‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 123 sur 159 · LES ALLIÉS EN FRANGE · texte numérisé non relu

LES ALLIÉS EN FRANGE

Les alliés comptaient dans leurs rangs Bernadotte et IMoreau , prêts à combattre leurs anciens camarades; les disciples de Napoléon marchaient contre leur mattre , et les enfants de la Révolution contre le drapeau tricolore , devenu ioipérial. Là se trouvaient les diplomates les plus distingués de rAllemagne , ses poètes , ses écrivains fameux. Kôrner et Ruckert composèrent des chants qui entraînèrent les armées. Humboldt devint ambassadeur de la Prusse-. C'était Pozzo di Borgo , eompatriote de Napoléon et ayant pour lui la haine d'un Corse, qui, lié avec Stein, Stadion et les patriotes allemands, avait inspiré Alexandre et décidé Bernadotte. Les mamfestes de ce dernier étaient écrits par Schlegel ; Gentz rédigeait ceux de TAutriche. Le général suisse Jomini , savant stratégiste , était passé aux alliés. Les bataillons westphaliens et badois désertèrent ; le général bavarois de Wrède se donna à TAutriche; enfin , les Saxons eux-mêmes et la cavalerie wurtembergeoise abandonnèrent Napoléon.

Par reconnaissance pour T Autriche , que des liens de famille n^avaient point arrêtée, les alliés donnèrent au prince de Schwartzenberg le commandement des cinq cent vingt mille hommes qu'armait l'Europe pour la liberté commune. Ils s'aperçurent alors combien l'administration napoléonienne était favorable au développement des forces nationales , par la promptitude et la facilité avec lesquelles ils purent lever, dans les seuls États du second ordre, plus de troupes que l'ancien empire tout entier n'en avait jamais fourni dans ses meilleurs temps.

Les armées ennemies se heurtèrent à Dresde (27 août) , où un boulet donna la mort à Moreau : les alliés furent repoussés. Une suite de batailles aussi prodigieuses , sous le rapport de l'art, que les premières livrées en Italie, ajoutèrent à la gloire de Napoléon. Son intention était de marcher sur Berlin , de dégager les garnisons françaises renfermées dans les places fortes , et d'en grossir son armée. Mais le feu sacré, comme il l'a dit, s'éteignait à ses côtés ; ses maréchaux n'avaient plus en lui l'aveugle confiance d'autrefois; ils n'aspiraient qu'à regagner la France , sous prétexte de la protéger. L'empereur se replia donc sur Leipsick, où il engagea une bataille décisive ( 18 octobre). *

814 COALITION. — CA^MPAORK DB SAXB.

La première journée fut maiivaiaev «t Rapoléoa teëéâiià opérer sa retraite par le nul pont qui tnifienut fEIHar; Mi à peine Feut-H passé, qtt*il le flt aaoter, eoapant ainsIsoB en deux*. Vingt-^inq mille honunM fiirent finis à^ee deux cent quatre-vingt-dix eanoos. Il s*cn noya en esnyant de passer le fleuve kgaéi ee fiit là qoepéritMitowski, qui ne désespérait pas encore do rindépendaneséBa pétrie. Alors se renouvela le pêle-mêle de la retraita dalaii*'

« Napoléoa, quand U apprit la dâlselâoe de la Bavièie, qd Mi en entraîner d^autres, dot çhanaer ^t à ooop son plaa dTopÉdiai: il le porta sur Leipsick, dans le bot d*y préTenir la Jooettontefcd amées alliées. Dans ce brusque changement, la marche de iW» corps se trouva retardée, et Pemperenr ne put aborder ràMÉl li 15 octobre, aasex tdt pour faire édioner «es projets. Bans la joaraéi* 16, Tempereur resta tnaltre dn champ de bataille : « Aocaa êeia corps, a-MI dit, n^avait été entamé..... C'était beaneeup fm h gloire.... mais, dans la situation désespérée de nos affaires, oa tansuccès équivalait à une défaite. » La journée du 17 se passa prefq* sans eiig9gement. Napoléon commença un mouvement pendant la mi, pour se rapprocher de Leipsiclî, dans l'intention de livrer bstaili dans une position plus favorable. Il fut attaqué par ScbvrartttslNfS le 18 octobre, et conserva Tavantage jusqu^au moment de la défechoi dés Saxons, qui passèrent à Tennemi avec leurs batteries en tèle. U combat continua une partie de la nuit; et Tempereur, n'ayant pu enpécher la jonction des alliés , se décida à la retraite sur le Rhoi- H n*eiistait qu'un pont sur TElster, que Napoléon ordonna de foire sanlcr, mais seulement après le passage du corps de Macdonald , qui denit couvrir la retraite. Par malheur, à l'iapproche de quelques tiraUlnn ennemis, un caporal de sapeurs prit Talarme, et mit le feu au pot* dres trop tôt. Cette fatalité entraîna la perte du corps de MacdoaaM; quinze mille hommes furent tués, ou tombèrent aux mains de rnnemi. (Au. R. ) ' * Carrion-Nisas décrit ainsi la retraite de Tarmée française après là déroute de Leipsick ( Essai sur Vhist. génér. dé Vart, mil,, U, 495}:

<t Qui pourrait se figurer, sMI ne TeAt vu , durant la nuit passée avaat d'arriver à Hanaii , l'aspect de cette multitude amoncelée sans trace ai apparence de rangs, sans qu'il y eût ensemble quatre hommeB dn mènf corps? Ce n'était pas une mêlée, ni le premier encombrement des preniiers instants (rune fuite , mais une confusion tranquille , ce trioaâpl^

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