ADMINISTRATION. — HIERARCHIE
rivant noblement. Comme il était facile de suborner des témoins, on exigea des preuves de noblesse faites héraldiquement (1781) : autre imitation prussienne qui substituait à un abus un autre abus plus grand , et excluait les roturiers d'une carrière qui J9di8 était la plus honorable pour arriver à la noblesse. L'armée ne sortait donc plus du peuple, et il ne restait rien de commun ni de sympathique entre les officiers et les soldats. Les bourgeois s'étaient exemptés du service au moyen de la taille; mais, pour que Ton pût les retrouver au besoin, on avait fom^ des régiments provinciaux de levée forcée. Du reste, les régiments se remplissaient par Tembauchage. Ainsi un contemporain s'exprime-t-il ainsi : « Au lieu de voir sous les drapeaux les fils de famille de toutes les classes appelés par la conscription et par une loi générale, on n'y comptait que des jeunes gens, dont la plupart ne se décidaient à s'enrôler qu'à la suite de quelques dérangements, ou par oisiveté. Aucune perspective d'avancement ne leur était offerte, et rien n'était plus rare que de voir des soldats ou des sous*officiers devenir officiers. Le petit nombre de ceux que le hasard élevait ainsi n'y arrivaient qu'après de longues années de service. Le nom qu'on leur donnait indiquait assez la rareté de ces chances favorables : on les appelait officiers de fortune. Les nobles seuls avaient le droit d'entrer au service comme sous-lieutenants : cet usage antique venait du régime féodal, et du préjugé qui fermait aux gentilshommes français toute autre carrière que celle des armes, de la diplomatie et de la magistrature. Il résultait, de ce reste de nos vieilles coutumes, une grande difficulté pour maintenir une subordination complète entre des ofQciers séparés, il est vrai, par la hiérarchie des grades, mais qui, en qualité de nobles, se regardaient tous comme égaux. Chacun respectait son chef à la manœuvre, à la parade, dans les heures de service ; mais en tout autre temps, et partout ailleurs, on voyait peu de traces de subordination. Revenus à la ville ou à la cour , il arrivait nécessairement qu'on s'y retrouvait en ordre inverse, et qu'oa colonel gentilhomme de province s'y voyait l'inférieur de ses jeunes capitaines ou sous -lieutenants, qui possédaient des charges ou étaient décorés de noms illustres, tels que les Moni'