L*1TAL1E AU COMMENCEMENT
Le Piémont, situé de façon à avoir souvent recours aux ar* mes , était le seul État où l'esprit militaire se fût conservé; il avait sur pied trente-cinq mille hommes, et possédait quinze places fortes. Sous Charles- Emmanuel , une école militaire, dirigée par Alexandre Papacino , devint extrêmement florissante ' . Bertola enseignait en même temps Fart de défendre et d'attaquer les places; ce fut lui qui présida à la constrnetionde la Brunetta , admirable forteresse qui fermait aux Français Je val de Suse.
Gênes, qui était bien fortiflée, n'avait pas plus de quin2e cents hommes sous les armes ; il en était de même de Modène. Parme n'en avait que la moitié; la paisible Lucques, deux cents ; la Toscane , quatre mille ; le pape, de cinq à six mille, avec les forteresses du Pô, d'Ancône et de Civita-Vecchia. Venise avait des troupes à Peschiera , Porto-Legnago et Palma- ;Nova, en Italie; à Zara et à Gattaro, dans la Dalmatie; à Gorfou, dans la mer Ionienne. Son arsenal était encore riche, iet comptait un certain nombre de bâtiments; mais ses deux mille soldats étaient étrangers.
A Naples, Tanucci, occupé à faire la guerre aux prêtres, donna peu d'attention aux forces militaires. Cependant Joseph Palmieri , auteur de VArt de la guerre ; le prince de San-Severo, qui inventa un nouveau système de tactique; Alphonse de Luna, qui écrivit V Esprit de la guerre, acquirent de la réputation dans ce pays. Ferdinand IV, lorsqu'il n'était encore que prince, montra aussi du goût pour les troupes, les cadets, les marins, les exercices ; et il appela Acton pour réorganiser l'armée. £n effet, cet Irlandais abolit les privilèges; confia aux grenadiers le service des gardes du corps, comme cela avait lieu en Autriche; licencia les troupes suisses; forma deux ré- 'giments d'Espagnols, d'Irlandais et de Flamands; conserva le régiment Koyai-Macédoine , compose de Grecs , auxquels était adjoint un bataillon de chasseurs albanais; envoya au dehors
* Prosper Balho, qui a dunné son élugc dans ics Mémoires acadé§ miques de Turin ( 1805, p. 283), rend compte de ce que le Piémont a fait pour les progrès de la science des fortincations et de l'artillerie.