Hdmont; exclusivement chimique avec Sylvius; mécanique avec BoreHi et Boerhaave; enfin, spiritualiste avec Stahl. Ce fut l'origine de la lutte entre les anciennes théories et les nouvelles , entre le système psychologique et le système mécanique et chimique.
IIlàT. DE CENT ANS. — T. IV. Vi
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rictlciif. Ilottiiiaiin lGOO-1712) fut le premier qui la souniil .t une ton't' plus appropriée ù sa nature avec le solidisine orgaiiitpie. >lais comme la philosophie d'alors répudiait ce qui était surnaturel, on reconnut Texistenee d'un principe qui n'est ni matière ni âme, et qu'on appela /orce vitale. Sa nature restait il rétat de mystère ; il suffisait de Fétudier dans ses effets sensibles, lies expériences se multiplièrent sur Texisteiice et Pin- Jluenee de ce fluide qui circule dans les nerfs. George Ba^clivi, de Kaguse, observateur attentif, en arriva au solidisine, divisant les maladies en trois classes : celles où les solides ont une énergie excessive ; celles où ils en ont peu ; enfin, celles où il y a exubérance dans les uns et relâchement dans les autres. Ces théories manquaient de précision, mais elles donnaient Fimpulsion à ces vues élevées sans lesquelles on n'embrasse pas l'ensemble d'une science.
. Une certaine force fondamentale des fibres, agissant indépendamment des esprits vitaux , avait déjà été admise par quelques* uns comme hypothèse ; elle fut réduite en système , dit de Cirritabilité, par Albert lïaller, de Berne (1708-t777) ; ce fut le dernier coup pjprté aux théories mécaniques de Boerhaave. Il trouva, après de longues expériences, que, dans les organes composés de fibres musculaires, l'irritabilité opère incessamment ; et il en exclut les nerfs, dont la force est subordonnée à la volontc. Il nia que ceux-ci transmettent les sensations en vibrant comnu* une corde de clavecin , attendu qu'ils sont mous, et que, [)usseutils osciller, ils en seraient empfîcbés par les ganglions. Il admet au contraire un iluide vital, dont l'existence était eu quelque sorte rendue probable par les expériences de Hill , de I.œvenhoeclv et de LeJermuller.
C'est ainsi que lïaller appela l'attention sur les forces fondamentales de la nature animale, et les trois systèmes se trouvèrent en présence : l'un niait l'irritabilité, l'autre la sensibilité; un troisième liiait leur nature distincte. L'insensibilité des tendons fut soutenue par Tissot de Lausanne, Moscati de Milan, eî Uorsieri de Trente, qui, le premier parmi les modernes, appliqua avec exactitude l'irritabilité de lïaller à la théorie de rinflain- Jiiation, en écaïUuWes ^\w\o\\ues hypothèses de l'obstruction.
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Les disciples de Haller s'étaient fondés principalement sur ce qu'il ne se trouve pas de nerfs dans le cœur, qui pourtant est Torgane le plus irritable ; naais Antoine Scarpa les y montra , et fit voir que lès muscles du cœur ne diffèrent en rien des autres muscles soumis à la volonté.
Cullen , professeur à Edimbourg , après avoir ramené à un véritable système Fétude des nerfs , assigna pour cause à la fièvre et à rinflammation les altérations de Tirritabilité. DeTÉcosse et de rirlande , cette doctrine , qui exclût les maladies humorales , se répandit dans toute l'Europe. Vacca Berlingliieri réfute en partie Cullen, en soutenant que les humeurs en mouvement ne peuvent être soumises à la corruption que hors des vaisseaux , et que les altérations* des corps , salubres ou nuisibles, viennent de la réaction des solides sur les fluides, suscitée par une nécessité physique.
