‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 86 sur 159 · DESASTRES · texte numérisé non relu

DESASTRES

à Novi ( 15 août ) , dans la bataille la plus sanglaute qui se fût «ncore livrée. Moreau, qui lui succéda, fut battu comme lui. Ghampionnet était descendu avec plus de succès sur le Piémont par Cuneo ; mais il essuya une défaite , et eut le sort de Joubert. Les Autrichiens s'emparèrent de Cuneo et de Tortone. Toutes les places fortes tombèrent avec une telle rapidité , que leurs commandants iiirent accusés de pusillanimité ou de corruption.

L'administration de Turin se réfugia à Pignerol, et tout fut bouleversé. Souvarow répandit Teffroi par ses manifestes ; Brandalucioni , à la tête de bandes ramassées dans le Canavais , et qu'il appelait masses chrétiennes, alla piller et égorger les repui>licains, et arracher les arbres de liberté, qu'il remplaça par des croix. La garnison insuffisante de Turin , attaquée par Woukassowitch (juin), ne put tenir longtemps; et les Cosaques, les Pandours y commirent des atrocités. Les prisons se ren^plirent d'otages; le pays, que désolait la famine, fut inondé de papiermonnaie ; et les alliés ne pensèrent à rien moins qu'à restituer le Piémont à Charles-Emmanuel.

Pendant la courte existence de la république pajrthénopéenne, Tfaples avait eu peu à s'en louer ; car la nécessité des innovations, et plus encore les exigences de l'armée d'occupatioA, avaient pesé sur beaucoup de gens. Les Bourbons s'étaient enfuis honteusement, alors que leurs forces et leur trésor étaient encore intacts , en laissant un grand nombre de partisans fidèles au roi qui les abandonnait, et autour desquels se groupèrent peu à peu les mécontents. Les prêtres et les moines excitaient les populations contre les patriotes , et des actes atroces se commettaient journellement. Pronio et Rodio, chefs de bandes dan& les Abruzzes , ne. cessaient de harceler les Français. Dans la terre de Labour, Michel Pezza , célèbre sous le nom de Fra Diavolo , et d'autres encore dans les provinces , se complaisanl au meurtre , allaient jusqu'à boire le sang et à manger la chair de leurs victimes; le roi appelait ces gens- là « amis et généraux. » L'insurrection était organisée dans les Calabres par le cardinal Ruffo , qui, maître de forces considérables, envahit ces contrées, et y exerça d'horribles ravages au nom de la Sainte- Foi. Pendant ce temps ^ les bâtiments anglais et napolitains fai-

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