‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 112 sur 159 · GUERRE D'AUTRICHE. — WAGRAM. 25;J · texte numérisé non relu

GUERRE D'AUTRICHE. — WAGRAM. 25;J

écrivit un manuel des guérillas, et le cri de patrie poussé par ] Espagne retentit dans toute TEurope.

Ce cri trouva surtout un écho en Allemagne , où Arndt pro* posa une insurrection générale. Les sociétés secrètes rassem<blèrent les peuples divisés : exemptes alors d*ambition , elles voulaient uniquement empêcher que la patrie ne devînt esclave, sans prétendre à d'autres honneurs qu*à celui de la servir. Le Tngendbund s né en Prusse , se propagea dans Tarmée et dans la jeunesse; et c*est dans le mystère, au^ milieu des ténèbres chères à ces peuples, que les armes s'aiguisèrent. Bliicher, Gneisenhau , Schill , Brunswick , avec Tépée ; Stadion,^ Stein , Korner, Gentz, Kotzebue, par leurs écrits et par des chants nationaux , réveillèrent les vieux sentiments de fraternité allemande ; ils rapprochèrent, aux noms d'Allemagne et de Teutonie, Prussiens , Autrichiens , - Bavarois, Wurtembergeois , Saxons , et s'adressèrent aux peuples pendant que les gouvernements étaient aux genopx de Napoléon.

Il devenait urgent pour Tempereur d'aller réprimer ces. mouvements; mais, avant d'entreprendre une guerre nouvelle, il demanda une conférence à Alexandre ; et Erfurt fut désigné pour l'entrevue, bien que l'on cherchât à faire craindre au czar une surprise comme celle de Bayonne. Ce fut une véritable cour plénière de souverains vassaux (septembre 1809). Quatre rois, viogt-sept princes, deux grands-ducs, sept ducs avec leurs familles , et une inflnité de comtes, de barons , de maréchaux , formaient une brillante auréole autour du monarque français. Jl y eut des fêtes splendides et des représentations théâtrales. Napoléon, qui avait amené la Comédie-Françaisç^ dit au grand tragique Talma : Je vousjerai jouer devant nu

' Tugendbund (ou Ligue de la vertu ), société secrète qui prit naissance en Prusse, et compta parmi ses initiés beaucoup d'hommes trj^* influents, voire mèmedes homraesd^État. Loind*ètre hostile aux gouvernements de rillemagne, cette société n^avait pour but que de combattre la domination étrangère et de recouvrer Tindépendance de l'Allemagne. Son r6le se termina après la chute de Napoléon et Pëvacuation de ce pays par les armées Trançaises. (Am. R.)

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2'*l <:i:^gl IKMF COALITIOTT.

parterre de ruia ; mut superbe et méprisant, comme lonqu aa milieu de ces vieilles majestés il disait : Quand fêtait tieutenant. Il se fit préseuter AVieland, à qui il d<mna la croix delà I^^ion dMionneur, comme il flt aussi pour Goethe. Ces deui poètes étaient restés étrangers au mouvement national.

I.es deux empereurs ne firent que consoKder ce dont ils étaient convenus à Tilsitt pour le partage du monde en d«u grands empires d*Orient et d*Occident ■ . Si Alexandre consentait il l'occupation de TFlspagne et du Portugal « c*est qu*il préteih liait agir de même pour la Finlande , la Moldavie et la Vala* cliie , qu*il voulait enlever à la Suède et à la Porte *. Il fut wm convenu que la Prusse , dont les forces restèrent limitées à quarante mille hommes , serait évacuée. On rappela à J'Autriefae que si elle n*avait pas été démembrée , elle en était redevjible à Napoléon : estait donc à elle de se montrer sage , de ne pas donner de motifs de défiance , d*autant que Tintention de Napoléon était d*évacuerr Allemagne, et de se livrer exclusivemeot à la guerre maritime. Une lettre écrite en commun par les d^i empereurs porta des propositions de paix à F Angleterre ; mais

■ Il est hors de doute que ce projet gigantesque occupa les deoi souverains ; mais ils étaient loin de tomber d*accord sur l^exécolioB. Alexandre demandait surtout Constantinople et les Dardanelles , cetti* def du Bosphore. Il ne voulait, disait-il , que la banlieue de Constaotinople , laissant Andrinople et le reste de la Roumélie à qui en voudrait. «( Kh bien , disait-il souvent à M. de Caulincourt, avez-vous df$ nouvelles de votre maître? vous a-t-il parlé de la tangue de chat?^ 11 appelait ainsi , dit M. Thiers , dans le langage familier quMI s'était fait avec l'ambassadeur de France , cette langue de terre destinée en quelque sorte à loger le portier des détroits. Mais Napoléon ne s'engagea ]K)int à faire cette part à sou aUié : « Constantinople , dil-il , c'est l'empire du monde ! » Il eût voulu tout au moins posséder les Dardanelles, comme compensation. » (Am. R.)