Théophile Bordeu( 1722-1777) établit les bases de la vitalité dans l'organisme, en ouvrant la voie à Técole physiologique, qui devait tant grandir en France. « Le corps animal , dit-il , t'st le résultat d'un concours d'organes et de parties qui conspirent au même but : ainsi la vie qui en dérive est Tensemble des vies spéciales des organes particuliers; leur mutuelle fiarmonie donnera l'état normal; son dérangement produira l'état morbide. Le cerveau, le cœur, l'estomac, sont les trois fondements de la vie; le pathologue doit donc porter son attention sur les fonctions de ces organes, sur leurs vices et leurs perturbations. » Bordeu devança ainsi Broussais. Paul Jiàrthez (1734-180G) reporta la médecine vers le principe vital , parce qu'il voyait partout des forces sensitives, des forces toniques et des forces motrices. I/action des médicaments résulte du mouvement imprimé à ces forces; la chaleur naturelle est produite par ce mouvement ; la santé est l'exercice régulier des forces vitales , et la maladie vient de leur défaut d'équilibre.
Cependant les découvertes, la mode aussi donnèrent naissance il de nouveaux- systèmes. Lorsque la chimie se fut renouvelée , la chimiatrie reprit vigueur, et l'on voulut faire -servir cette sciéHire de hase à la théorie des maladies. Mais , bien (^u'ell^
'flQ MÉOIGIIIB.
Mairelt Taetioii de la nature iur t» tbne Tiviali cft tnf^lef oorpi tMMTganiqaes , c'était aller trop Un qpsdÀ pateDdie lit Mre expliquer la vie. Lea pngièÊ dria ahiinfe paranat aatatf d'aliments à la Meltrie fibof aovlnfar W La Genevois Tronchin , vanté par lea eiieyétopédiglÉa» fair le beau monde, inolina aossi wê mUkUDmm^ fl^éfendît lliiocnlation et fetvorisa Thygiène popokin : il voidâit^la pnliqéa, et non dea théories. I/ouvrage de CalwBis ( t7€t>-iaa8) (ÊlapporU du PhyHqm et du Moraide fêfomme } fttt tiança dana le toéase esprit. Voyluit les philosopiiea Béf^L^er le phjnni|«ael les médecins le moral, il eratpoovofr Itaeciiflilier, « Àvie M ftire de bon vin,disait^il, voaarendea «nhooinM.coArasBta : ai'donek natoreextérieare était leijoora «lia iBèf^préfiipriHl^ . «tlhenltés acquerraient un grand déreloppamept, imnamtrnflf mcBors, modifiées par le sexe, par rige, par le tempécament^ pv rAmentation, ponmâoit devenir eneÛeMUia à TaJdê de nâiNtt$B. » Voilà donc rhomme réduit à Fétal d'aniaiiri, ^ téW de plÉDte , comme l'avaient préebé lea fmrjrlopAljBfar, piéisn daiit le rendre par là à sa dignité primitive.
^ Sit6t qu*on eut découvert Féleetridté, plusieurs n^édedna rappliquèrent a la pl^siologie , et lui attribuèrent lea fonétiona dont on avait gratitié autrefois les esprits vitaux. La médecine en cspérabeaueoup, et le Vénitien Pivati alla jusqu'à croire qu'os pourrait à l'aide de l'électricité employer des médîcauioata sans les'introduire dans le corps, rien qu'en les mettant dans ks l^outeilles de Leyde. D'autres l'employèrent avec raison dans la paralysie, contrairement à Tavis de Hidler. Girtanner voalat expliquer l'irritabilité musculaiM par l'action de l'oxygène du aang-artériel et d'un double courant électrique, dont les nerfe sont les^ conducteurs. Dutrocbet demanda aussi aux appareils âMiromoteurs Texplication des mystères de l'économie animale.
A mesure qu'on reconnut l'importance de l'anatoaiie pathologique, elle fut étudiée avec plus de circonspection et d'impa^ tialité. Portai, dans- VÂnatonUe médicale, avait ajouté à la description des organes dans l'état naturel , ceUe de leurs altérations. C'est ce que fit ^corè mieux Morgagtû de Forii ( 1682-1771 ^,]^i«S8ieraLt il^odaue. Il rechercha le siège et l!orir