‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 82 sur 82 · LA FRANGE ET LES AUTBES ETATS EUROPEENS · texte numérisé non relu

LA FRANGE ET LES AUTBES ETATS EUROPEENS

Bonaparte obtint 6,048,872 suffrages. Ainsi, au moment où Ton venait d'effacer toute distinction de naissance , et jusqu'au sou* venir de la royauté , la nation remit ses destinées aux mains d*un homme qui ne lui était connu alors que par son titre de prince et ce nom de Bonaparte si plein de prestiges à ses yeux. La république dès lors ne fut plus qu'un nom , et ne consista plus que dans un chef élu et responsable.

Ainsi se trouvèrent en présence deux pouvoirs de pareille origine, entre lesquels il ne pouvait manquer de surgir maints con* flits, sans qu'on y pût porter remède : les représentants ne pouvant déposer le président, et celui-ci ne pouvant dissoudre l'assemblée. De là de continuels embarras dans l'administration; à tout moment le peuple était mis en mouvement pour renouveler quelque élection, détourné du travail et tenu dans une agitation incessante et fatale; de telle sorte que l'assemblée sortie de ce vote universel se crut dans la nécessité d'éliminer du corps électoral les individus frappés de quelque condanmalion, les ouvherssans domicile flxe et tout le bataillon volant de l'anarchie ( 13 mai 1850). On la vit durant deux années occupée à détruire l'œuvre de 48, à rétablir, sous le coup de la nécessité, les impôts qui avaient été abolis pour capter la faveur populaire, tel que l'impôt des boissons, rendre au pouvoir judiciaire son indépendance, relever le crédit, qui avait péri sous les menaces d'expropriation, rouvrir les sources de la prospérité nationale affectée à ce point que , ' dans la seule année 48, on avait vu les dépenses s'accroître de 265 millions et demi. Mais comment rétablir l'équilibre dans des finances dérangées à ce point !

Au début de la nouvelle révolution, la France semblait vouloir entraîner par ses enseignements l'Europe sur ses pas ; et, de fait, elle n'épargna rien pour activer l'embrasement général, mais en agissant sous main, à la façon des sociétés secrètes ! Cependant, prompte à sedémentir, la révolution ne tira point l'épée pour ceux qu'elle avait entraînées par son exemple. Aussi perdit-elle bientôt les sympathies des peuples voisins. Tandis que ces peuples luttaient pour leur nationalité ou leur émancipation , la France se consumait en brigues intestines, en rivalités de parti, en conflits d'ambition. On vit après février ce parti libéral, ad-

LA VBAKCE El LES IITSES ÉTATS EL'BI>PEE:i».

ptait parmne a uiw prosprnte matérielle jusque-là sans t\tinpie ; mab Ks aiverstms racrasaipnt d'aspirer à une piêpond«ra(U-ei|uî fiDÎmit par &« résomlre en Ih^omtie. Puis dvseiii*laiic«s fortuites «inrenl metlrr à nu de srandes miséia tiéta soas «vtle surface brilLaniif. Le Iléau du paupérint 4édn»it snrtont les Flandres . pai^ manufacturier, et npM f»r la n lootes les crises de l'industrie. Le ministère de Tbctn ieb'toa daus tous tes remèdes antqueh il eut recours. Le moiiremettl rommeri-ial était arrête. eoram« le crédit ; les lnalnlf)^ ture» chi^Duieni. tous les hopilam êtaieut eocombrés; et la famine était à ce point que l'on vendait «oninte aliments les diiens et les chevaux iiiorls. En de telles exiréiDités , îl est d'osap que eh&que parti impute le mal à ses adversaires. Les libéra» réussirent à faire tomber tout le poids de ta colère pablîqttr w ks (athoKques. les arciisaot surtout d'avoir laissié établir à» nmuBStères. Le parti libéral profila de t'ocrasion pour (ail* abaisser à vingt florins le cens t^ectoral , ee qui changea b âtuatîcHirespertivedes partis dans les chambres. Les rampagiMt, aernoites à Taction des propriétaires, des cultivateurs et da clergé, \irent leur intlueni'e siip;jlanlfe par «lU' des \ill<es, qmle parti libéral faisait mouvoir.

. r.a Belgique, constituée en royaume par la révolution de I8Î0, dut ressentir, avant le reste de l'Furope, lecliocdes événements de t84S : le parti révolulloonaire se llallait d'y iustaller la république eu un tour de main; mais une bande, accourue dr France pour révolutionner le pays, s'y trouva repoiissée de prime abord [lar le bon sens populaire, qui n'entendait point lAdier des avantages réels pour courir après des chimères. I.*roi, cette fois encore, se montra tout dii'posé à abdiquer, dans le cas où ce parti semblerait profitable au pays. iVl.tis la Belj;ique tremblait déjà de se voir absorbée par la France . a«issi se serrat-elle plus fortement contre son roi. Léopold se vit raffermi tout a coup par la confiance générale . par ce motif qu'il n'en avnit jamais abusé, et n'avait point substitué sa volonté personnelje à l'opiulon publique.

La Hollande tressaillit de même à In nouvelle des événen>ents (te iS4S, et le roi clierclia son salut, non dans des rêpressious

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sanglantes, mais dans des concessions opportunes. Il fit choix d'im ministère plus libéral , il réforma la charte, en définissant plus clairement les dogmes constitutionnels , en faisant disparaître les privilèges aristocratiques que la charte de 1815 consacrait ; une seconde chambre fut ajoutée aux états-généraux ; elle se composa de députés élus directement par les censitaires et nommés pour quatre ans, dans la proportion d'un représentant pour quarante-cinq mille habitants. Les membres de la première chambre devaient être élus pour neuf ans par les principaux contribuables et les états provinciaux. La presse fut affranchie, le droit d'association proclamé, la liste civile réduite à un million de florins. Ces concessions prévinrent tout désordre grave ; et, quant aux prétentions de T Allemagne à s^incorporer le Limbourg et le Luxembourg, elles restèrent pendantes devant le parlement de Francfort.

Isolée de TKurope depuis la clmte des Bourbons, TKspagne, sous le coup des événements de 1848 , courait le risque de retomber au pouvoir des factions ; mais le gouvernement avait pour chef, à cette époque , un général dont la main ferme contint tous les partis, sans avoir besoin de porter atteinte aux libertés publiques; et la tranquillité, qui est devenue pour ce pays, si longtemps bouleversé , le premier des besoins, \e. mit à même de tirer parti de tous les dons que lu nature prodigue à ses habitants. Au dehors, TEspagne a profité de roccasion qui s'est offerte à elle, de renouer ses rapports avec la diplomatie européenne, en contribuant , par Penvoi de quelques bâtiments, au rétablissement du pontife romain. Mais il lui a fallu faire un effort plus sérieux pour sauvegarder son importante colonie", de la Havane, que les États-ITnis convoitent et menacent ouvertement.

La Grèce recx)nstituée n'a cessé de voir son existence troublée par les rivalités et les intrigues des autres gouvernements ; elle est restée debout néanmoins, comme pour attester que des maux effroyables et qu'une oppression séculaire ne peuvent étouffer complètement la vie d*un peuple.

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Aance et en Europe, depuis l'année 1810, ont dû faire petdïu i

■- >ette conclusion une partie de aon opportunité et de son intérêt

Cks considétutions ont déterminé, bie» qu'avec regret, le tra* .

-' dueteur à omettre ces dernières pages qui terminent aï henreu*

-;; sèment l'ourrage italien. (An. R.)

FIN DU QUATnièllE ET DËR^dBR VOLUME.

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