' I/empercur Alexandre approuvait liaulement alors Texpédition d'Espagne. « Votre empereur, disait-il h M. de Caulincodrt , ne peiil ))as souffrir des Bourbons si près de lui. C'est de sa part une politique conséquente, que j'admets entièrement. » Dn reste, le czar, qui arradiait «hn^ ce m^e moment la Finlande an roi de Suède , son |)arcnt , ifavait ^iKTO le droit d«' blàiiuM' la micrrc <ri'.spaj»in». (Am. W)

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îsi Napoléon fMir là voulait faire montre aux yeux de rKuro|)« de son harmonie avec Alexandre , Tautocrate faisait assurer secrètement TAngleterre qu'elle n'avait rien a craindre des effets d*une telle union.

Les mécontentements fermentaient autour de Napoléoii i Alurat se voyait déçu dans Tespoir de monter sur le trône d*£spagne; Joséphine et Beauharnais étaient troublés par les bruits de divorce qui se répandaient; les impôts ^normes faisaient murmurer le peuple, en même temps que la couscription était devenue, par Tabus, un objat d'effroi. Les ministres et les jour^ naux proclamaient queTempereur était plein d*amour pour la paix ; qu'il était sans ambition ; que les levées d'hommes aug'mentaient la population; aussi véridiques en cela que lorsqu'ils disaient que le crédit était perdu en Angleterre , où un eoiprunt de dix millions de livres sterling à quatre pour cent remplissait les coffres de l'État. Sr la Grande-Bretagne était prodigue d'or, Napoléon était prodigue de sang. II élevait la jeunesse pour les armes, et demandait aux femmes combien elles avaient de garçons, conune s'il, eût fouillé dans leurs entrailles pour y chercher des soldats. Il mit la garde nationale sur le pied de guerre , et donna un aspect tout militaire au pays.

Cependant son despotisme croissant s'effrayait de tout ce qui rappelait l'ombre de la liberté. Quand le corps législatif vint offrir a Joséphine ses félicitations à l'occasion des victoires d'Espagne, elle répondit qu'elle les agréait d'autant plus que ce corps représentait la nation française. Cette phrase piqua au vif Napoléon, qui envoya d'Espagne un article au MoiUteur, ou on lisait. « L'impératrice ne s'est point exprimée ainsi , car u elle connaît trop nos constitutions : elle sait que le premier « représentant de la nation est l'empereur, atten^)! que tout a pouvoir vient de Dieu et de la nation... » Le reste continuait sur le même ton, et développait ce thème, i^

Était-il possible de compter désormais sur ces élans de dévouement que la liberté avait produits.^ Napoléon mit, à la tête de la nouvelle armée qui devait opérer en Allemagne, trois généraux mécontents, Bernadotte, Massénaet Maedonald, en même temps que ses deux fidèles lieutenants Davoust et Berthier.

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1/Anuleterre dfploya d« forces immenses, avec un accord rare et vraiment national. Klle s*einiiara de la MartiDique,der nière colonie qui restât à la France, brûla ses escadres, empêcha le commerce des neutres. Des armées se tinrent prétei â débarquer en Sicile et en Portugal , et des sulisides se préparèrent pour r Autriche. Caiming, qui avait compris la force de rinsurrection , voulut retendre aussi dans le Nord , en commençant par la Hollande avec le prince d^Orange , pour la propager de in dans les villes commerciales que le système continental avait rendue^ désertes, puis dans l'Allemagne et dans le Tvrol , 0(1 André IlofTer avait levé Pétendard ; dans les Calabrei, à Taide des carbonnri ; enfin jusque chez les Croates et les Ragssiens. I^ Prusse abaissée n*attendait que le moment de se relever. Alexandre admirait ^'apoiéon ; mais comme ses boyards lui étaient hostiles, il donnait des assurances de sympathie à Viemw et à Londres , en même temps qi^Ml proGtait de Pamitié de sob puissant allié pour s'agrandir aux dépens de la Suède.

Lorsque Pempereur François H eut renoncé à la couronne de Cliarlemagne , il songea à donner aux possessions que sa maison avait réunies successivement , fuuité administrative, n défaut de l'unité nationale , et s'intitula empereur d* Autriche*. Il vit dans la résurrection de Tesprit germanique un moyen de se relever, en se mettant à la tête des peuples. Donnant donc à entendre que ses préparatifs étaient dirigés contre l'Orient, îl mit sur pied quatre cent mille hommes , dont le priaee Charles prit le commandement avec des pouvoirs moins restreints que d'habitude. Les rois avaient appris de la Révolution à recourir aussi aux peu[)]es. Le comte de Stadion, ministre des affaires étrangères , s'entendait avec les patriotes d'Allemagne. Les journaux autrichiens , d'ordinaire si froids , étaient remplis d'enthousiasme. Poussée par eux , PAutriche osa commencer l'attaque au nom de la liberté de PËurope, qui, disaitelle, s'était réfugiée sous ses drapeaux. Elle appela aux armes les peuples de TAllemagne, ceux d'Italie à la révolte; et, bien que le Tyrol fût le seul à s'émouvoir, on put connaître qw llncendie était prêt à éclater. Changement étrange ! PAutricbe ^e trouva à la léte des peuples , sans alliance de rois et comp-

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